A la Une

Maux de dos…Soyez méfiants

Publié le
Maux de dos…Soyez méfiants

Les lombalgies, ou douleurs du bas du dos sont devenues le mal du siècle. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces affections qui n’épargnent personnes et qui, avec le temps, et en cas d’ignorance, deviennent de plus en plus graves.

par Yosra Cherni

Quelles sont les types de lombalgies, que faut-il faire et ne pas faire en cas de maladie ?

Pour Livret Santé, Ramzi Bouzidi, professeur agrégé en orthopédie, répond à toutes ces questions.

Dans cette pathologie, on distingue deux volets.
Le premier concerne la douleur du dos localisée qui n’a pas de retentissement au niveau des membres inférieurs (jambes, cuisses, pieds). On parle de lombalgies communes. Après un certain âge, la colonne vertébrale subit une fatigue discale ou articulée et engendre des douleurs localisées au niveau du dos. Cela accompagne souvent certaines professions et certaines activités sportives.

Le second chapitre concerne, lui les maux de dos qui s’accompagnent de douleurs au niveau des nerfs des membres inférieurs. On parle cette fois-ci de lombo-sciatique ou lombo-radiculalgie qui est la douleur des racines nerveuses. Il y’a deux entités, l’hernie discale lombaire et la sténose lombaire.
La première comprime la racine nerveuse et envoie des irradiations douloureuses au niveau des membres inférieurs. Cette hernie est issue de la matière discale. Celle-ci sort de sa localisation habituelle dans le disque situé entre deux vertèbres, et vient comprimer la racine nerveuse qui passe à côté, responsable éventuellement de la motricité et de la sensibilité du membre inférieur. Si cette racine est comprimée, il y a un phénomène inflammatoire qui se crée entre les deux. D’où la douleur au niveau du dos ainsi qu’au niveau des membres inférieurs.
Ce phénomène s’appelle une lombo-sciatique dûe à une hernie discale. «C’est d’ailleurs la pathologie la plus fréquente», déclare le spécialiste.
La seconde qui s’appelle sténose lombaire, touche à la fois le dos et les racines (le contenant et le contenu) c’est-à-dire le canal lombaire étroit à cause d’une compression au niveau des racines nerveuses par une étroitesse du canal là où passent les racines. Celles-ci se trouvent à l’étroit soit à cause d’une constitution congénitale étroite (des structures osseuses), soit à une dégénérescence articulaire et discale. Dans ce dernier cas, c’est le résultat d’une fatigue au niveau des articulations du dos et au niveau des disques. Cela se manifeste par des déformations, des affaissements et éventuellement des déplacements entre les vertèbres mettant ainsi les racines à l’étroit.
Des excroissances osseuses compriment les racines et cela se manifeste à la fois par des douleurs du dos et par des douleurs au niveau des membres inférieurs. C’est ce qu’on appelle les radiculalgies.

En résumé, on parle soit de lombalgie commune, soit de lombo-radiculalgie, dûe à une sténose lombaire, ou encore de lombo-sciatique causée par une hernie discale lombaire.

Comment évoluent ces maladies ?

Quant à l’évolution, elle est différente en fonction de l’origine mais en cas d’une hernie discale, le risque majeur qu’il faut craindre c’est le déficit neurologique. C’est ce qu’on appelle la paralysie du nerf concerné. Les fonctions commandées par cette racine se trouvent entravées ou diminuées à cause de cette compression de la racine nerveuse par le disque herniaire. Cette paralysie peut être partielle ou définitive. On peut donner l’exemple d’un pied qui se trouve paralysé, ne bouge plus et devient insensible à cause de cette compression nerveuse.

L’autre risque évolutif dans la dégénérescence du rachis lombaire à un certain âge est l’instabilité ou la déstabilisation de la colonne vertébrale. C’est-à-dire que les vertèbres perdent leur contact habituel et se trouvent instables. Cela peut entraîner des problèmes neurologiques de type paralytique. Le risque concerne en réalité surtout le contenu (racines nerveuses). Vu les problèmes du contenant (les vertèbres), il va donc y avoir des conséquences sur les racines nerveuses et la motricité des membres inférieurs. Ces problèmes sont intimement liés à des conséquences nerveuses.

«Lombalgies»

est un terme qui signifie douleurs du rachis lombaire, c’est-à-dire les dernières vertèbres de la colonne vertébrale. Ce terme regroupe plusieurs pathologies. Anatomiquement, le rachis lombaire est constitué d’une superposition de vertèbres intercalées par des disques intervertébraux avec en arrière de petites articulations qui contournent le canal vertébral où passent les racines nerveuses, en charge de la motricité et la sensibilité des deux membres inférieurs. Donc il y’a un contenant, osseux, discal et articulé et un contenu qui passe dans ce contenant osseux. Le contenu est constitué de racines nerveuses qui sortent à chaque niveau pour conférer une fonction motrice ou sensitive aux membres inférieurs.
Ainsi, une pathologie qui touche le rachis lombaire peut intéresser soit le contenant, soit le contenu, nerveux avec des retentissements neurologiques.

Traitement des lombalgies

Le traitement est différent en fonction de la pathologie et de son origine. S’il s’agit de lombalgies communes, le traitement est généralement médical par des médicaments et surtout par la rééducation. Il y’a des programmes spéciaux de rééducation du dos qui sont très efficaces. Une hygiène de vie adaptée à ce genre de mal est également recommandée. Dans les lombalgies généralement, on n’a pas recours à l’intervention chirurgicale et là nous sommes devant une lombalgie pure sans retentissement sur les nerfs.
Pour la hernie discale lombaire avec retentissement et compression de la racine nerveuse, le traitement peut commencer par une rééducation en espérant que cette hernie diminue, la compression sur la racine se lève et le traitement serait donc efficace (médical et rééducation). On n’est obligé d’intervenir que dans le cas où on n’arrive pas à résoudre le problème médicalement et par la rééducation et surtout en cas d’urgence où la compression nerveuse entraîne une paralysie. Dans ce cas là, une intervention chirurgicale est urgente, immédiate et impérative.
Pour la sténose lombaire (le canal lombaire étroit), si le retentissement de cette étroitesse canalaire est important dans la vie courante du patient, sur sa marche, son comportement et ses habitudes quotidiennes, après échec du traitement médical par les médicaments et par la rééducation, il y aura recours au traitement chirurgical. Celui-ci consiste à lever la compression appelée décompression chirurgicale. C’est-à-dire enlever tout ce qui comprime les racines et les nerfs et stabiliser le rachis éventuellement en cas d’instabilité entre les vertèbres.
S’il s’agit d’une instabilité des vertèbres, le chirurgien orthopédiste intervient pour maintenir les vertèbres entre elles pour que le contenant ne bouge plus d’une façon anormale et pour éviter les compressions itératives sur les racines nerveuses. La place de la chirurgie s’impose après échec du traitement médical et rééducation que ce soit en cas d’une sciatique par hernie discale ou bien dans le cas des radiculalgies secondaires à un canal lombaire étroites constitutionnelles ou dégénératives.