A la Une

L’amalgame dentaire…Dégage !

Publié le
L’amalgame dentaire…Dégage !

Dent colorée, délabrement dû aux caries ou traumatisme dentaire, tels sont les désagréments qui nécessitent l’intervention rapide et indispensable d’un dentiste pour éviter les complications. Une fois chez le spécialiste, une petite demi-heure suffit pour que l’on récupère notre belle dentition toute blanche et brillante. Or l’habit ne fait pas le moine. Cette blancheur de façade cache souvent des dents pleines d’un produit noirâtre et très toxique… c’est l’amalgame.

par Nidhal Adhadhi

Tout un «amalgame» dans nos bouches

Avant de préciser ce qu’on entend par «l’amalgame» et d’en décrire les propriétés, il faut bien noter que ce produit est le plus utilisé par la majorité des dentistes et est omniprésent dans nos hôpitaux.
En fait, il s’agit d’un produit que l’on utilise pour traiter les dents, composé d’un alliage de plusieurs métaux (cuivre, argent, étain, mercure…) qui sont très toxiques voire cancérigènes…
Ce produit est particulièrement nuisible à la santé du fait de sa corrosion qui résulte du contact permanent entre les métaux et un liquide : la salive. Bref, avoir de l’amalgame dans les dents c’est comme avoir une pile en permanence dans la bouche.

« Le ciment verre ionomaire est un autre matériau d’obturation dentaire à base de fluor qui peut se substituer l’amalgame surtout pour les dents temporaires »

La liste des inconvénients est encore longue. En effet, l’amalgame provoque des fractures cornoradiculaires surtout pour les dents dévitalisées. Son adhérence, mécanique, au tissu dentaire n’est pas bonne d’où le risque de récidives des caries par la présence de Hiatus, des espaces microscopiques entre l’obturation à l’amalgame et la surface dentaire qui favorisent l’infiltration des bactéries.

Le dégagement de mercure, un élément très toxique et très dangereux, cause diverses maladies telles que les stomatites, les gingivites voire le pseudo parkinson.

Côté esthétique, l’amalgame est responsable du tatouage gingival : la gencive prend une couleur noirâtre. Il en est de même pour les dents qui perdent leur blancheur au profit d’une teinte grise ou bleuâtre. La sourire s’en trouve donc moins éclatant. Sans oublier le goût métallique et la mauvaise haleine que l’amalgame finit par provoquer.

Déjà interdit dans plusieurs pays européens, notamment en Suisse, à cause de tels inconvénients voire pour ses effets néfastes sur l’écologie.

Pourquoi les dentistes continuent-t-ils alors à l’utiliser et pourquoi existe-il encore dans nos hôpitaux ?

Le Dr Md Ali Lamouchi est un exemple de praticien qui, tout au long son exercice de huit ans dans le secteur privé, n’a jamais travaillé avec ce matériau. Il revendique l’interdiction totale de la commercialisation de l’amalgame dentaire en Tunisie. Ainsi la Tunisie serait de nouveau précurseur, mais cette fois en matière de rupture avec les « amalgames»…

Tout simplement parce que l’amalgame se caractérise par son coût très bas, sa longue durée de vie et sa facilité de manipulation. C’est pourquoi il est préféré par les dentistes.

Mais il existe une alternative, le composite dont les caractéristiques sont tout le contraire de l’amalgame.
Il s’agit en effet d’un produit composé d’éléments organiques très faiblement toxiques et d’une bonne duré de vie. Il est connu pour sa très bonne adhérence à la surface dentaire par collage chimique, et les risques d’une récidive carieuse sont très faibles surtout pour les dents vivantes.
Plus encore, contrairement à l’amalgame le composite permet de faire une nette économie tissulaire lors de sa mise en place car le curetage se limite au tissu carié.
Son prix est modérément élevé, en revanche, il demande un très grand savoir faire et ce, d’autant plus que sa manipulation prend du temps. C’est pourquoi ce produit n’est pas toujours le bienvenu chez les dentistes malgré ses très nombreux avantages.

Un large éventail d’indications thérapeutiques

Depuis quelques décennies, le composite s’est imposé comme le champion de la dentisterie conservatrice. Ses avantages sont innombrables. Outre son indication pour le traitement des dents antérieures (incisives et canines) ainsi que des mylolyses (abrasion dentaire localisé sur les faces vestibulaires des dents, faces qui apparaissent lors du sourire), on peut aussi l’utiliser pour l’obturation d’une cavité carieuse quelque soit l’état de la dent (vivante ou dépulpée). Un beau sourire est désormais garanti.

Le composite est aussi valable dans le cas de la perte de substances due aux traumatismes sur les dents antérieures surtout chez les enfants et les sportifs. Dernier avantage et non des moindres, le composite reproduit la couleur de la dent et offre un rendu esthétique incomparable avec celui de l’amalgame.

Nous venons de nous débarrasser d’un autre amalgame, politique celui là, qui a régné neuf mois durant. C’est donc le moment de nous débarrasser d’un autre amalgame opérationnel depuis plus d’un siècle et déconseillé par l’OMS depuis déjà longtemps. Une recommandation par ailleurs suivie dans plusieurs pays du monde.