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Réflexion parlementaire à Tunis sur la santé maternelle

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Réflexion parlementaire à Tunis sur la santé maternelle

La Tunisie a accueilli pour la première fois l’Atelier parlementaire sur l’avancement de la Santé Maternelle et Reproductive et l’Égalité de Genre dans les pays membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI). Cette première en Tunisie a été possible grâce aux efforts conjugués de plusieurs parties. En effet, cet événement a été organisé par l’Action Mondiale des Parlementaires (PGA), en collaboration avec le Ministère des Affaires de la Femme et de la Famille et avec la participation du fond des Nations Unis pour la population (UNFPA). L’ambassade de Finlande en Tunisie, le ministère danois des affaires étrangères ainsi que l’agence suédoise de développement international.

par Amel Mnakbi

Durant les trois journées, les 8,9 et 10 mars derniers, plusieurs questions cruciales ont été soulevées parmi lesquelles le rôle des parlementaires en tant que représentant de l’organe législatif dans le développement de la santé maternelle et reproductive et la promotion de l’égalité des sexes, l’examen des avantages sociétaux dans différents pays et les stratégies possibles pour combler les disparités entre les sexes à l’école, au travail et en politique, la mise en place de plans d’actions nationaux et la valorisation de la coopération internationale…
Durant la deuxième journée de cet atelier, l’accent a été essentiellement mis sur les différents défis à relever afin d’améliorer la santé maternelle et reproductive. Plusieurs points ont été exposés, notamment l’examen des défis institutionnels pour réduire efficacement la mortalité maternelle et néonatale, l’analyse des composantes qui pourraient constituer un système de santé rentable pour protéger les populations vulnérables et ce à travers les interventions de parlementaires africains : Dr Bernadette Lahai de la Sierra Leone, Jacob Ouedraogo du Burkina Faso et Sylvia Sinabulya de l’Uganda. Le Dr Heitfah Syaifudian, parlementaire indonésienne, a ensuite mis en évidence l’importance d’assurer une formation qualifiante pour les sages-femmes qui jouent le rôle de relais voire même d’alternative pour palier l’absence d’un médecin. Une grande partie du débat suscité par toutes ces problématiques a tourné autour de solutions concrètes et des stratégies mises en œuvre pour avoir un impact auprès des décideurs politiques. Il est également nécessaire d’avoir un impact positif dans les classes politiques pour faire évoluer la législation au profit de la réalisation des objectifs fixés lors de conventions internationales. Dans ce sens, plusieurs impératifs ont été dégagés tels que le besoin de la mise en place d’une législation garantissant l’égalité des sexes dès l’école et jusque sur le marché du travail. Il a été aussi relevé que pour assister à un changement significatif, il est indispensable de mettre en place une stratégie visant à accroître la participation des femmes dans le processus politique de la mise en œuvre des quotas par genre dans les partis politiques et, par la même occasion, agrandir les budgets avec une perspective de genre ainsi que l’allocation de fonds pour soutenir l’autonomisation des femmes dans les commissions parlementaires .
cet atelier a été couronné par un plan d’action visant à potentialiser les programmes d’action d’accords internationaux comme le PoA CIPD) programme d’action de la Conférence Internationale de la Population et le Développement ou encore celui de la CEDAW, la convention sur l’Élimination de toutes les Formes de Discrimination à l’égard des Femmes et la mise en place de moyens législatifs efficaces pour faire avancer les Objectifs du Millénaire pour le Développement 3 et 5 (OMD3 et OMD5) portant respectivement sur l’égalité des genres, l’autonomisation des femmes et sur la santé maternelle et reproductive.
Un économiste, S. Lawson, estimait que les femmes soutiennent une partie du ciel, nous pensons que soutenir les femmes c’est garantir l’avenir de l’humanité. Bonne fête Mesdames, des vœux tardifs mais sincères.