Mon Assiette

Dis-moi comment tu manges je te dirai comment tu es !

Publié le
Dis-moi comment tu manges je te dirai comment tu es !

Envie de desserts, de petites crèmes ou de pâtisseries le soir quand la lumière baisse ? Envie d’un plat de pâtes bien garnies avec plein de fromage ? Les choix alimentaires ne sont pas anodins, ils en disent long sur la personnalité, et plus globalement sur une dynamique très complexe qui lie le cerveau et ses milliards de neurones, à notre perception des aliments qu’on voit, aux pulsions qui en découlent, et à notre comportement alimentaire.

par Sondes Khribi Khalifa

Sans s’improviser neuro-comportementaliste du jour au lendemain, voici pour vous une petite initiation au monde des neuromédiateurs et de leur impact sur nos choix alimentaires…

Les neurotransmetteurs…

Les neurotransmetteurs ou neuromédiateurs sont des cocktails de substances qui gouvernent nos émotions et ainsi nos stratégies comportementales. L’inclinaison à la joie, à la communication, à la combativité pour certains, à la tristesse pour d’autres, à la pudeur ou à l’extravagance est régie par ces substances, véhiculées dans le corps à de très petites doses il est vrai, mais dont l’impact est si puissant.

Les neurotransmetteurs se divisent en deux grandes catégories, ceux qui nous dynamisent et qui accélèrent nos paramètres vitaux, pour accomplir diverses tâches avec enthousiasme et énergie. Et ceux qui ralentissent au contraire la cadence, nous apaisent aussi, nous tranquillisent, et nous ramènent le soir vers le sommeil.  Il s’agit respectivement de dopamine et d’acétylcholine, de sérotonine et de gaba ensuite.

Pourquoi cocktail…Parce que chacun d’entre nous est gouverné par un cocktail donné de neurotransmetteurs. Chacun sa personnalité donc à la fin.

Ainsi, biologiquement parlant, si on est un grand transporteur de sérotonine par exemple, on sera quelqu’un de porté à la joie et au bonheur. Eh oui. Ça semble injuste de se voir ainsi déterminé à la naissance, mais ce n’est pas le cas. Car simplement au fur et à mesure de la vie et des expériences vécues, au fur et à mesure des choix de vie aussi et des différentes décisions (j’épouse telle personne, je me fais tels amis, je fais tel boulot, etc) nos prédispositions à transporter les divers neurotransmetteurs vont évoluer. On est qui on choisit d’être, pour dire les choses simplement.

Lien nourriture et personnalité

Nos choix alimentaires ne sont pas anodins mais largement liés à nos personnalités. Car nos personnalités sont (rappelez-vous) gouvernées biologiquement parlant, par ces cocktails de neurotransmetteurs.

Exemple : L’envie de sucré ou de chocolat traduit un manque dans un neurotransmetteur donné. L’envie… est la traduction d’une carence biologique, et l’envie est d’autant plus forte que la carence l’est. C’est donc ainsi qu’après une journée stressante et chargée émotionnellement on a une envie sourde de finir la tablette de chocolat qu’on a achetée, ou de manger un deuxième gâteau…On a envie d’apaisement, donc de sérotonine, et donc on va repérer instinctivement les aliments qui favorisent la production de cette substance.

Pourquoi instinctivement…parce qu’à chaque fois qu’on mange quelque chose, le corps mémorise l’effet de ce quelque chose sur lui, et le répertorie sur son disque dur, pour en demander lorsque le besoin se présente.

L’envie de choses onctueuses et grasses traduit, elle, un manque ou une demande du corps, en acétylcholine, le neuromédiateur du lien ou de la sensibilité. Ce n’est donc pas la même chose quand vous avez envie d’une crème ou d’une glace, ou quand vous avez envie de café, ou de viande…on pense que l’envie de viande par exemple traduit une demande en dopamine : j’ai besoin d’énergie, j’ai un challenge à relever, je veux prouver quelque chose au boulot dans cette réunion, etc. D’ailleurs, on dit que la viande est la nourriture préférée des personnes agressives ou qui font un métier assez stressant….que le sucré et les crèmes sont la nourriture préférée des femmes : lien et sensibilité… A vous de voir !

Les comportements alimentaires en disent long sur nos conflits intérieurs

Voilà une thèse de plus en plus défendue par des chercheurs qui font le lien entre stratégies comportementales (résultats de processus cognitifs ayant lieu au niveau du cerveau) et dynamique psychologique et émotionnelle. Ce qu’il faut comprendre c’est que la sphère de l’émotionnel n’est pas du tout isolée de la sphère du biologique ou de l’organique, tout ce qui se passe au niveau émotionnel marque notre métabolisme d’une façon ou d’une autre. Il s’en suit alors que nos comportements alimentaires sont à l’image de nos conflits intérieurs, ceux non résolus en l’occurrence. Car ce qui ne s’exprime pas s’imprime. Sous-entendre qu’il s’imprime au niveau de notre comportement, alimentaire aussi….Notre état de santé en sera inéluctablement influencé. 

Si vous mangez en faisant du bruit, si vous n’avez jamais faim mais mangez par habitude, si vous ne savez jamais quoi prendre au restau, si vous débarrassez vite la table, faites la vaisselle pour que tout disparaisse ! Ou si vous vous obligez (inconsciemment) à toujours finir votre assiette, même si vous n’avez plus faim….il faut lire derrière ces comportements un marquage par tel ou tel évènement du passé.

Mais loin de dresser une grille qui permettrait de décrypter chaque comportement, l’idée est de s’arrêter et de s’observer soi-même. Vous êtes la meilleure personne pour dire ce que signifie tel ou tel comportement, car personne ne vous connaît mieux que vous ! Et vous êtes la meilleure personne pour résoudre vos propres conflits. Souvent un conflit a juste besoin d’être pointé du doigt, pour que son impact sur votre comportement ou votre vie soit amoindri. Car il ne s’agit pas d’effacer le passé, rappelez-vous. Cela est impossible. Il s’agit d’accepter, ou de digérer…son propre passé.

Choix alimentaires et construction de la personnalité

Le choix alimentaire va à son tour orienter la personnalité. Car justement et c’est ce qui fait du phénomène un cercle d’influences mutuelles : ce que nous mangeons favorise en nous telle ou telle stratégie comportementale et donc tels ou tels aspects de notre personnalité. Le phénomène est assez complexe : nous mangeons avec nos neurones et nos neurotransmetteurs, mais ce que nous mangeons construit au fur et à mesure nos cocktails de neurotransmetteurs…

Un seul chiffre pour s’en convaincre : 95 % de la sérotonine se fabrique en dehors du cerveau, sur commande pancréatique, dans le pancréas justement et dans l’os. Edifiant oui !

Un choix alimentaire a toujours une conséquence  : il faut juste savoir que chaque micronutriment va nourrir la cellule d’une manière donnée, favoriser tel processus et inhiber tel autre, ça s’appelle la micro nutrition et on dit que c’est une des sciences de l’avenir…