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Quand les abeilles jouent au docteur

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Quand les abeilles jouent au docteur

L’apithérapie s’inscrit dans l’approche globale de la médecine naturelle qui relance le système immunitaire et reconstruit le terrain de l’individu. Il en découle souvent un bouleversement de l’équilibre pathologique et cela provoque une crise. Celle-ci peut s’accompagner d’une aggravation momentanée des symptômes, avant d’amener le patient sur la voie de la guérison. Les produits de l’api-pharmacopée, et en particulier les aromiels, y sont présentés dans une utilisation curative, en traitement direct des pathologies. Mais leur rôle principal se trouve dans le préventif. La médecine verte est avant tout une médecine d’anticipation. Les aromiels, même avec cette double potentialité, font partie de ce projet de santé.

par Jemii Zouheir

L’apithérapie est particulièrement utile en endocrinologie infantile. Un aliment comme le pain d’abeilles a, par exemple, permis d’obtenir de bons résultats en améliorant la prise de poids, le sommeil et l’appétit d’enfants diabétiques, hypothyroïdiens, goitreux ou souffrant d’une hyperplasie congénitale des glandes surrénales. Pour mémoire, une hyperplasia est une augmentation anormale du volume d’un tissu ou d’un organe, souvent accompagnée d’un fonctionnement anormal, que ce soit par excès ou par insuffisance. Des réponses particulières peuvent être apportées par les produits de la ruche avec les huiles essentielles de Salvia Officinale, Salvia Sclaeraea ou autre Cupressus Sempervirens.

Thyroïde

A travers le monde, la prévalence (la « fréquence ») d’une affection thyroïdienne bien précise, le goitre (augmentation anormale du volume de la thyroïde couplée à une insuffisance fonctionnelle) pose dans certaines régions un véritable problème de santé publique. Sa guérison est lente et les rechutes sont fréquentes.

La thérapie de la thyroïdite auto-immune, l’une des maladies pouvant être responsables d’un goitre, constitue, quant à elle, l’un des problèmes les plus importants de l’endocrinologie. Longtemps, les endocrinologues sont restés perplexes et désarmés face aux caprices et à la résistance, parfois très forte, de la thyroïde envers les moyens thérapeutiques traditionnels.

L’apithérapie propose, avec la propolis, des solutions alternatives à la médecine conventionnelle. Des travaux ont clairement démontré chez l’homme des propriétés immunomodulatrices de la propolis dans la thyroïdite auto-immune, ainsi que des taux remarquables de guérison chez des sujets goitreux.

Dans les deux cas, la propolis contribue, par ailleurs, à abréger la durée du traitement. L’adjonction de pollen ou de pain d’abeille dans la diète des personnes souffrants d’une affection thyroïdienne (par manque d’iode) est aussi recommandée car le pollen et son dérivé naturel contiennent cet élément très important au niveau thérapeutique.

Spasmophilie

La spasmophilie est la maladie neuro-endocrino-métabloque la plus répandue, caractérisée par l’apparition de crises de spasmes musculaires, identiques ou différents en localisation, intensité ou durée.

Elle engendre un état spécial de mal spasmophilique ou tétanique, d’hypersensibilité et labilité fonctionnelle générale et locale qui apparaissent, le plus souvent, en situation de stress. Les résultats d’une étude conduite en Roumanie auprès de 100 femmes atteintes de spasmophilie (ou tétanie chronique latente) ont suggéré que l’apithérapie (avec du pollen, de la propolis, de la gelée royale et du miel) pourrait favoriser une meilleure adaptabilité et contribuer à la régulation du tonus musculaire.

Les auteurs ont, en effet, obtenu 15 % de résultats positifs (guérison ou amélioration) après 30 jours de traitement. Lorsqu’elle est associée à un traitement pharmacologique classique, l’apithérapie semble accroitre les effets de cette dernière dans 60 % des cas.

L’action de l’apithérapie est plus lente, plus douce mais plus durable que la thérapie classique. Ceci est dû aux actions pharmacodynamiques stimulantes des substances existant dans la composition hétérogène complexe des produits de la ruche.

On peut aussi dire que l’apithérapie, associée à la chimiothérapie, augmente les résultats de cette dernière de 60 %, surtout par apport de calcium et magnésium. Dans le cas particulier de la gelée royale, celle-ci a une action sur le système nerveux (par les vitamines du groupe B qu’elle contient, ainsi que l’acétylcholine comme neurotransmetteur).

La propolis par ses flavonoïdes augmente la perméabilité tissulaire.

Arthrite

Les signes cliniques de l’arthrite se manifestent au niveau d’une ou de plusieurs articulations. Elle est soit aigue, soit chronique et peut résulter de nombreuses causes.

Dans certains cas, elle est consécutive à un traumatisme ou à une maladie (goutte,…). De tous les produits de la ruche, le venin d’abeilles est celui qui a montré les meilleurs résultats dans le traitement de l’arthrite, quelle que soit la forme qu’elle prend. Les principes actifs du venin d’abeille, principalement la méllitine, la phospholipase A2, l’adolapine et surtout leurs synergies, en seraient les facteurs déterminants.
Chacune de ses fractions, mais plus particulièrement encore l’apamine, un petit peptide, est efficace pour retarder l’installation des lésions initiales. Un mécanisme évoqué révèle, suite à l’injection de venin d’abeilles, une élévation du taux de cortisol plasmatique, lequel est un anti-inflammatoire physiologique. Cette technique présente l’avantage, par rapport au traitement classique qui préconise l’usage de corticostéroïdes, de ne pas engendrer d’effets secondaires.
Les infiltrations de venin d’abeilles (par piqûres d’abeilles vivantes) ou d’extraits récoltés à l’entrée de la ruche (apitoxine) sont abondamment utilisées dans le traitement de la spondylarthrite ankylosante qui atteint les articulations de la colonne vertébrale et du bassin.

Ces injections ont aussi pour effet de transformer une situation chronique ou une condition aigue avec, typiquement, une amélioration marquée. On les utilise aussi dans les arthrites, en phase aigue ou chronique, dans l’arthrose et les névralgies. Certaines préparations permettent une application sous la forme d’onguent à base d’apitoxine.
Outre le venin d’abeilles, l’extrait de propolis a aussi fait preuve, chez l’animal, de puissants effets anti-inflammatoires, que ce soit dans des situations d’inflammation aigue ou dans des atteintes chroniques.

La propolis a fait également la preuve d’une action avantageuse dans des cas d’arthrite rhumatoïde.
Un miel de romarin enrichi d’huiles essentielles de Rosmarinus Officinalis Camphoriferum, Laurus Nobilis et/ou Origanum Marjonara offre une solution d’aromiel intéressante pour cette pathologie.

On proposera également un aromiel de romarin avec des huiles essentielles d’Eucalyptus citriodora, Laurus Nobilis, Origanum Marjonara et Junuperus communis communis.