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Anesthésie : Peut-on améliorer le réveil ?

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Anesthésie : Peut-on améliorer le réveil ?

Peut-on parler d’acte chirurgical sans parler d’anesthésie, donc sans évoquer le désagrément des effets secondaires des produits anesthésiant dans les moments post-opératoires? Certes, l’acte chirurgical est traumatisant pour le corps et le moral, mais souvent, le réveil de l’anesthésie peut dépasser toute souffrance et virer au cauchemar ! Alors peut-on effacer les mauvais souvenirs d’une anesthésie? Ou tout au moins en atténuer la souffrance lors du réveil ?

par Dorra Meziou

Toute intervention chirurgicale est génératrice de stress chez le futur opéré, d’où le recours des médecins anesthésistes réanimateurs à des sédatifs voire même aux anxiolytiques administrés aux patients admis en vue de subir des interventions chirurgicales. Le stress péri-opératoire est bien palpable, aussi bien pour l’opéré que pour son entourage. L’objectif reste de recevoir au bloc opératoire un patient calme, détendu, confiant et bénéficiant d’une normalité neuro-végétative.

Une priorité : gérer le stress

Souvent on dit que les émotions ressenties lors de l’induction de l’anesthésie sont multipliées au réveil. C’est pour cela que dans un bloc opératoire, au moment où l’anesthésiste va endormir le patient, le silence et calme sont exigés de la part des personnes présentes dans le bloc. Il est très probable qu’un patient qui s’endort très stressé soit également très agité à son réveil.
Une patiente déclare : « Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi j’ai ressenti une si grande tristesse à mon réveil. Je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer, comme un bébé ! ».
Effectivement, l’anxiété préopératoire modifie le niveau de la douleur aiguë post-opératoire, ce qui aura pour conséquence une augmentation de la consommation d’antalgiques, aussi bien en termes de posologie que de fréquence d’administration. Cette augmentation pourra même devenir nocive pour le patient car les effets secondaires propres à ces produits seront alors majorés (nausées, vomissements, céphalées). De plus, le stress préopératoire modifie également les besoins pré opératoires des différents produits composant l’anesthésie : morphiniques, hypnotiques, curares. Le patient stressé est sans doute plus résistant aux produits anesthésiques et ainsi plus sensible à la douleur.

« A mon réveil, j’étais prise dans un tourbillon de larmes, je souffrais de nausées, je n’arrêtais pas de vomir. J’avais perdu la notion du temps et de l’espace, des moments de grande souffrance, que j’aimerais tellement oublier ! »

Le réveil est critique

D’un point de vue plus scientifique, le réveil correspond à la période qui commence dès la fin de l’intervention jusqu’à la récupération des fonctions vitales, telles que l’autonomie respiratoire, et la capacité de communication.
Dr Mourad Bouchnak, anesthésiste réanimateur, MCA hospitalo-universitaire au centre néonatal de la Rabta, précise qu’il s’agit de la période la plus critique et la plus risquée du travail de l’anesthésiste. « Le réveil comporte trois phases : le réveil immédiat, qui se manifeste par la récupération de la respiration spontanée, l’ouverture des yeux et la normalisation de la température du corps.
Cette phase permet la sortie du patient du bloc opératoire. La deuxième phase correspond à la phase du réveil intermédiaire qui se manifeste par la récupération de la coordination sensori-motrice. Dans la troisième phase, le patient devient capable d’assimiler, de mémoriser et de raisonner. Or cette dernière phase peut prendre plusieurs heures voire plusieurs jours».
Le réveil, étant une période critique, voire dangereuse, le médecin anesthésiste réanimateur, doit en assurer le suivi et le contrôle afin d’éviter la survenue de complications. « Ce risque n’est malheureusement pas mesurable, ajoute Dr Bouchnak, car il est variable d’un patient à l’autre ». C’est précisément cette variabilité qui fait que certains patients souffrent plus que d’autres des effets de l’anesthésie.
Plusieurs facteurs entrent en jeu, entre autres, l’âge du patient, son poids, ses antécédents médicaux, les traitements en cours et bien entendu son état psychique. La consultation du médecin anesthésiste pré opératoire s’avère un élément fondamental de la sécurité anesthésique. Son but prioritaire est de permettre une meilleure prise en charge psychologique et une analyse objective du risque péri opératoire, et par conséquent de minimiser la fréquence et la gravité de complications potentielles. Le cas reste toujours plus difficile à concrétiser quand il s’agit d’opérations chirurgicales accomplies dans l’urgence. L’équipe médicale est dans ce cas beaucoup plus préoccupée par les soins d’urgence que par cette prise en charge globale ! C’est une question de priorité, et il s’agit avant tout de sauver des vies !

En jeu également, les produits

D’un point de vue plus Les complications dans 10% des cas,prennent de la forme de nausées et vomissements, car plusieurs facteurs y contribuent : l’anxiété, la nature des anesthésiants, l’acte chirurgical en soi (célioscopie, opérations ORL…).
D’autres patients risquent d’avoir des complications cardio-vasculaires, des retards de réveil ou bien même des complications respiratoires qui restent les plus dangereuses ! 

médecin 
Les produits d’anesthésie, qu’on nomme également « drogues anesthésiques » ont également évolué, a précisé Dr Bouchanak :
« Un produit tel que la Kétamine, a été prouvé néfaste et produit des hallucinations chez les patients.
C’est pourquoi, il n’est plus utilisé ».
Par contre de plus en plus de recherches aboutissent à la création de nouvelles molécules telle que le Profonol, qui procure une meilleure qualité de réveil. Mais l’anesthésie comporte toujours des risques etLes produits d’anesthésie, qu’on nomme également « drogues anesthésiques » ont également le médecin se trouve souvent dans des situations imprévisibles, ce qui met en évidence la nécessité de vigilance et de suivi des patients opérés pendant les premières heures qui suivent l’intervention. Ceci permettrait de faire le geste qui sauve, si jamais une complication survient !

« Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi j’ai ressenti une si grande tristesse à mon réveil. Je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer, comme un bébé ! »