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L’ostéoporose une maladie silencieuse sous-estimée

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L’ostéoporose une maladie silencieuse  sous-estimée

L’ostéoporose constitue un problème de santé publique. C’est la maladie osseuse la plus fréquente. Elle reste longtemps cliniquement latente et se manifeste , le plus souvent, par sa complication majeure : la fracture. Ceci conduit à parler d’une véritable épidémie silencieuse.

par Kamel Bouaouina

L’ostéoporose touche une femme sur 8 et un homme sur 4 en Tunisie.
Heureusement, l’ostéoporose ne constitue plus une fatalité. Des moyens de prévention primaire constituent désormais un arsenal thérapeutique efficace et permettent d’espérer une victoire sur ce fléau comme l’a expliqué Pr Ahmed Laatar du Service de rhumatologie de l’hôpital Mongi Slim de la Marsa, hôte du club Inner Wheel de Nabeul

Qu’est ce que l’ostéoporose?

L’ostéoporose, affection squelettique générale, se caractérise par une diminution de la masse osseuse et par une altération de la microarchitecture des os. Les os s’en trouvent fragilisés et le risque de fracture, principale complication de l’ostéoporose, en est accru. Elle est responsable de 1.5 millions de fractures vertébrales tous les ans. Chaque année, 213 personnes sur 100.000 en Tunisie sont victimes d’une fracture causée par l’ostéoporose. On est très proche de l’Europe (266 en Suisse et 198 en France). Cette fracture augmente avec l’âge. Après 50 ans, ces traumatismes concernent 40 % des femmes et 14 % des hommes. En Tunisie, on estime qu’une fracture de la hanche survient toutes les deux heures.

Quelles sont les principales complications ostéoporotiques ?

Ce sont les fractures du poignet, des tassements vertébraux et des fractures du col du fémur (os de la cuisse, au niveau où il « s’attache » à la hanche).

L’ostéoporose procure-t-elle des douleurs ?

L’ostéoporose est une maladie silencieuse, de là vient le danger. D’où l’intérêt de son dépistage avant la première fracture. L’ostéoporose ne fait mal qu’au stade des fractures et, même dans ce cas, il faut savoir que deux fractures vertébrales sur trois, surviennent sans douleurs. C’est une maladie bénigne, mais un vrai calvaire. Elle n’est caractérisée par aucun symptôme. Elle reste totalement muette. C’est une maladie pédiatrique découverte à l’occasion d’une complication fractuaire.

Qui présente le risque de développer une ostéoporose ?

Certains éléments sont considérés comme des facteurs de risque de développement d’une ostéoporose: la ménopause précoce, avant l’âge de 45 ans ; la survenue à l’âge adulte d’une fracture, le poids trop faible pour la taille (faible index de masse corporelle) ; l’alimentation pauvre en calcium ; l’alcoolisme, le tabagisme, la corticothérapie prolongée et certaines maladies comme par exemple la polyarthrite rhumatoïde.

Ces traumatismes sont-ils graves ?

Loin d’être anodins, ces traumatismes sont particulièrement graves et handicapants. Ces fractures ne doivent pas êtes sous-estimées. Elles sont responsables de graves handicaps : 80% des patients touchés perdent leur autonomie, 40% seront assistés, 30% deviennent handicapés et 20 %des victimes meurent dans l’année qui suit l’accident.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées?

Parce qu’à la ménopause, à partir de 50 ans, la production des hormones ovariennes (œstrogènes) chute et que ces hormones sont indispensables à la croissance osseuse.

Comment s’effectue la prise en charge, suite à une fracture ?

Traiter la fracture n’est pas suffisant. Il faut une prise en charge de la fragilité osseuse. Le diagnostic de l’ostéoporose passe par la densitométrie, technique de référence pour estimer la résistance osseuse. Plus la densité baisse et plus le risque de fracture est grand. Les résultats sont exprimés en T score :
•T score supérieur à -1 : densité normale.
•T score compris entre -1 et -2,5 : ostéopénie (os peu solides).
•T score inférieur à -2,5 : ostéoporose.
•T score inférieur à -2,5 + une ou plusieurs fractures : ostéoporose sévère.
L’objectif est de ralentir voire arrêter la perte osseuse et diminuer le risque de fracture osseuse.

Mais comment agir ?

out d’abord, il faudrait corriger les facteurs de risque (tabac et alcool), assurer une quantité suffisante de calcium et de vitamine D dans le régime alimentaire. Ceci aide à prévenir l’ostéoporose. Le calcium et la vitamine D sont aussi utilisés en combinaison avec d’autres traitements pour les gens qui font déjà de l’ostéoporose. Il faut demeurer actif avec des exercices physiques réguliers, cesser de fumer et prévenir les chutes. En un mot, l’ostéoporose peut être traitée. Elle est facile à diagnostiquer en toute sécurité.

Que faut-il manger pour avoir suffisamment de calcium et protéger notre squelette ?

Les principaux apports en calcium se trouvent dans le lait et les produits laitiers. On en trouve également dans les légumes verts et dans certaines eaux minérales très riches en calcium.

Est-il vrai que le soleil protège de l’ostéoporose?

Le soleil est indispensable à la production naturelle, dans la peau, de vitamine D.