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L’encadrement des jeunes handicapés de Sidi Thabet

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L’encadrement des jeunes handicapés de Sidi Thabet

La ferme thérapeutique pour handicapés, Sidi Thabet, a choisi la journée de l’Amour pour organiser un concert intitulé « Hymne à l’amour et à la liberté » avec la chorale Taouk El Yasamine, au théâtre municipal. Les recettes étaient destinées à la gestion de la ferme. Retour sur quatre années d’évolution au service des jeunes handicapés.

par Leila Attia

 

Depuis les 4 ans qu’elle existe, la ferme évolue d’une manière prodigieuse. Les 7 hectares où même les mauvaises herbes refusaient de pousser, sont devenus un espace très convivial, gazonné, fleuri, clôturé, doté d’un clapier, d’une bergerie, d’une écurie, d’un manège, d’une mare aux canards et d’une fromagerie.
Le bâtiment central s’agrandit d’année en année. Il est aujourd’hui composé d’une salle polyvalente de 200 m², d’un bloc administratif, d’un espace thérapeutique, d’une cuisine, d’un espace éducatif composé de 4 salles et d’un espace sanitaire.
A l’extérieur, poussent des artichauts et des oliviers.
Le nombre des jeunes a, lui aussi, remarquablement évolué. Il est passé de 6 il y a 4 ans à 71. Tous les hôtes sont issus de familles très modestes.
Ces jeunes ne sont pas tous du même âge et n’ont pas tous le ou les mêmes handicaps. Ils sont, en effet, âgés de 7 à 33 ans (les plus nombreux étant les adolescents).

Une prise en charge personnalisée
Néanmoins, ils sont répartis par âge et par handicap et la prise en charge est personnalisée.
Chaque jeune est, à son arrivée, observé pendant 15 jours par une équipe pluridisciplinaire : un éducateur spécialisé accompagné d’un assistant, un psychologue et un orthophoniste.
Au bout de ces 15 jours, un « projet individuel » est mis en place pour tout le premier trimestre qui sera découpé en mois : à titre d’exemple, le premier mois sera consacré à la motricité, le deuxième mois à l’autonomie comme la préhension et le troisième à l’estime de soi.
Des réunions ont lieu une fois par semaine pour faire le point sur les progrès de chacun selon le « projet » qui lui a été tracé.
La prise en charge des jeunes hôtes est composée de plusieurs volets :
– Le volet thérapeutique qui consiste dans la physiothérapie, l’orthophonie, la prise en charge psychologique et les activités sportives.
Depuis 2 ans, l’association a introduit la zoothérapie. Il s’agit, en fait, de la thérapie par la médiation des animaux. Le contact avec ces derniers apaise énormément les jeunes et booste leur potentiel.
La zoothérapie mise en place à la ferme, se divise en 2 branches : Celle avec les petits animaux (les lapins, les cochons d’inde, les hamsters, les chèvres naines et les petits chiens) et l’équithérapie.
La zoothérapie est assurée par une équipe de zoothérapeutes formés par AGATEA (l’Institut de formation en zoothérapie de Colmar).
– Le volet éducatif : Il couvre des activités en plein air (jardinage, élevage, culture). Ces activités visent l’éveil des sens des jeunes quant à la nature, à la terre, aux saisons, aux plantes…
Certains parents participent, d’ailleurs à la vie de la ferme et s’impliquent dans la prise en charge de leurs enfants.
Il y a aussi des activités en intérieur : ateliers de théâtre, de musique, de cuisine et des activités manuelles (peinture, découpage, collage…).
– Le troisième volet consiste dans la socialisation : des lycéens rendent régulièrement visite à la ferme : Ils viennent partager les activités des jeunes.
– Le dernier volet est celui de la formation professionnelle : il s’adresse à ceux qui sont âgés de 16 ans et plus et qui sont en mesure d’y adhérer. Ces derniers peuvent opter pour la cuniculture (élevage de lapins), l’horticulture ou encore la fromagerie.
La formation dure 18 mois à raison de 4 heures par jour. Elle est couronnée par un certificat d’aptitude professionnelle (CAP).
La ferme a déjà recruté les 3 premiers cuniculteurs et un horticulteur.
L’équipe se bat aujourd’hui pour pouvoir insérer ces jeunes dans le monde professionnel.
L’association déploie de gros efforts pour agrandir cette structure en y ajoutant dans un premier temps 4 salles de classe et pourquoi pas en y introduisant l’énergie solaire afin de pouvoir chauffer le bâtiment.
L’objectif majeur de la présidente de la ferme est de la rendre un jour financièrement autonome.
Nous croisons les doigts pour elle! ■