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Jeunes et élections Formidables contre fort minables !

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Jeunes et élections Formidables contre fort minables !

Lors d’une manifestation de jeunes étudiants, une pancarte a été levée et qui ne manque ni d’humour ni de révérenciel artistique:  » nous sommes des jeunes formidables gouvernés par des gens fort minables « . Que pensent nos jeunes des élections ?

par Salem Djelassi

Les élections ! Il n’y a que ça sur les lèvres ces derniers temps et les candidats ont commencé à séduire le parterre des Tunisiens qui ont atteint l’âge de fréquenter les urnes et de donner leur voix au chapitre.

Car à tout prendre ces dernières années (depuis le 14 janvier 2011) il n’y en avait que pour la politique. On en a vu de toutes les couleurs,  on en a été gavé par tous les médias et même ceux qui n’ont pas encore atteint l’adolescence semblent agacés par ce sujet. Mais qu’on le veuille ou pas, le fait est là.

Le mois d’octobre aura été celui des municipales et celui de décembre aura été celui des présidentielles. Les Tunisiens sont acculés à élire des membres du parlement et un président de la république. Mais, il n’y a pas que ceux qui font de la politique ou ceux qui passent leur journée à discuter dans un café que le sujet intéresse.

Il y a aussi des jeunes auxquels, le sujet ne dit rien mais qui ont leur mot à dire sur le sujet ! Bref cette révolution  conduite par les jeunes n’aura rien apporté pour les jeunes !

Des jeunes peu engagés en politique 

Les jeunes Tunisiens constituent peut-être la tranche de la société qui a été la plus déçue par la révolution et par la politique postrévolutionnaire menée dans notre pays.

Parce que qu’on le veuille ou pas eux aussi ont un idéal de démocratie et de liberté d’expression mais à leur grand dam » voici qu’il y a la liberté d’expression et pas la démocratie » selon une expression de l’avocate et militante  Bochra Belhaj Yahia.

Le rapport de la Banque mondiale révèle qu’un jeune Tunisien sur trois dans le milieu rural et un jeune sur cinq en milieu urbain appartiennent à la catégorie des NEET (ni dans le système d’éducation ni dans l’emploi, ni en formation). Dans cette catégorie, une grande majorité n’a pas terminé l’enseignement secondaire ou supérieur.

Gloria La Cava, spécialiste en science politique auprès de la Banque mondiale, a noté dans ce rapport  qu’en 2013 les jeunes Tunisiens avaient moins, voire aucune confiance dans leur gouvernement, avec seulement 8,8 % des jeunes qui affichent leur confiance. Désormais, plus de jeunes font confiance aux associations et au volontariat.

L’Oobservatoire national de la jeunesse pour sa part vient de réaliser récemment une étude sur la jeunesse tunisienne. S’agissant de l’implication de notre jeunesse  dans la vie politique, les résultats de l’étude montrent encore une fois une bien triste réalité d’une participation trop maigre : seulement 2,7 % des jeunes sont membres d’un parti politique. Ce chiffre illustre clairement le désistement des jeunes à s’adonner à l’activité politique et cela ne signifie cependant pas l’ignorance des jeunes de la scène politique ainsi que de ceux qui la composent.

A noter que les cafés publics sont les endroits où on parle le plus de politique chez les jeunes et ce, à raison de 72,3 %. En définitive,  seulement 2 % des jeunes impliqués dans la politique et 18 % souhaitent le retour de l’ancien régime.