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Nous sommes traditionnellement « bio-éco » ! La preuve…

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Nous sommes traditionnellement « bio-éco » ! La preuve…

Alimentation bio, agriculture bio, huile bio, lait et dérivés bio, environnement éco, espace éco, architecture éco,… autant de nouvelles appellations définissant une qualité sont au menu quotidien du citoyen, soutenues par une publicité intense à travers les media, dont l’objectif est de promouvoir cette tendance visant le bien-être de l’individu. C’est dans le domaine agricole, plus précisément celui des produits agricoles, que cette tendance se manifeste le plus souvent.

par Zardoumi Ghaytheddine

Naceur Hamza, ingénieur agricole et ancien chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie rappelle que l’INRAT définit l’agriculture biologique comme « un mode de production qui essaie de se rapprocher des conditions naturelles de vie des animaux domestiques et des végétaux. Née en Europe au début du dernier siècle, elle n’a été officiellement reconnue par le règlement européen qu’en 1991 ».

Les principes de ce mode de production

Les principes de la production biologique obéissent à trois principes fondamentaux :
– La gestion durable des ressources naturelles (eau, sol et végétation naturelle).
– Le respect de l’environnement et des équilibres naturels, excluant en particulier l’usage des produits chimiques de synthèse comme les pesticides ou les fertilisants.
– La conservation de la biodiversité. Quant à l’objectif, il consiste à garantir aux générations futures et actuelles un environnement durable et une nourriture saine », poursuit ce spécialiste.
En Tunisie, l’agriculture biologique est née en avril 1999, à travers la loi n° 99-30, mais nos ancêtres pratiquaient ce type d’agriculture avant l’indépendance. Les colons la dénommaient « production des indigènes ». Elle était plus extensive que celle des colons, avec un faible rendement. Cette agriculture, qu’on peut considérer ou appeler « traditionnelle », utilise des semences autoproduites par les agriculteurs. Certaines variétés sont le résultat d’un effort de sélection qui s’est perpétué durant plusieurs générations et portent souvent le nom de la famille ou de la ville où elles ont été sélectionnées. Citons à titre d’exemple : le blé Mahmoudi, l’abricot Lench, le piment Baklouti ou le Chaâbani de Dar Chaâbane (Cap Bon), la pastèque Laâdhari de Hammam Sousse ou encore le melon Maâzoun de Béja.
D’autre part, cette agriculture intégrait l’élevage comme composante principale dans toute exploitation agricole et dont le rôle est de produire les protéines d’origine animale nécessaires à l’alimentation humaine et le fumier indispensable au maintien de la fertilisation du sol de l’exploitation. Quand à l’utilisation des pesticides, déclare Naceur Hamza « elle se limitait à deux produits naturels : le soufre fleur pour lutter contre les oïdiums et le sulfate de cuivre contre les champignons qui provoquent le mildiou, la tavelure, les rouilles ou autres maladies des plantes ».
Ainsi, ces techniques utilisées dans l’agriculture traditionnelle n’étaient pas loin de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’agriculture biologique ». En ce qui concerne les cultures non irriguées, comme l’olivier, l’amandier, le palmier, la technique de production n’a pas connu de grands changements, leur reconversion en cultures biologiques était donc facile.

Sur le plan écologique

Notre patrimoine architectural est la preuve sans équivoque que l’environnement éco est également ancré dans nos traditions. La maison traditionnelle en est un exemple concret. En effet, elle est caractérisée par une cour centrale (le patio) construite en pierres suffisamment larges garantissant une isolation thermique et sonore. Eventuellement, on utilise le liège pour ce type d’isolation. Sur le plan architectural des maisons traditionnelles, l’orientation des chambres à coucher est prise en considération avec une orientation est, facilitant leur ensoleillement et permettant de lutter contre l’humidité. Sans oublier la présence de la réserve d’eau de pluie, fesquia, dans chaque maison traditionnelle, eau pure, naturelle mais surtout gratuite, le bon sommeil étant assuré par des matelas en laine en hiver et en crin en été.
Et Bassam Touhami de souligner que « nous sommes traditionnellement éco par nos coutumes, nos habitudes, un comportement responsable qui se manifeste dans chaque moment de notre vie. »