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Thermalisme: Retour aux sources pour un meilleur départ

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Thermalisme: Retour aux sources pour un meilleur départ

Les1er et 2 novembre dernier, la ville du jasmin, Hammamet, accueillait les hôtes de la Fédération Mondiale du thermalisme et du climatisme (FEMTEC), venus des quatre coins du Monde pour assister à sa 63ème Assemblée Générale de cette fédération, et à son congrès scientifique ayant pour thème « Tradition, innovation et contrôle de la qualité ».

par Rym Benarous

Organisé sous le haut patronage du Président Ben Ali, à qui la FEMTEC a décerné en 2009 son diplôme d’honneur, cet événement est la quatrième manifestation du genre qu’abrite la Tunisie. En effet, trois Assemblées Générales de la Fédération se sont déjà tenues en Tunisie, en 1979, en 1994 et en 2005. Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par Mondher Zenaidi, ministre de la Santé publique, plusieurs participants, membres de la FEMTEC, ont exprimé leur admiration de l’avancée exceptionnelle de la Tunisie dans le secteur du thermalisme. Avant même de commencer leurs travaux, ils ont tenu, chacun dans sa langue, japonais, chinois, italien, roumain, anglais, russe, … à rendre un vibrant hommage à cette Tunisie qui a su faire valoriser ses acquis et ses ressources naturelles, et mettre en place une stratégie gagnante pour accéder, en moins de vingt ans, à un statut de leader dans ce secteur, avec plus de 160.000 curistes par an, plus d’une cinquantaine de centres de thalasso et beaucoup de projets en cours. Mais au delà de l’aspect quantitatif, l’atout majeur de la Tunisie reste la qualité. Le Ministre a d’ailleurs annoncé que sept centres de thalassothérapie et quatre unités de mise en bouteille d’eau minérale avaient récemment obtenu la certification ISO 22000, critère de normalisation internationale.

Des racines de la tradition part l’élan de l’innovation

La tradition d’eau et son utilisation à des fins thérapeutique ne sont pas nouvelles en Tunisie, comme l’a démontré lors de sa communication, le Dr Hamza Saddam, chirurgien orthopédiste, fervent passionné de l’Histoire de la médecine tunisienne. Le recours aux sources thermales et le traitement curatif et préventif par les eaux chaudes était d’un usage courant, il y a deux mille ans . Les vestiges des habitations d’antan montrent également une grande importance accordée aux pièces d’eau, l’eau, étant ressource précieuse, à l’origine de toute trace de vie. Sil’homme antique a su l’exploiter et en faire un précieux remède, l’homme moderne en a fait un allié thérapeutique de bien-être avec un label qualité et des normes internationales à respecter. Et c’est là toute l’innovation des nouveaux centres de thalassothérapies qui proposent actuellement des soins scientifiquement étudiés, perpétuellement renouvelés et améliorés, et prodigués par des personnes compétentes et formées à cet effet.

Thermalisme : l’expérience algérienne

Dès la fin des années soixante, l’Algérie a pris conscience de l’importance du thermalisme et a mis en place une politique pour développer ce secteur, devançant ainsi d’autres pays africains. La première station thermale algérienne, Hammam Meskhoutine, située à Guelma, a été inaugurée en 1976. Six autres stations devaient suivre : Hammam Boughrara, Hammam Bou-Hadjar, Hammam Bou-Hanifia, Hammam Righa, Hammam Guergour (Sétif) et Hammam Salihine (Biskra). Le premier centre de thalassothérapie, Sidi Fredj, quant à lui a ouvert ses portes à Alger en 1981. Malheureusement, et selon le Dr Ahmed Belaitar, spécialisé en médecine thermale, le secteur n’a pas évolué depuis et aucun nouvel établissement n’a ouvert ses portes. Concernant les médecins algériens spécialisés en hydrologie, le Dr Belaiter affirme qu’ils ne sont actuellement qu’au nombre de six. « C’est bien dommage quand on sait que l’Algérie est le pays maghrébin qui renferme le plus de sources thermo-minérales, avec un littoral s’étendant sur plus de 1.500 km, », ajoutet- il avant de poursuivre : « Malheureusement, près de 87% des potentialités thermales de l’Algérie ne sont pas encore exploitées. Ce qui offre à notre pays des perspectives énormes pour développer ce secteur, à l’instar de la Tunisie qui a misé sur ses richesses naturelles et ses compétences humaines, et qui a réalisé ainsi un véritable challenge dont nous sommes fiers en Algérie, conclu-t-il.»