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Art istes Activ

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Art istes Activ

Les musiciens Tunisiens s’engagent de plein pied dans la nouvelle Tunisie, chantant des airs de liberté. Prenant conscience de leur rôle dans le rayonnement artistique du pays, ils prouvent aussi aujourd’hui leur solidarité avec le peuple Tunisien par une collecte de dons organisée au profit des sinistrés de la révolution.

par Dorra Meziou

 L’artiste tunisien fait partie intégrante de la société. « L’artiste est avant tout citoyen », s’enthousiasme Oussama Farhat, secrétaire général du syndicat des professions musicales, à l’occasion du rendez-vous donné ainsi aux artistes fin janvier à l’espace culturel Ibn Rachiq. Et, comme prévu, Mohamed Jebali, Mokded Shili, Belghith Sayedi, Mounir Troudi, ainsi que plusieurs autres artistes et figures connues ont répondu à l’appel du musicien qui précise que « l’artiste n’était pas assez impliqué dans la vie sociale et politique. Donc, il est temps maintenant, à l’aube de la révolution, de faire un geste envers la société. Il est grand temps de passer de cette attitude passive à celle de la citoyenneté. Cette initiative de collecte de fonds doit représenter un début, un tournant. Une série d’actions solidaires de ce genre doit être mise en place. D’ailleurs, plusieurs artistes ont exprimé leur volonté d’animer des concerts collectifs caritatifs afin d’apporter leur contribution et leur soutien aux familles nécessiteuses notamment à cause des dégâts subis lors de la révolution. On enregistre plusieurs promesses, espérons en voir la concrétisation!». Certains des artistes présents ont animé un spectacle collectif improvisé. On a vu ainsi défiler sur scène, Mohamed Jebali, interprétant a capella une de ses chansons, ainsi que Mounir Troudi et d’autres chanteurs du Rap. La troupe « Ouyoun El Kalem », représentée par son compositeur Khemais El Bahri ainsi que sa cantatrice Amel Hamrouni, était également au rendez-vous. La troupe connue pour son engagement, véhicule une parole expressive à travers ses chansons. Elle a également fait don de 20 copies de son dernier CD (au mois de septembre) pour les vendre au profit des sinistrés. D’autres artistes ne se sont pas déplacés, pris par leurs engagements, mais ont envoyé des chèques à l’instar de Sabeur Rebai. L’artiste est tenu d’agir en toute responsabilité. Cette liberté d’expression nouvellement acquise, ouvre la porte bien grande à la créativité. Pour Hatem Guizani, poète présent également à cette cérémonie de collecte de fonds: « C’est une belle occasion pour l’artiste d’être enfin actif et influer dans la vie socioculturelle. On peut dire adieu à tous les hypocrites et arrivistes qui mettaient des bâtons dans les roues de la créativité. L’artiste s’est trouvé enfin libéré de ces contraintes. Il doit saisir cette chance pour se rapprocher du grand public. Après tout, l’artiste n’est-il pas l’écho sonore du peuple ? »■

01-Mars-11