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C’est décidé demain je tue mon boss !

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C’est décidé demain je tue mon boss !

Votre boss est un tyran esclavagiste et il faut pratiquement vous traîner par les cheveux pendant que vous vous débattez en hurlant chaque matin jusqu’au bureau ? Pas de panique.

par Rim Bahi

Avant d’arriver aux solutions extrêmes, telles que lui faire manger ses objectifs du mois, gentiment empalé sur un des pieds de son fauteuil en cuir auto-chauffant et auto-massant, il y a d’autres alternatives. Et si vous avez quand même décidé de le massacrer à la tronçonneuse et de jeter les morceaux dans la mer suivant le rite musulman (sic), lisez le petit encadré à la fin de l’article sur «comment passer à travers les mailles de la justice quand on a assassiné son patron».

Les 5 commandements pour survivre à un boss tyrannique

1. Utilisez de manière exhaustive la formule magique «vous avez raison» et son corollaire «je suis désolé».

Cela a un effet miraculeux sur n’importe quel dragon, patron même dans les situations les plus aigües. C’est un peu comme l’eau bénite sur les vampires, ça les neutralise. Quand votre patron vous traite d’incapable, répondre «vous avez raison» lui coupe immédiatement l’herbe sous le pied, il ne pourra rien rajouter. S’il vous passe un savon parce que vous arrivez trois tierces de secondes en retard sur l’impitoyable horaire du matin, dites « je suis désolé » d’une voix piteuse en prenant votre meilleur air contrit, c’est imparable (testé et approuvé par un très large échantillon de réfractaires à la pointeuse).

2. Pratiquez la technique dite de l’évitement.

Allez aux toilettes quand vous voyez votre boss arriver, toutes dents dehors, prêt à mordre. Vous pouvez aussi vous cacher sous le bureau et feindre de chercher votre crayon si vous vous faites prendre mais ce n’est pas très élégant. Il y également la possibilité d’exploser en sanglots pour qu’il n’ait pas le cœur de vous attaquer (vérifier au préalable que le sus-nommé patron a bien un cœur, sinon la technique est vouée à l’échec). Vous pouvez aussi faire semblant d’être concentré sur votre travail en vous cachant bien derrière l’écran de l’ordinateur mais cette technique n’est pas fiable à 100% surtout si la page Facebook est ouverte.

3. La meilleure défense est l’attaque.

Bombardez votre boss de mails, harcelez-le de questions, et c’est lui qui changera de trottoir à votre vue. Bon, il faut dire qu’il y a un risque qu’il aime s’écouter parler, comme tout bon patron qui se respecte, et que vous soyez condamné à l’écouter déblatérer pendant des heures sur la difficulté de gérer une entreprise et l’incroyable talent qu’il faut avoir pour diriger une équipe de bras cassés et bla, bla, bla… Notez que si vous êtes en dépression, cela peut être un moyen indolore de se suicider : mourir d’ennui.

4. La méthode du fayotage a fait ses preuves aussi.

Abreuvez votre boss de compliments en tout genre. Il est évidemment le plus beau, le plus intelligent, le plus doué… N’ayez jamais peur d’en faire trop, les tyrans se nourrissent de flatteries. Ce qui est bien, c’est qu’ils y croient. Ils sont vraiment convaincus d’être supérieurs aux pauvres subalternes que vous êtes, c’est génétique. Donc, flattez l’horrible cravate jaune à pois, les monstrueuses chaussures compensées, sans oublier la coiffure d’une laideur à faire tomber n’importe quel coiffeur dans les pommes. Caressez la bête dans le sens du poil, il vous méprisera certes, mais vous échapperez aux tirs de missiles lors des briefings.

5. Et si toutes ces techniques n’ont servi à rien, il reste ce site www.monpatronestcon.com

(si, si, il existe vraiment, on a vérifié) où vous pourrez de façon tout à fait anonyme cracher tout votre venin et découvrir qu’ailleurs, l’herbe n’est pas forcément plus verte.
Il existerait apparemment un syndrome de «patronattitude» aigüe qui transformerait n’importe quel être humain normal en monstre mangeur d’employés modèles. Quand votre boss vous incendiera pour la quinzième de la journée pour une tâche que vous auriez dû faire depuis un mois, vous pourrez aller sur la page du site et dire tout le bien que vous pensez de lui à vos frères esclaves.
Sinon, vous avez toujours l’option de faire ce que votre boss demande, c’est-à-dire travailler 16 heures par jour, y compris les week-ends, ne jamais demander d’augmentation et si possible, emménager dans une tente juste devant le bureau. Ce qui bien sûr empêchera toute vie personnelle mais quelle importance, si cela peut rendre votre patron heureux !

NB : Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est totalement fortuite. Je tiens à préciser que mon boss est exemplaire, la crème des crèmes. (C’est courageux, je sais mais je tiens à mon job).