Allo maman Ado

Anorexie histoire sans faim !

Publié le
Anorexie histoire sans faim !

Quand le poids devient une obsession, toute une vie peut être chamboulée. Certaines filles, en se regardant dans le miroir, se trouvent constamment grosses même avec leurs 50 kg. Elles entrent dans le cercle vicieux des régimes interminables et commencent une vraie vie d’anorexiques.

par Saima Ksibi

L’anorexie est une maladie qui touche et le physique, et le côté psychologique de la personne et peut même s’avérer mortelle.

L’anorexie est un trouble du comportement alimentaire. Il s’agit en effet d’une maladie qui se manifeste par une restriction alimentaire. Une personne anorexique se sent toujours très mal dans son corps, se trouve très grosse malgré une maigreur extrême. L’anorexie touche très souvent les filles (dans 95% des cas).

Quels sont les premiers signes d’anorexie ?

L’anorexie se manifeste par un changement radical du comportement alimentaire du jeune, avec une augmentation des restrictions par rapport à la nourriture. La personne anorexique se met des règles très strictes et se prive de toute alimentation qu’elle juge calorique ou susceptible de la faire grossir.Une perte de poids rapide et importante (15% du poids) entraîne un affaiblissement général et peut dans un stade plus avancé être mortelle.

Qu’est-ce que cela peut engendrer ?

L’anorexie engendre une perte importante de poids, une maigreur excessive qui est dangereuse pour la santé, en plus d’une fatigue accrue.

En plus de ces conséquences physiques, l’anorexie engendre aussi des troubles psychiques tels l’envie de s’isoler de sa famille, ses amis, et de son entourage. Une personne anorexique n’a presque plus de vie sociale et préfère se replier sur elle-même tout en faisant du travail, des études et des activités sportives son refuge.

L’anorexique perçoit ses repas comme un moment de torture.

Conseils:

L’anorexique est souvent dans le déni, affirmant bien se porter et n’avoir aucun problème. Les parents peuvent exprimer leur inquiétude générale, en évitant de focaliser sur la prise alimentaire. L’affrontement à table au moment du repas n’est pas une bonne stratégie. Il est important d’en parler à son médecin traitant. Les associations de parents d’enfants anorexiques représentent ensuite un bon soutien et une bonne source d’informations. Il ne faut pas hésiter à consulter car une prise en charge précoce facilite la guérison.

En tant que parent, quand devrais-je m’inquiéter ?

Si votre enfant vous dit tout le temps :

– qu’il vient juste de grignoter

– qu’il a trop mangé au repas et qu’il ne veut pas dîner.

– qu’il n’a pas le temps car il doit finir ses devoirs.

Ou encore quand il sert les autres, fait des allers-retours à la cuisine, s’absorbe dans les conversations pour attirer l’attention ailleurs que sur son assiette.

Il dissimule de petits morceaux de nourriture sous une feuille de salade, sur les bords du plat ou dans une serviette en papier.

Témoignage : Sabrine, 23 ans

« Ma vie d’anorexique a commencé vers l’âge de 16-17 ans. A l’époque, j’avais une corpulence normale avec quelques petites rondeurs. Cette période de ma vie a connu beaucoup de chamboulements, déménagement vers une ville inconnue, séparation avec mes amis. J’étais donc assez fragile émotionnellement et complexée par les remarques des gens sur mes formes et surtout de ma mère qui ne supporte pas les gens en surpoids.

J’ai donc commencé un régime en espérant me sentir mieux dans ma peau et surtout éviter les remarques déplacées des gens et je me suis inscrite en salle de sport.

Je passais mon temps soit à étudier, soit à faire du sport et ça marchait très bien. Je perdais visiblement les kilos et c’est à partir de là que je suis entrée dans ce cercle vicieux qui est l’anorexie.

Je ne mangeais plus rien: une biscotte, une pomme et un yaourt au petit déjeuner, et je me nourrissais de salade verte à midi et le soir. J’ai commencé petit à petit à trouver des prétextes pour ne plus aller au resto avec mes amis, et j’ai perdu l’appétit et la joie de vivre. Je m’isolais dans ma bulle. Mon poids est donc passé de 60 à 42 kg en quelques mois.

Mes amis me voyaient changer sans rien pouvoir faire, mes parents se sont beaucoup inquiétés et voulaient que je me ressaisisse. J’ai beaucoup perdu en masse musculaire, j’étais devenue un tas d’os, sans forme, les joues creuses avec des os saillants. Me peser était devenu mon obsession et dès que je gagnais 100 g, j’en devenais malade. L’anorexie était devenue ma drogue.

Je ne tenais presque plus debout, et je suis devenue toute frêle. Ma mère, ne pouvant plus supporter me voir dans cet état, a fini par piquer une dépression nerveuse et je crois que ça a été le déclic pour moi. J’ai fini par voir un psychiatre, et un nutritionniste qui m’ont beaucoup aidée, et progressivement, je suis passée d’un régime à 200-300 Kcal à un régime à 1200 KcAL (ce qui est un grand progrès pour une anorexique). J’ai peu à peu réintroduit les lipides, les protides et les sucres dans mon alimentation. Je me suis reposée, j’ai récupéré mon sommeil, j’ai essayé de me faire plaisir, ne plus culpabiliser après un carré de chocolat ou un morceau de gâteau. Au début c’était très dur de me voir grossir et reprendre des formes mais j’ai fini par m’accepter en voyant la joie de mes parents et les encouragements de mes amis.

Maintenant je sais que je suis complètement guérie, je pèse 65 kg, je suis ronde, je suis loin d’avoir une silhouette de mannequin mais je me sens entièrement fière d’avoir relevé le défi et d’avoir survécu. Aujourd’hui je suis pleine de vie, d’amis, d’espoir et j’ai pu retrouver une vie normale. »

Dr Mohamed Habib Belhadj Amor, Psychiatre et psychanalyste

Les personnes anorexiques vivent très souvent une grande souffrance et finissent par déprimer. Il est possible de se reprendre en main et de guérir mais il est très important pour la personne anorexique d’être bien entourée et que la famille et les amis l’aident à prendre conscience de sa maladie.

Les raisons de l’anorexie ne peuvent pas être définies, mais la plupart du temps ce trouble est dû à un traumatisme vécu dans le passé qui ressort, ou un déséquilibre quelconque que la jeune fille cherche à combler à travers l’anorexie ou d’un manque d’estime de soi, dû aux remarques des gens par rapport au poids.

Sous quelles formes l’anorexie peut-elle se présenter ?

Quand les filles dépassent l’âge de l’adolescence, elles sont généralement des boulimiques qui se font vomir. Elles ont cette obsession du poids et se voient souvent grosses. Dès qu’elles prennent un gramme de plus, elles dépriment et se font vomir, prennent des laxatifs, et s’adonnent à une activité sportive intensive…

L’anorexie et la boulimie sont en effet de la même maladie.