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C’est quand le bonheur…?

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C’est quand le bonheur…?

Le bonheur humain est désormais mesurable. L’organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) vient en effet de présenter une compilation d’indicateurs mesurant le bien être humain. Qu’entend-on par là ? Après avoir réussi leur révolution et s’être émancipés, les tunisiens se sentent-ils bien dans leur peau ? Le récent «Tunisian better life survey» récemment réalisé par l’association « Noua-R » nous en donne une idée.

par Nidhal Adhadhi

Le bonheur, qu’est ce que c’est ?

L’indice de bien être humain vient se substituer à d’autres indices tels que le produit national brut (PNB) par habitant et l’indice de développement humain (IDH) qui sont insuffisants pour juger du développement d’un pays. Ce nouvel indice, outre les indicateurs des conditions matérielles, prend en considération la qualité de vie, à savoir: santé, sociabilité, engagement civique mais aussi l’évaluation subjective du bien être.

Alors heureux ?

Les conditions de vie en Tunisie sont relativement bonnes; le PNB est acceptable (8898 $ par habitant et par an), il existe une classe moyenne importante et le taux de scolarisation est élevé. Le pays est leader en Afrique en termes de compétitivité et dispose d’un confortable indice de développement humain (0,769).
Toutefois, cela est loin de créer le bonheur du citoyen tunisien. Ce dernier travaille 8,6 heures par jour, gagne en moyenne 768.9 dinars par mois (alors qu’il en faudrait 900 pour mener une vie décente) et abrite 4,7 personnes par foyer de 3,6 pièces en moyenne. La situation reste donc difficile.
Et ce n’est pas tout. Selon le «Tunisian better life survey», plus de 60% des tunisiens se déclarent inactifs, pire, l’inactivité chez les femmes monte jusqu’à 70% des sondées. Bien conscient de son malheur, le tunisien a une perception pessimiste de sa qualité de vie.
En effet, la perception subjective de la qualité de vie en Tunisie est, elle aussi, inférieure à la moyenne. Sous forme d’une note sur 10, elle se situe entre 5 et 6 pour la majorité des tunisiens alors que la moyenne mondiale est de 7,4.
Côté sociabilité et santé, heureusement, les tunisiens se déclarent en bonne santé et peuvent faire confiance à leur entourage.
Bien qu’il soit calculé scientifiquement, et selon des normes internationales, l’indice de bien être humain présente cependant des carences puisqu’il ne prend pas en considération d’autres critères tels que l’inégalité hommes-femmes ou encore l’inégalité entre les régions.
Outre la subjectivité dans le choix des variables, le problème vient surtout du fait de laisser les gens juger eux-mêmes de leur propre bien être. Mais tout n’est pas négatif, il faut aussi voir le bon côté des choses. Ces chiffres, rarement évoqués auparavant, reflètent bien la situation de la Tunisie, permettant ainsi de faire un bon diagnostic pour que nous puissions améliorer notre bien être.

Et comme le dit l’adage « aux grands maux les grands remèdes». A nos partis politiques de jouer maintenant !