Allo maman Ado

Oui c’est Oui Non c’est Non

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Oui c’est Oui Non c’est Non

Éduquer n’est pas un métier facile pour les parents. Exercer l’autorité sans engendrer la servilité ou la révolte est une mission qui n’est pas de tout repos.

par Salem Djelassi

Éduquer

Est-ce une « mission impossible comme l’a allègrement affirmé Freud ? Peut-être pas  mais, il est sûr et certain qu’éduquer est un exercice de haute voltige auquel ne prépare aucune école, grande ou petite.

Éduquer, c’est « doser les frustrations », c’est faire preuve d’autorité.

Or tout rapport à l’autorité engendre des effets pervers comme le souligne fort à propos le philosophe Patrice Canivez  » l’enfant est incapable d’apercevoir les raisons objectives de ce qu’on lui ordonne.

Par conséquent, il interprète l’ordre donné comme l’expression de la volonté personnelle de l’adulte. Et toutes les raisons ou les justifications qu’on voudra lui donner lui paraîtront comme une rhétorique destinée à le faire accepter.

A cette rhétorique, le cas échéant, il opposera la sienne. Mais, d’une manière ou d’une autre, il opposera son désir particulier à des exigences qu’il perçoit comme la traduction d’un désir propre à l’adulte.

D’où une situation d’affrontement et une sorte de lutte pour le pouvoir dont l’issue est dans tous les cas déplorable. En effet, de deux choses l’une : ou l’enfant se soumet ou il se rebelle. S’il prend l’habitude d’obéir conditionnellement à l’adulte, il sera plus tard prédisposé à se soumettre aux volontés d’autrui sans réfléchir, il sera prédisposé à se soumettre à tous les arbitraires que ce soit ceux de l’opinion ou de la mode ou ceux d’un tyran quelconque.

Si, en revanche, il oppose ses propres désirs à ce qu’il perçoit comme un désir particulier de l’adulte, ce sera l’affrontement direct ou indirect. Comme il n’est pas le plus fort, l’enfant cherchera à tourner les exigences de son  » éducateur ».

Il obéira en apparence, mais ne s’en arrangera pas moins pour faire ce qu’il lui plaît. Il apprendra ainsi à dissimuler et à mentir. Il apprendra aussi à espionner, à épier les faiblesses d’autrui par où il peut les manœuvrer.

Il fera en un mot payer son obéissance d’une manière ou d’une autre et l’adulte finira par se soumettre à ce marchandage tacite. Il croira acheter sa tranquillité en renonçant à tout ou à une partie de son autorité.

Alors faut-il exercer son autorité en catimini afin d’échapper à toutes les dérives de rires par Canivez ?

Peine perdue ! Aucun « catimini » ne tient devant le flair des enfants nous apprennent les psychologues. La pratique prouve que l’enfant répond au message inconscient de l’adulte bien plus qu’à ce que lui est dit consciemment.

Parlons-en de cet inconscient cher aux psys. Tout s’articule autour de la projection, de l’identification et de la répétition. L’enfant est d’abord un enfant imaginaire. Quand il est né, sa famille va l’investir en lui donnant un prénom.

Il va aussi s’identifier à sa mère et à son père. En grandissant l’enfant va ressembler à l’image que ses parents ont de lui et satisfaire l’ensemble de sa famille. Est-ce que cela veut dire que nous faisons à nos enfants ce qu’on nous a fait?  » Cette interrogation m’irrite au plus haut point, commente Nadia une éducatrice mère de deux enfants, croire en ce déterminisme absolu est infantilisant pour les parents.

Le métier de parent en particulier et de formateur en général n’est évidement fait pour personne. Certes la difficulté tient d’abord à l’histoire personnelle de tout un chacun.

La tâche est plus facile pour ceux qui peuvent s’appuyer sur des images parentales fortes. Ils assureront le relais auprès de leur progéniture sans trop d’égratignures. »

Soyez ce que vous vous voulez que vos enfants soient !  » Voilà la teneur du discours de certains psys. Se rendent-ils comptent qu’un tel message est lourd à porter pour la majorité des parents qui aspirent toujours à mieux faire et qui ne veulent surtout pas que leur enfants leur ressemblent ?