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Saint-Etienne – Tunisie Des rencontres de la santé riches, fructueuses, amicale

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Saint-Etienne – Tunisie Des rencontres de la santé riches, fructueuses, amicale

Enthousiasme, volonté, énergie et un amour fou partagé entre la ville où elle vit, Saint-Etienne, et son pays, la Tunisie. Ah, oui, j’oubliais presque l’essentiel : une générosité sans bornes. Tel est le portrait sans retouche de Hela Bridaa, Présidente de l’Association lien d’amitié France Tunisie de Saint-Etienne. Autant de qualités qu’elle n’a pas eu de mal à mettre en oeuvre pour convaincre la mairie de Saint-Etienne de recevoir une délégation composée à la fois de représentants du secteur privé et d’institutionnels de la santé tunisiens dans le cadre des premières « Rencontres Santé Tunisie » qui se sont déroulées dans la capitale des « verts » le mois dernier.

par Senda Baccar

 

Il fait déjà nuit lorsque le TGV me dépose en gare de Saint-Etienne. Direction l’Hôtel de Ville pour un dîner convivial où je découvre pour la première fois le visage de celle qui, quelques jours plus tôt, arrivait à me convaincre de traverser en train la moitié de la France pour rejoindre la délégation tunisienne. Et tous les autres, nos merveilleux hôtes qui n’ont eu de cesse, durant ces 24 heures, de se mettre en quatre pour faire de ces rencontres une totale réussite : André Friedenberg, adjoint au Maire de la Ville de Saint-Etienne, et Jean-François Pascal, directeur des relations internationales de la mairie de Saint-Etienne, qui ont fait part de leur admiration pour la qualité des infrastructures médicales tunisiennes qui présentent une offre de niveau international et de grande qualité, au même niveau que l’Europe, que ce soit au niveau des équipements ou des cadres et des équipes très performants. Ce dernier, insistant sur la formation, a rappelé que l’intérêt que les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur accordaient à la qualité de la formation ne pouvait que se refléter sur la qualité des services dans les établissements tunisiens de santé. L’occasion également de faire la connaissance de Sabri Bachtobji, notre consul général à Lyon qui, partagé entre ses nombreuses obligations, a fait je ne sais combien d’allers retours entre les deux villes pour être le plus souvent possible présent parmi nous, et plusieurs acteurs du secteur de la santé de la région. Un accueil si chaleureux qu’il restera à jamais gravé dans les esprits de la délégation tunisienne.

Un projet qui vient du coeur

Outre sa casquette de Présidente de l’Association lien d’amitié France Tunisie de Saint-Etienne, Hela Bridaa, travaille sur un projet de maison dentaire solidaire à Sidi Ameur (Monastir) à travers un partenariat avec le Lion’s Club de la région. Cet important projet social rassemblera tous les services liée à la médecine dentaire : soins, hygiène, prévention, rééducation, etc. afin de permettre aux plus démunis de bénéficier de soins dentaires de qualité, d’apprendre aussi, en particulier aux enfants, à se brosser les dents. Sur le point d’être finalisé-les fonds ont déjà été débloqués-, il attend le feu vert du ministère de la Santé publique.

« Mon credo : la formation. Alors qu’en France, la formation des kinésithérapeutes dure 5 ans, celle des tunisiens se déroule sur 3 années au sein d’écoles de la santé ou, depuis maintenant deux ans, de centres de formation privés sous tutelle. C’est insuffisant. Je suis donc heureux d’avoir conclu un partenariat avec une école Stéphanoise. Des formateurs français animeront en Tunisie des journées scientifiques qui démarreront par le rôle du kinésithérapeute dans le drainage lymphatique, ses indications médicales et ses contreindications. »
Yassine Maâzoun:
Président de la Chambre Syndicale des physiothérapeutes rééducateurs

Et, justement, du côté tunisien, les Présidents de plusieurs chambres syndicales nationales, Faouzia Slama (femmes cheffes d’entreprises), Tarek Boulifa (esthétique et cosmétiques), Dr Boubaker Zékhama (cliniques privés), Yassine Maâzoun (physiothérapeutes rééducateurs), Anis El Fkih (opticiens optométristes), Hassen Lamouchi (industries pharmaceutiques), et Rejeb Elloumi. L’expert comptable super actif est, soulignons-le, à l’origine de l’idée de ces rencontres qui auront permis, dès le lendemain dans l’une des salles de réunion de la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Saint-Etienne/Montbrison, de mettre en exergue les opportunités de partenariats, en particulier à travers les diverses présentations et l’exposé magistral de l’ex-directeur général de la Santé publique, Pr Noureddine Bouzouia, qui dirige aujourd’hui le Biotechnopôle de Sidi Thabet.
Pour représenter le ministre de la Santé publique, Dr Mongi Hassouna, qui a souligné « l’importance des thèmes abordés, susceptibles de créer des synergies entre la Tunisie et Saint- Etienne, tels que l’industrie des médicaments ou encore la formation des cadres du domaine de la santé (médecins, infirmiers, paramédicaux, etc.) et ce, dans le contexte de mise à niveau entamé par le ministère depuis deux ans et qui implique une coopération à tous les niveaux qu’il s’agisse de formation, de procédures ou même d’évaluation du secteur de santé. Sans compter les programmes de lutte contre les différentes formes de cancers. »

« L’Institut Stéphanois des sciences de vision est une référence en optométrie. Les maîtres de l’institut des sciences de vision vont nous rendre visite en décembre pour dispenser des cours et échanger des compétences. L’optométrie, qui permet de mesurer les habilités visuelles, pour les préserver et prescrire le meilleur système correctif, est inscrite à l’OMS. C’est dire l’importance de la mise en place d’un référentiel compétence adapté à nos opticiens, dont beaucoup encore ne sont pas optométristes. C’est seulement cette année que la première promotion d’optométristes en Tunisie se verra remettre les diplômes de l’école de santé de Sfax dans la division optique. »
Anis El Fkih
Président de la Chambre syndicale des opticiens optométristes

Une journée qui s’est achevée en beauté, après des rencontres BtoB ou la visite d’institutions stéphanoises spécialisées dans la santé ainsi que celle de la nouvelle Mosquée construite par le Roi du Maroc. Et ce, au cours d’un dîner convivial présidé par Jean Louis Gagnaire, député de la Loire et Vice-Président de la Région Rhône Alpes qui a applaudi cette occasion de renforcer les liens historiques tunisofrançais dans une filière où sa région est leader, notamment dans les prothèses et les équipements hospitaliers : « Il est nécessaire d’être assez fédératif pour regrouper le maximum d’entreprises. L’enjeu est, non seulement d’être présent sur le marché international, mais surtout d’avoir du poids. Une entreprise isolée a peu de chance d’être remarquée. », a-t-il conclu.
Et c’est tout l’intérêt de ces rencontres !