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Ça frotte, ça irrite…c’est sec !

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Ça frotte, ça irrite…c’est sec !

Une sécheresse vaginale est un symptôme relevant d’une déshydratation du vagin qui peut toucher toutes les femmes âgées entre 30 et 60 ans et affecte particulièrement les femmes ménopausées, suite à un déséquilibre hormonal. Considérée comme « secret défense », cette pathologie n’est, certes, pas dramatique mais peut vous gâcher la vie.

par Hela Kochbati

Zoom sur un bobo dont on n’a pas l’envie de parler autour de soi. À ce propos, nous avons sollicité l’avis du Dr. Mohamed-Aymen Zakraoui, gynécologue-obstétricien.

La sécheresse vaginale touche environ une femme sur cinq, elle est due à une lubrification inadéquate du vagin et à un déséquilibre de la flore vaginale. Les causes de cette pathologie sont multiples ; elles peuvent être psychologiques, relationnelles, médicamenteuses ou sexuelles. Ce phénomène est courant chez les femmes de plus de 50 ans, faisant augmenter leur vulnérabilité face aux infections gynécologiques et perturber leur vie et celle de leur couple. Des solutions médicamenteuses existent.

D’où vient cette sécheresse vaginale ?

Il existe plusieurs facteurs déterminants qui sont à l’origine de la sécheresse intime. Parmi ces facteurs : le stress et le tabagisme. Par ailleurs, les contraceptions progestatives, par exemple, lorsqu’elles ne sont pas complétées par des œstrogènes,  perturbent le fonctionnement de l’ovaire et provoquent une sécheresse vaginale. Dans d’autres cas, cet inconfort est provoqué par la prise de certains médicaments. On peut citer aussi la ménopause en raison de la baisse du taux des œstrogènes dans le corps. Il y a également les infections vaginales à répétition. Il existe aussi d’autres causes, comme les traumatismes vaginaux dûs aux accouchements au forceps ou aux accouchements « acrobatiques ». Les jeunes filles pubères âgées entre 4 et 10 ans sont aussi sujettes à la sécheresse vaginale causée généralement par ce qu’on appelle les vers des intestins ou oxyurose. Cette infection donne de la diarrhée et peut atteindre le vagin entrainant sa sécheresse, d’où des prurits et des brûlures. Une autre cause ;  la curiethérapie ou la radiothérapie pour un cancer pelvien, un cancer du col de l’utérus ou un cancer de l’endomètre. Enfin, il y a aussi le prolapsus, ou la chute des organes génitaux à l’extérieur de l’enceinte pelvienne de la femme suite aux accouchements par voie basse et au vieillissement, ce qui provoque leur ulcération.

Des symptômes pas très sympas

Les symptômes de la sécheresse vaginale sont des inflammations, des traces rougeâtres au niveau des organes de l’appareil génital, des brûlures et des démangeaisons. Cette pathologie rend l’appareil génital des femmes vulnérable. Elle peut avoir un impact sur la vie de couple puisqu’elle peut entraîner des douleurs, lors des  rapports sexuels, appelés dyspareunies.

Le diagnostic de la sécheresse vaginale

Le diagnostic de ce problème vaginal est relevé à la suite d’un examen clinique par un médecin gynécologue. Pour déterminer l’origine de cet assèchement, le médecin traitant fait un bilan sanguin, une analyse hormonale et un prélèvement vaginal.

Le traitement d’une sécheresse vaginale

Le traitement de la déshydratation vaginale se fait selon la cause de cette pathologie, l’âge de la femme et ses antécédents. Il y a une large option pour les traitements,  dont les crèmes, les gels lubrifiants, les ovules à base d’acide hyaluronique ainsi que d’autres produits d’hydratation. Dans le cas de femmes ménopausées, un traitement hormonal de substitution, l’oestrogénothérapie est nécessaire. Il est à la fois régénérateur, anti-inflammatoire et anti-infectieux. Il existe aussi le Traitement Hormonal Substitutif (TSH) qui est un mélange d’hormones et qui peut durer de 5 à 10 ans. En revanche, une surveillance très rigoureuse, surtout mammographique, est nécessaire tous les deux ans, ce traitement pouvant favoriser un cancer du sein. Ces soins permettent de reproduire des sécrétions féminines naturelles.

Les moyens préventifs au traitement…

Parmi les mesures de prévention d’une sécheresse intime, il est important de conserver une bonne hygiène locale mais sans utiliser de produits nocifs et agressifs. Il est important d’éviter le tabac ; l’alcool et les substances dopantes accroissent cette symptomatologie. Par ailleurs chasser le stress et l’anxiété permettent une lubrification et une hydratation naturelles du vagin.