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Rentrée universitaire : Conseils pour la réussir

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Rentrée universitaire : Conseils pour la réussir

La première rentrée universitaire est généralement un pas de plus pour le jeune, dans le monde des adultes.
Seulement, cette nouvelle étape est loin d’être une rentrée ordinaire, c’est la découverte d’un monde nouveau, du monde du savoir et de la spécialisation qui lui ouvrira les portes de la vie active. A travers cet article, les jeunes s’expriment pour nous faire part de leur surprises/déceptions de leur première rentrée universitaire.

par Saima Ksibi

« On se sent déjà adulte »

A notre première rentrée à l’université, on s’est tous senti « grand » ! Déjà l’établissement en lui-même est plus grand qu’un lycée, avec des amphis et des salles de conférence et c’est ce qui crée une sorte d’émerveillement chez le nouvel étudiant de 1ère année.

Ghaya, 20 ans, étudiante en langue anglaise

« Je me rappelle très bien de mon 1er jour en fac de lettres, la fac était immense, j’ai dû me perdre au moins 10 fois avant de m’y habituer. C’était très agréable d’être déjà sans tablier, mais en plus de suivre des conférences et des cours dans un amphi. Tout était nouveau pour moi, je me sentais vraiment adulte. »

« Je suis enfin indépendant ! »

Comme l’université est un pas de plus dans le monde des adultes, c’est aussi l’occasion pour le jeune de s’autogérer et d’être indépendant au vrai sens du mot.

La faculté responsabilise l’étudiant. Exit le registre d’appel, le billet d’entrée et la discipline du lycée. Chacun doit assurer ses cours, veiller à ne pas s’absenter parce qu’il n’y aura ni papa ni maman pour le booster ou le contrôler.

Aymen, 23 ans, étudiant en gestion

« Quand j’ai rejoint la faculté, j’étais très content à l’idée de pouvoir sécher les cours autant que je voulais ! Mais en m’intégrant et en voyant le rythme des cours, j’ai compris que c’était impossible de rater les cours matinaux ou de sécher un cours pour aller prendre un café. Je me sentais vraiment responsable et plus mûr. »

« Loin de mes parents, je suis plus libre !»

Partir à la fac est pour une grande partie des étudiants, partir loin des parents. Beaucoup d’étudiants sont généralement affectés dans un autre gouvernorat, loin de leur famille, et c’est là qu’ils se sentent plus libres.

<>Quand on fait ses études dans une grande ville, ou près d’une ville touristique, on est souvent tenté par les sorties, les boîtes de nuits, les cafés, etc.
Certains jeunes se laissent entraîner dans le rythme de la vie nocturne, au détriment de leurs études, surtout loin de tout contrôle parental, et c’est là, l’autre revers de la médaille de l’indépendance.

Waël, 25 ans, chômeur :

« Après le bac, j’ai été affecté à Monastir, pour suivre des études supérieures en biotechnologie médicale. Monastir est une ville calme, à quelques kilomètres de Sousse, là où il y avait plein d’endroits pour sortir et pour faire la fête.
Pour ma première année, j’ai fait de nouvelles connaissances, des amis très sympathiques qui m’invitaient souvent à aller avec eux faire la fête à Sousse. C’était devenu une habitude, on y allait 3 fois par semaine, même en période d’examens. On faisait la fête jusqu’au matin et on rentrait tellement fatigués qu’on n’arrivait pas à aller en cours le lendemain.
J’ai raté ma première année, je me suis trouvé incapable de résister à ces tentations, parce que je me sentais jeune et libre et je voulais en profiter. J’ai arrêté mes études et me voilà aujourd’hui chômeur, sans aucun diplôme universitaire en main. Si c’était à refaire, je n’aurais jamais succombé à la tentation. »

« Est-ce vraiment ce que je voulais faire ? »

Choisir de faire une telle ou telle branche à la faculté, c’est choisir le domaine dans lequel on va se spécialiser, et passer sa vie à y travailler. Certains bacheliers se trouvent confrontés à une multitude de choix et de spécialités, au point de se perdre, et de choisir soit la branche la plus facile, soit la branche qui ferait plaisir aux parents.

Attention, cette erreur peut être très dangereuse pour l’avenir du jeune, qui se trouve confronté à un domaine qui ne l’inspire pas, et qui sera obligé de faire un travail qu’il n’a jamais aimé.

Amal, 25 ans, étudiante en cycle d’ingénieur :

« J’ai obtenu mon baccalauréat avec une très bonne moyenne, et je voulais à tout prix faire des études en prépa pour devenir ingénieur. Les maths et les sciences physiques m’impressionnaient, et je me voyais très bien en ingénieur. Le hic c’est que mes parents rêvaient de me voir médecin, pour eux c’était le meilleur métier du monde, et le meilleur cadeau que je pouvais leur offrir. J’ai donc suivi des études de médecine, juste pour leur faire plaisir, et surtout que j’étais leur fille unique, j’ai redoublé la première et la deuxième année, puis j’ai décidé d’arrêter et de m’inscrire dans une école d’ingénieurs en Allemagne. Cette mauvaise orientation m’a coûtée 4 ans de ma vie, mais je remercie Dieu, aujourd’hui, j’ai réussi à me ressaisir et réussir parfaitement mes nouvelles études d’ingénierie. »

« Pourquoi toutes ces matières ?

Généralement, et surtout pour le cycle préparatoire, l’étudiant se trouve face à un programme hyper-chargé avec des dizaines de matières dont il ignorait même l’existence et ce, pour lui garantir une formation complète et bien approfondie avant sa spécialisation. Seulement, les étudiants sont souvent agacés par ce grand nombre de matières dont ils ne comprennent pas l’utilité.

Seïf, 27 ans, ingénieur en informatique

« En tant qu’ingénieur en informatique, aujourd’hui, je peux vous assurer qu’au moins 75 % des matières qu’on nous a enseignées en prépa était vraiment sans aucune utilité. Voulant me spécialiser en informatique, j’étais obligé d’étudier pendant 2 ans de la chimie, de la physique, la STI, par exemple qui étaient enseignées de manière très approfondie. Par contre, l’informatique était enseignée de manière primitive, très basique. La seule matière qui était vraiment utile c’est les mathématiques, qui aident l’étudiant à raisonner correctement. Aujourd’hui, après avoir eu mon diplôme d’ingénieur et après avoir intégré le monde du travail, je me demande toujours pourquoi nous avoir torturés avec toutes ces matières inutiles !»

La galère de la vie universitaire : logement et transports

Si on est sûr de quelque chose, c’est que la vie universitaire n’est vraiment pas facile. Au lycée, on y allait généralement soit à pieds, soit c’est l’un des parents qui nous dépose, mais à la fac c’est différent. Une très grande partie des étudiants changent carrément de ville pour poursuivre des études à la fac, et même s’ils continuent à habiter chez leurs parents, ils sont souvent obligés de faire un long trajet, de prendre le transport en commun et de se taper parfois 1 heure de route, voire plus parfois, sans parler de ceux qui viennent de loin, qui habitent dans un foyer universitaire ou qui louent un petit appartement, et c’est là, tout le charme de la vie estudiantine.

Myriam, 22 ans, étudiante en sciences juridiques

« Je suis originaire du sud et c’est ma 3ème année de vie estudiantine à Tunis. J’ai beaucoup galéré, entre le partage d’une chambre au foyer, la location d’un appartement, les transports, et en plus je ne voyais mes parents que pendant les vacances, et il m’est arrivé de ne pas rentrer chez moi pendant l’Aïd. J’ai beaucoup galéré pendant les deux premières années et là je commence à m’y habituer. »