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Tuberculose…nouvelle psychose ?

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Tuberculose…nouvelle psychose ?

Autrefois appelée «la consommation» car elle semblait consommer les personnes qu’elle atteignait de l’intérieur, la tuberculose demeure encore un véritable fléau mondial qui fauche près de deux millions de personnes chaque année, soit cinq milles décès par jour. Considérée comme la deuxième cause de mortalité derrière le sida, elle est mondialement reconnue en tant que priorité de santé publique, d’autant plus que le nombre de cas résistants aux traitements augmente de façon inquiétante.

par Zeineb Guizani

Un mal bien persistant

Bien que la Mycobacterium tuberculosis ou bacille de Koch fut découvert par Robert Koch en 1882, la tuberculose a été présente chez l’homme depuis l’antiquité. Elle a en effet été détectée pour la première fois dans les restes de bisons datés d’il y a 18 000 années puis trouvée dans les restes de momies datant de 3000 à 2400 av. J-C. Bien qu’il infecte prédicamant l’appareil respiratoire (ceci représente un peu plus de 70% des cas de tuberculose), le bacille peut aussi toucher tous les organes. On parle donc de tuberculose ganglionnaire, urogénitale, ostéoarticulaire et cérébro-méningée.

Quels sont les symptômes de la tuberculose ?

Du fait qu’elle sévit davantage dans les milieux défavorisés, la tuberculose appartient à la catégorie de ce qu’on appelle les «maladies de pauvreté», car elle touche prioritairement les personnes vivant dans de mauvaises conditions sanitaires, généralement dans des lieux surpeuplés, souffrant de malnutrition et où le fait de se soigner et d’assuurer un suivi médical relève davantage du superflu que de la nécessité. En effet, d’après un rapport de l’OMS, plus de 95% des décès par tuberculose se produisent dans les pays à faible revenu.

Se propageant seulement par voie aérienne, le bacille est inhalé sous forme aérosolisée dans les gouttelettes émises lorsque le malade parle, tousse ou crache. Il suffit d’en aspirer quelques-uns pour être infecté. Actuellement, près d’un tiers de la population mondiale est atteinte de tuberculose dite « latente », ce qui signifie que la bactérie de la tuberculose ne s’est pas encore développée dans l’organisme pour affirmer que la personne porteuse du germe est malade. Lorsqu’elle devient active, les symptômes de la tuberculose peuvent rester invariables pendant plusieurs mois et se traduire, entre autre, par une toux teintée de sang accompagnée de douleurs dans la poitrine et de fièvre, une faiblesse générale, des sueurs nocturnes et une perte de poids. Parcequ’ ils sont souvent négligés, ces signes n’alarment pas le porteur de la tuberculose, ce qui aboutit à la transmission de la bactérie à d’autres personnes. C’est comme cela qu’en une année, deux tiers des sujets porteurs de la tuberculose évolutive décèdent.

Quelques sont les mesures préventives contre la tuberculose

Tout d’abord respecter les mesures d’hygiène en se lavant fréquemment les mains, porter un masque si vous êtes souvent en relation avec des tuberculeux et pratiquer un test cutané pour pouvoir prendre des antibiotiques afin d’éviter qu’au cas où vous auriez inhalé des bactéries, celles-ci ne se développent et d’éviter par la suite que la maladie se déclenche. Avoir une alimentation saine et équilibrée, pratiquer régulièrement de l’exercice physique et éviter le stress contribue à avoir un système immunitaire vigoureux.
En ce qui concerne les personnes déjà infectées, il est extrêmement important de demeurer à la maison toute la période du traitement, et porter un masque en public.

Aux grands maux les grands remèdes !

A défaut d’être totalement éradiqué, le bacille de Koch (BK) peut s’avérer résistant à plusieurs médicaments. On parle alors de tuberculose multi résistante, résistante à au moins deux antibiotiques antituberculeux, ou ultra résistante, c’est-à-dire résistante à pratiquement tous les antituberculeux. Pour la diagnostiquer, la majorité des pays ont recours à une méthode utilisée depuis toujours qui consiste en un examen microscopique des frottis d’expectoration, c’est-à-dire de salivations afin de détecter la présence du bacille tuberculeux. Toutefois les formes résistantes aux antibiotiques tendent à progresser. A cet effet une journée mondiale de lutte contre la tuberculose est organisée chaque 24 mars.

Cocktail de soleil, d’antibio et de dodo !

Le traitement de la tuberculose chez l’adulte repose sur la prise quotidienne de quatre antibiotiques (rifampicine, isoniazide, pyrazinamide, éthambutol) pendant plusieurs mois, et seulement trois chez l’enfant. Néanmoins, certaines formes de tuberculose extra pulmonaire nécessitent un traitement plus long. Si les traitements sont bien pris et correctement suivis, la guérison est assurée à 100 % des cas.
Mais le plus étonnant des traitements… c’est le soleil ! Une étude conduite par des spécialistes de l’Université de Londres a en effet démontré qu’ajouter de la vitamine D aux traitements a permis aux patients de guérir plus rapidement d’une tuberculose. Autrefois, les patients atteints de la tuberculose étaient envoyés dans des sanatoriums dans les Alpes. Des observations ont démontré que la prise de vitamine D à forte dose réduisait l’inflammation due à l’infection et par conséquence diminuait la formation des cavités liées à la tuberculose.

La tuberculose, ici, en Tunisie ?

En Tunisie, la tuberculose touche tous les ans 17 Tunisiens sur 100. Suite à ce constat, une réunion en janvier 2006 à Davos (HALTE A LA TUBERCULOSE) 2006-2015 avec l’appui de l’OMS, a abouti à la consécration d’un budget de 56 milliards de dollars pour éradiquer à 50% cette maladie en Afrique à savoir réduire de moitié la mortalité de la tuberculose par rapport aux valeurs de référence de 1990.

Quelles sont les personnes à risque ?

Le risque de développer une tuberculose active est plus important principalement dans les cas suivants :

1) Les personnes qui souffrent d’affections affaiblissant le système immunitaire, comme le VIH.
2) Le tabagisme vient en deuxième position. Toujours selon l’OMS, plus de 20% des cas de tuberculose dans le monde seraient attribués au tabagisme.
3) Les personnes souffrant de malnutrition ou de diabète.
4) les personnes atteintes de maladie chronique comme le diabète et le cancer et subissant des traitements médicaux lourds.
5) Travailler ou résider dans un milieu où il y a des tuberculeux comme les hôpitaux.
6) La malnutrition
7) la forte consommation d’alcool ou de drogues.