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Obésité en guerre contre les kilos!

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Obésité en guerre contre les kilos!

L’obésité touche de plus en plus de personnes de différentes catégories d’âge. Comment définir l’obésité ? Comment se prémunir d’un tel fléau ? Quelles en sont les causes et les complications ? Le Dr Zoubeir Chater, spécialiste en diététique médicale et en mésothérapie répond à ces questions. Ecoutons-le !

par Imen Zine

Par définition, « l’obésité est l’excès de masse grasse dans le corps. Elle est dûe, en outre, un déséquilibre entre les apports caloriques et les dépenses énergétiques, provoquant un stockage sous forme de graisse».
Les scientifiques de l’OMS déterminent l’obésité selon l’IMC, l’Indice de Masse Corporelle, qui permet de classer les normes de poids. «L’IMC est égal au rapport du poids (en kilos) sur la taille au carré (en centimètres), soit I M C = poids/ taille². A signaler qu’une personne de poids normal a un IMC de 18,5 à 24,9. De 25,0 à 29,9, il s’agit encore de surpoids ou d’excès de poids ou encore de surcharge pondérale. A partir de 30, il s’agit vraiment d’obésité ».

Il existe trois catégories dans l’obésité :

• Obésité Classe I : IMC de 30 à 34,9. Le risque de morbidité est moyen.
• Obésité Classe II : IMC de 35 à 39,9. Le risque de morbidité devient grave.
• Obésité Classe III : IMC supérieur à 40. Le risque est alors très grave.

«Une autre mesure est très importante pour les risques cardio-vasculaires, c’est le périmètre abdominal (PA). Si ce PA est supérieur à 96 cm chez les hommes et à 88 cm chez les femmes, il faut intervenir».
Plusieurs facteurs interviennent dans l’obésité, à savoir l’hérédité, la culture alimentaire, certains troubles harmonieux (hypo thyroïdes), la sédentarité…

Complications de l’obésité

«L’obésité est une maladie. Elle accroît les risques de santé comparés à un sujet de poids normal. Certains facteurs entrent en jeu pour potentialiser ces risques».
Certes, les obèses rencontrent de nombreux obstacles dans leur vie quotidienne qui vont des sièges trop étroits à la discrimination sociale et professionnelle. L’activité physique se réduit car l’excès de poids ruine peu à peu les articulations qui deviennent douloureuses tandis que l’essoufflement s’installe au moindre effort. D’où une diminution des dépenses énergétiques (alors qu’il faudrait les augmenter pour perdre du poids). Les obèses sont souvent victimes de ronflements et d’apnées (arrêts de la respiration) du sommeil d’où de la fatigue au réveil car le sommeil n’est pas récupérateur.
Ils subissent aussi des somnolences diurnes qui sont toujours malvenues et peuvent être dangereuses, surtout au volant. La sexualité est mise à mal, surtout chez les hommes obèses car la sécrétion de testostérone est diminuée.
Ainsi, le psychisme des obèses est souvent perturbé: l’administration d’antidépresseurs n’arrange pas la situation car ces médicaments diminuent eux aussi les dépenses énergétiques.
Pire encore, l’obésité favorise l’installation de maladies dont certaines peuvent être mortelles : diabète, hypertension, maladies cardio-vasculaires et même certains cancers.
«La plus grave est l’obésité enfantine, qui est la plus difficile à prendre en charge. Elle est généralement en rapport avec un contexte familial particulier. »

Comment ne plus être obèse ?

Nombreuses sont les méthodes pour se délivrer de l’obésité. Certaines sont dangereuses. Mais en combinant celles qui ne le sont pas, on arrive à obtenir de bons résultats.
Attention toutefois aux produits dits amaigrissants qui, de nos jours, sont légion. La plupart sont inefficaces voire dangereux. Quant aux médicaments, ils ne sont pas sans inconvénients.
Il existe, également plusieurs méthodes chirurgicales pour réduire l’obésité. Elles ont toutes pour objet de diminuer momentanément ou définitivement le volume de l’alimentation. D’où une perte de poids assez spectaculaire dans les premiers mois suivant l’opération. La gastroplastie (pose d’un anneau rétrécissant le volume de l’estomac) est la méthode la plus employée. Mais il existe aussi le by-pass gastrique (qui rétrécit le volume de l’estomac), la sleeve gastrectomie (qui fait passer rapidement les aliments dans l’intestin), le ballon gastrique (introduction d’un ballon gonflé d’air ou d’eau dans l’estomac). Toutes ces opérations sont douloureuses et handicapantes.
Par contre, d’autres méthodes à suivre peuvent être utiles pour perdre poids. En commençant, par exemple, tout doucement à marcher régulièrement, on arrive peu à peu à augmenter sa dépense énergétique. Brûler même 50 calories toutes les semaines est efficace.
La psychothérapie, quant à elle, est souvent très utile lorsque l’obésité trouve ses racines dans des problèmes psychologiques, et/ou affectifs
Avec l’activité physique et le changement de comportement alimentaire, la volonté et la patience sont les autres pivots essentiels de la perte de poids d’une personne obèse.

L’obésité en Tunisie selon l’INS

– Plus de 25% de la population féminine est obèse contre 10% des hommes.
– A 45 ans, plus de 50% des femmes ont un IMC supérieur à 30.
– Dans les villes, les hommes ont deux fois plus tendance à prendre du poids après la retraite que les hommes vivant à la campagne.
– L’obésité morbide affecte 1,7 % de la population.
– L’obésité est élevée surtout dans le Grand Tunis et les zones côtières.

Mieux vaut prévenir que guérir!

Même en cas de poids normal, il faut toujours se prémunir de l’obésité, notamment :
– En se pesant régulièrement
– En équilibrant son alimentation
– En faisant un régime alimentaire pour perdre du poids s’il y a surcharge abdominale ou obésité
– En stabilisant son poids après un régime équilibré pour éviter le fameux « effet yoyo».