A la Une

H. B. fait la mine

Publié le
H. B. fait la mine

Ce n’est pas du roman de Sébastien Japrisot, ni du film de Jean Becker qu’il est question. H.B., c’est le crayon gris, appelé aussi crayon à papier, instrument d’écriture et de dessin qui a accompagné la scolarité de beaucoup d’entre nous.
Nous ignorons pour la plupart que ces iconiques initiales ont pour origine l’anglais hard black, dur et noir.
Bizarrement, elles correspondent aussi parfaitement aux initiales du cyber-pédophile qui a récemment défrayé la toile tunisienne.

par Héla Msellati

Merci F.B. Les réseaux sociaux, c’est utile, lorsqu’ils servent à sonner l’alarme, signalant un danger.

C’est ce qu’a fait une maman qui a dénoncé le profil F.B. d’un individu qui aurait tenté d’approcher son fils en utilisant
des comptes différents.
Alertées, d’autres mères, toujours elles, se sont manifestées pour signaler le(s) compte(s) en question, le(s) quel(s), tout en en gardant, le même monogramme : H.B. avaient essayé de contacter leur enfant, sur le réseau social. L’une d’elles a affirmé que son enfant, il y a deux ans, avait déjà eu affaire à la personne en question, cette dernière ayant continué, malgré les menaces, à contacter sa victime virtuelle.
D’autres parents ont signalé le nombre effrayant de faux comptes et de profils équivoques de H.B.
Traqué, hard black a fini par être démasqué. Et localisé, selon plusieurs sources.
Toujours selon F.B., H.B. est «religieux», habitant Zahrouni, plusieurs habitants de son quartier disant l’avoir reconnu. D’autres témoins affirment que Hatem.B, qui « habite seul avec maman », n’en est pas à son premier méfait et a déjà été impliqué dans une affaire d’attouchements sur l’un de ses proches, âgé de 6 ans, dans un lieu de prière, la mosquée du quartier.

En Tunisie, le nombre d’enfants victimes d’abus sexuels sont alarmants.

Selon les chiffres avancés par le ministère de la Femme, leur nombre a triplé de 2013 à 2016, atteignant 601 victimes.
Il s’agit de cas signalés, dans toutes les régions.
33% victimes d’abus directement et 51% ont fait l’objet d’harcèlement sexuel.

Les chiffres sont, certes, biaisés, car la chape du tabou pèse sur la question, ce qui ne facilite ni la reconnaissance et encore
moins la prise en charge des victimes. Le nombre réel serait certainement plus élevé.
Selon d’autres sources, 80% des violences sexuelles touchent les enfants et 50% des mères célibataires seraient mineures, sans doute
aussi victimes d’abus sexuels.
La honte, la peur du scandale, le traumatisme et la loi du silence font taire et les familles, et les jeunes victimes.
Dans le monde et en Tunisie, le nombre des jeunes, enfants ou adolescents, livrés à eux-mêmes et à leur tablette ou à leur ordinateur
est infini. Les H.B. aussi.

Et F.B., seuls certains l’ont compris, n’est pas un long fleuve tranquille.