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Tunisiens et activité physique:je t’aime, moi non plus?

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Tunisiens et activité physique:je t’aime, moi non plus?
par Rym Benarous

Combien sommes-nous de Tunisiens à pratiquer une activité physique régulière?

Sommes-nous dans les normes par rapport aux pays émergents?
Et par rapport à l’Europe?
Autant de questions et bien plus auxquelles ont répondu des experts lors du 2ème Congrès international sur les pratiques physiques et sportives chez les Tunisiens, organisé par l’Observatoire national du sport et inauguré par Samir Lâabidi, ministre de la Jeunesse, des sports et de l’éducation physique, en présence de représentants de l’OMS et de l’UNICEF.
Les résultats de l’enquête nationale relative aux activités physiques et sportives (APS) ont été dévoilés à l’occasion. Elle aura porté sur 7500 ménages, soit 30.000 Tunisiens des deux sexes et de différentes tranches d’âge. De même, elle aura nécessité des années de travail dont deux ans et demi pour préparer le questionnaire. Pour mesurer l’ampleur du travail effectué, il faut savoir que la France a également réalisé en 2010 une enquête nationale sur les APS qui n’a porté que sur 1000 français.

Un des chiffres clés de l’enquête tunisienne est que 17% de nos compatriotes pratiquent régulièrement une activité physique.
Sommes-nous dans les normes? Oui estiment les experts si l’on se compare aux pays émergents. Toutefois, on est encore loin de la moyenne européenne estimée à 50% et bien loin derrière celle des pays scandinaves qui s’élève à 80%!

Par ailleurs, les statistiques tunisiennes ont également dévoilé des disparités entre les sexes, mais aussi entre les différentes tranches d’âge, situations matrimoniales, régions ou encore classes sociales et professions.
Avec un taux s’élevant à 35%, les plus jeunes (entre 6 et 10 ans) sont ceux qui pratiquent le plus d’activités physiques. De même pour les célibataires (28,4%), pour les individus de sexe masculin, pour ceux qui habitent le Sud Ouest (28,5%) et pour ceux qui exercent une profession intellectuelle et/ou scientifique (26,4%).

L’enquête tunisienne aura donc révélé de précieuses informations pour l’avenir, comme les causes de la non pratique de l’activité physique: manque de temps, obligations familiales, situation financière, pas assez d’infrastructures, etc. Autant de raisons invoquées par les 30.000 individus questionnés.

Ce qu’il faut maintenant c’est tirer au plus vite des conclusions et trouver des solutions efficaces en vue d’un avenir meilleur. Dans son allocution de bienvenue, le ministre a justement précisé que d’ici cinq ans, l’objectif serait d’atteindre la barre des 25 à 30% de Tunisiens pratiquant une activité physique régulière. 1, 2, 3… partez !