A la Une

L’homéopathie : Comment finir par y croire ?

Publié le
L’homéopathie :  Comment finir par y croire ?

Dr Kanoun Béjar Firdaws, généraliste installée à Sfax et homéopathe depuis 1990, a suivi sa première formation d’homéopathie en Tunisie avec l’école Boiron, après des études à la Faculté de médecine de Toulouse.

par Jaouida Ben Aouali

Totalement réfractaire à ce type de médication, Dr Kanoun, à travers son expérience personnelle, a fini par l’adopter totalement au point d’écrire «La rhumatologie facile par homéopathie». Avec une fougue et une conviction contagieuses, elle nous en parle.

Comment vous est venue l’idée d’écrire un livre sur l’homéopathie ?

J’ai écrit ce livre parce que je suis arrivée à avoir une méthode d’application personnelle et très simple et je voulais donc la transmettre aux autres, pour faciliter la prescription en homéopathie et la prise en charge générale en rhumatologie.

Vous êtes la première à avoir écrit un livre sur l’homéopathie, en Tunisie?

Ma première approche de l’homéopathie s’était faite dans le doute : je n’y croyais absolument pas. J’essayais sans cesse d’avoir un raisonnement scientifique, j’utilisais un seul symptôme par produit. Normalement, pour prescrire un médicament homéopathique, il faut l’association de quatre ou cinq, voire davantage de signes ou symptômes ; qu’ils soient étiologiques ou symptomatologiques ou encore de modalités (amélioration ou aggravation). Pour ma part, je cherchais une confirmation sur l’efficacité de ces produits homéopathiques, ainsi je me suis basée sur un seul symptôme pour m’en assurer. Peu à peu, j’ai pu aboutir à une méthode très simple et, de surcroît, complète, j’ai donc voulu la partager.

A qui est destiné ce livre ?

C’est un livre plutôt destiné aux professionnels. Cependant, même les personnes n’ayant pas une bonne connaissance de l’homéopathie peuvent le lire et, pourquoi pas, essayer de l’appliquer car la méthode est vraiment à la portée de tous.

Avez-vous d’autres ouvrages en vue ?

Oui, normalement je vais entamer la rédaction d’un ouvrage sur les migraines et les céphalées. De même, j’ai des méthodes très simples à appliquer, avec de très bons résultats. J’aborderai ensuite le thème de l’anxiété avec l’homéopathie.

C’est remarquable pour quelqu’un qui était sceptique !

Justement, j’étais sceptique parce qu’à Toulouse on nous a enseigné que l’homéopathie n’était rien d’autre que de l’effet placebo. A tel point qu’aux patients qui me parlaient d’homéopathie je leurs rétorquais que ce n’était que du placebo.
Lorsque j’ai commencé à prescrire des produits homéopathiques, je faisais revenir mes patients au bout de 48 heures pour en vérifier les effets réels, m’apprêtant, dans le cas contraire, à passer à l’allopathie (traitement conventionnel ou classique). Très rapidement et étant la première étonnée, j’ai dû me rendre à l’évidence et réaliser l’impact bénéfique de l’homéopathie.

Vous vous êtes donc mise à l’homéopathie, par jeu expérimental!

Tout à fait et également pour ajouter une spécialité sur la plaque de mon cabinet !

Vous en êtes sortie convaincue et surtout cherchant à convaincre!

J’irai même plus loin : je n’envisage pas aujourd’hui la médecine sans homéopathie. C’est vrai car,même si l’on ne traite pas tous les maux avec l’homéopathie, elle offre en tout cas tellement de solutions, dans des pathologies où il n’existe pas de remèdes ; tant et si bien que son enseignement devrait être associé à celui de la médecine.

Vous êtes généraliste, pourquoi vous être intéressée à la rhumatologie dans le cadre homéopathique ?

J’ai commencé à pratiquer l’homéopathie dans une région où il n’y avait pas du tout d’homéopathes et je présentais la méthode comme efficace à mes amis pharmaciens. Les gens avaient entendu parler d’une nouvelle méthode sans effets secondaires, alors qu’à l’époque n’existaient que des anti-inflammatoires dont les effets secondaires étaient notoires. Ils se sont intéressés à l’homéopathie car ils recherchaient une alternative. Il faut préciser que je n’ai pas commencé par proposer aux patients un traitement homéopathique exclusif », j’ai commencé par tester l’homéopathie en prescrivant des ordonnances avec des anti-inflammatoires, des antalgiques et un ou deux médicaments homéopathiques pour traiter un symptôme ou un autre. Les malades revenaient en me disant avoir pris ces médicaments. Progressivement, l’homéopathie a pris une place prépondérante dans mes prescriptions, avec l’option de médication classique en cas de non amélioration. Par la suite les patients ulcéreux ont exigé un traitement homéopathique exclusif et j’ai dû approfondir mes connaissances et peaufiner ma méthode afin de répondre à leur demande.

D’éminents professeurs ont préfacé votre ouvrage et vous-même avez rendu hommage à feu docteur Jean-Bernard Crapanne, parlez-nous un peu de vos maîtres.

Feu docteur Crapanne a été l’instigateur de l’enseignement de l’homéopathie en Tunisie, il était très compétent en la matière et nous a communiqué l’envie de l’essayer dans nos prescriptions, dès le début de notre formation. C’est ainsi que j’ai eu des demandes même pour des pathologies que je n’avais pas encore étudiées et j’ai dû me documenter pour trouver des traitements.

C’est le C.E.D.H. qui édite votre livre, pourquoi ce choix ?

Je dois citer le docteur Antoine Demonceaux, directeur du Centre d’enseignement et de Développement de l’Homéopathie, une référence de l’en­seignement de l’homéopathie à l’échelle internationale.
Ce médecin s’est chargé de former les médecins homéopathes en Tunisie. Lorsque je lui ai parlé de ma méthode il m’a incitée à écrire cet ouvrage et m’a beaucoup aidée. Editer ce livre sous l’égide du C.E.D.H. me permettait de toucher le plus grand nombre de médecins à l’échelle mondiale, ce qui est très important pour la diffusion de l’ouvrage et de la méthode.

Cet ouvrage a été le premier d’une série portant le titre de «Pratiques cliniques en homéopathie ».

Etant donné que c’est innovant au niveau de la méthode et de la présentation du livre, le C.E.D.H. a décidé de créer la nouvelle série que vous venez de citer et dont le premier traite de la rhumatologie.