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Mettez le panaris à l’index !

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Mettez le panaris à l’index !

Le panaris est un terme général employé pour désigner toutes les inflammations aiguës des parties molles, comme les doigts, quelles que soient leur nature, leur étendue et leur profondeur. Ces inflammations sont désignées, le plus souvent, par un staphylocoque doré à l’occasion d’une blessure, avec formation de pus sous l’ongle.

par Imen Ben Abdelkader

Les germes pathogènes, sources de panaris sont généralement inoculés par une piqûre ou à l’occasion d’une griffure. Il s’agit, généralement, de bactéries commensales (micro-organismes qui colonisent l’organisme, généralement la peau ou les muqueuses, sans provoquer de maladie). Le risque de panaris est ainsi très élevé chez les personnes se rongeant les ongles de manière régulière. La plupart du temps, une seule bactérie est impliquée, mais une co-infection par plusieurs germes peut survenir, bien que plus rarement. Deux tiers des panaris sont provoqués par le staphylocoque doré.

Reconnaître le panaris

Dans son stade inflammatoire, pas de fièvre, mais rougeur, sensation de chaleur et œdème avec douleur au toucher, mais sans douleur nocturne. À ce stade, l’infection est facilement réversible c’est-à-dire que le panaris peut être pris en charge médicalement. Ce stade peut, en quelques heures, évoluer vers une seconde phase, plus grave.
Dans la seconde phase, connue par le «stade de collection», les symptômes sont les mêmes que dans le stade inflammatoire, mais nettement plus marqués. La douleur devient forte et pulsatile (suivant le rythme du pouls), et la production de pus est palpable. Des ganglions enflés apparaissent en amont avec lymphangite. La fièvre peut atteindre 38 °C.
À ce stade, l’infection n’est plus spontanément réversible. Il faut une intervention chirurgicale pour évacuer la collection et éviter le passage au dernier stade.

Prendre en charge

Le panaris doit être traité, malgré son aspect bénin, en raison du risque de propagation, voire de généralisation de l’infection. Un traitement médicamenteux est conseillé pour soigner les panaris, comme la pénicilline et une vaccination antitétanique.

Des bains du doigt (3 bains de 10 minutes par jour) dans une solution, type eau de Dakin seront prescrits, avec une surveillance pour détecter toute évolution défavorable et opérer – si nécessaire – à temps.

Ainsi, la rééducation doit être débutée dès que possible. Elle est faisable dans un bain de solution antiseptique. Des prélèvements bactériologiques multiples doivent aussi être réalisés.

Le panaris aux stades 2 et 3 est traité par une opération chirurgicale sous forme d’une excision correspondant à l’ablation du pus et des tissus infectés. Le site est ensuite laissé ouvert avec réalisation d’un pansement gras, toutes les 48 heures, qui entaille la partie enflammée pour nettoyer le pus s’y trouvant. Des prélèvements bactériologiques multiples sont effectués au moment de l’opération.

L’antibiothérapie n’est pas nécessairement indiquée si l’excision est bien faite, mais elle est poursuivie en cas d’antibiothérapie prescrite avant la chirurgie et recommandée en cas de signes régionaux ou généraux de réaction à une infection, d’immunodépression, d’une morsure ou présence de germes spécifiques ou souillures de la plaie. Elle est recommandée, également au cas où le patient porte une valve cardiaque où s’il s’agit d’un nourrisson.