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Islam et Sida lmams et Prédicateurs tunisiens donnent la recette!

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Islam et Sida lmams et Prédicateurs tunisiens donnent la recette!

Aujourd’hui, malgré plusieurs années d’efforts de démystification du VIH/Sida et de sensibilisation, il n’est toujours pas aisé d’aborder ce sujet qui demeure tabou. C’est pourquoi, la Tunisie a choisi de ne pas lésiner sur les moyens et d’aborder cette question sous différents aspects, marquant un grand pas dans sa stratégie de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le sida à travers un programme ambitieux auquel les leaders religieux ont été associés.

 

Les leaders religieux, d’où qu’ils soient, ont du mal à aborder d’emblée la question des IST et du VIH/Sida. En Egypte, il y a plus d’une année, les spécialistes réunis par les Nations Unies, n’ont pas réussi à «dompter» les religieux, même si ces derniers ont finalement adhéré à l’élan mondial de sensibilisation à ces questions.
La Tunisie, quant à elle, reprend son positionnement d’avant-garde en matière de lute contre les problèmes de santé liés aux IST et au sida.
Et l’Office National de la Famille et de la Population (ONFP) de réunir, au début de cette année, les leaders religieux tunisiens dans le cadre d’un atelier régional ayant pour thèmes: «Le discours religieux et la prévention contre les MST et le Sida» ainsi que «La cohabitation avec les personnes vivant avec le VIH/Sida» et ce, dans le cadre du programme national de l’ONFP en collaboration avec le Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria.
Certes, les leaders religieux demeurent quelque peu réticents quant aux questions de cet ordre et qui relèvent des rapports sexuels, souvent entrepris en dehors de l’institution du mariage. Pourtant, ils sont désormais appelés à apporter leur contribution, sans transgresser leurs convictions, car le problème majeur qu’ils soulignent est sans doute la légitimité de ces relations sexuelles du point de vue religieux. D’autant que l’Islam interdit tout rapport sexuel en dehors du mariage et appelle à l’abstinence, seul moyen de résoudre ce problème, d’après un grand nombre de prédicateurs.
Pourtant, nos imams et prédicateurs ne ménagent pas leurs efforts pour comprendre et agir sans pour autant porter quelque atteinte que ce soit à leurs principes. Des sessions de formation leur offriront l’opportunité de mieux cerner le sujet et la manière de l’aborder. Les leaders religieux tunisiens manifestent ainsi leur ouverture par rapport à cette problématique. Du moins, ils sont disposés à comprendre tout d’abord les tenants et aboutissants des complications liées à des rapports non protégés. Ils sont également prêts à proposer des ébauches de projets de sensibilisation qui se concrétiseraient dans le temps.
A partir de cet atelier de Tunis, nombreux étaient les leaders religieux à prendre le taureau par les cornes, soit en abordant la question au cours des prêches du vendredi, invitant leur public à réfléchir à deux fois avant de mettre leur vie en péril, pour un plaisir éphémère. D’aucuns placeront ce thème dans les leçons assurées avant les prêches du vendredi dans plusieurs de nos mosquées.
Il s’agit de leçons portant sur le comportement civique et en mesure de servir comme support adéquat pour un tel message de sensibilisation.
La Tunisie poursuit donc ses efforts en faveur d’une sensibilisation tous azimuts. En effet, malgré la stabilité de la prévalence du VIH/Sida (70 nouveaux cas par an) dans notre pays, la précocité des relations sexuelles gagne du terrain.
Ce qui n’est pas sans interpeller les spécialistes qui s’évertuent à imaginer les plans de sensibilisation les plus efficaces.
A ce titre, rallier les leaders religieux, acteurs déterminants de notre société, est une idée prometteuse !

Pathologies infectieuses

Le 18ème Congrès national de pathologies infectieuses, organisé par la Société Tunisienne de Pathologie, a réuni les 25 et 26 avril 2008, deux cents médecins de diverses spécialités telles que infectiologie, microbiologie, parasitologie et médecine générale. Les thèmes discutés se référaient à diverses pathologies

– Les mycoses superficielles Pityrosporoses, maladies dermatophytiques et candidoses vulvo-vaginales récidivantes, infections dues aux champignons de la peau, des cheveux, des ongles et des muqueuses: motif de consultations fréquentes, les mycoses se caractérisent par leur chronicité et la diversité de leurs manifestations cliniques.
– Les infections à bactéries multi résistantes (BMR)
Leur fréquence sans cesse croissante représente un problème important de santé publique. Les incidences élevées observées dans les services de réanimation, de pédiatrie et de néonatalogie où elles évoluent par bouffées épidémiques sur fond d’endémie, sont le reflet essentiel de la transmission croisée mais aussi de l’utilisation fréquente et parfois inadaptée des antibiotiques.
– Les infections à virus oncogènes Ces dernières sont de plus en plus fréquentes depuis l’amélioration des moyens de diagnostic. On estime à environ 15 à 17% les cancers qui seraient d’origine infectieuse.
* Les infections à Epstein Barr virus
Responsables du carcinome nasopha-ryngé (cancer du cavum) dont l’inci-dence en Tunisie est de l’ordre de 3,76/100.000 habitants. En Tunisie, le cancer du cavum est le premier cancer de la sphère ORL chez la femme et le deuxième, après le cancer du larynx, chez l’homme.
* Les infections à papillomavirus Elles font partie des infections sexuellement transmissibles. Certains stéréotypes de ces papillomavirus ont un potentiel oncogène important. Ils sont responsables de cancers de la sphère génitale, surtout le cancer du col chez la femme. En Tunisie, une étude réalisée à partir de prélèvements génitaux chez les femmes estime la présence de lésions dues à ces virus dans 7% des cas, d’où l’importance de mesures préventives telles que le dépistage précoce du cancer du col.
En marge du congrès, les invités ont également participé à une conférence sur les nouveautés dans le traitement antirétroviral (infection à VIH), avec exposition des indications du traitement de l’infection à VIH et les différents moyens thérapeutiques actuellement disponibles et leurs perspectives d’avenir, ainsi qu’à un symposium sur la diffusion pulmonaire des antistaphylocoques en milieu pulmonaire, organisé par les laboratoires Pfizer.