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Récolte céréalière quantité abondante et qualité moyenne

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Récolte céréalière quantité abondante et qualité moyenne

Les estimations de productions céréalières totales avoisinent, cette année, les 23 millions de quintaux. La récolte de blé dur couvre 2/3 des besoins nationaux, celle de blé tendre couvre, comme à l’accoutumée, le 1/5 des besoins nationaux. Quant aux quantités récoltées d’orge et de triticale, elles sont quasiment suffisantes.

par Afef Horchani

 

«La récolte céréalière réalisée au cours de la campagne agricole 2010 – 2011 est assez bonne. Les estimations sont aux alentours de 23 millions de quintaux. Pour ce qui est des quantités de céréales collectées du 1er juin au 11 août 2011, elles ont dépassé les 10, 150 millions de quintaux répartis en blé dur ( 6, 345 millions de quintaux), blé tendre ( 1, 697 millions de quintaux), orge (2,081 millions de quintaux) et triticale (29, 719 mille de quintaux)», affirme M. Oussama Khriji, sous directeur des céréales à la direction générale de la production agricole au Ministère de l’agriculture et de l’environnement.

Les superficies emblavées en blé dur en Tunisie sont de l’ordre de 800 000 ha, contre 500 000 ha pour l’orge, 140 000 ha pour le blé tendre et environ 15 000 ha pour le triticale soit, respectivement 54%, 34%, 10% et 2% de la surface totale emblavée en céréales.

Consommé surtout sous forme de couscous, le blé dur était l’aliment de base de nos ancêtres les Berbères qui occupaient les pays nord-africains, dont le climat relativement sec convient le mieux à la production de ce type de blé et confère à ses grains une grande vitrosité et une dureté spécifique. Il répond au double besoin de la fabrication des semoules et l’utilisation de la paille pour l’alimentation du bétail en période de pénurie.

Récemment intégré dans nos habitudes alimentaires, le blé tendre, dont la qualité du grain dépend de la teneur en protéines (le gluten), peut être utilisé différemment : si le grain est riche en gluten, il est réservé à la fabrication du pain, des viennoiseries et des pâtisseries. En revanche, quand le grain est pauvre en gluten, il est utilisé en biscuiterie. De moindre qualité, le blé tendre est consommé par les animaux.

La culture de l’orge est bien connue en Tunisie et dans toute l’Afrique du Nord. Doyenne des céréales cultivées, elle constitue une des pierres angulaires du système d’alimentation qui s’adapte aux zones les plus sèches du pays (le centre et le sud). La brasserie est le principal débouché de l’orge.

Le triticale, hybride artificiel entre le blé et le seigle, est une plante annuelle de la famille des graminées dont la culture s’est développée depuis les années 1960. Il est cultivé surtout comme céréale fourragère.

Au point de vue quantité, la récolte céréalière est jugée, cette année, assez bonne. Ce jugement est-il valable pour la qualité des grains ?

«La qualité de la récolte est juste
moyenne. En fait, les pluies du mois du juin dernier ont eu de mauvaises retombées sur la qualité du blé tendre suite à l’émergence du phénomène des grains germés principalement dans les champs situés dans les gouvernorats de Jendouba, Béja et Siliana ainsi que l’augmentation du taux du mitadinage de blé dur (le mitadinage est l’apparition de portions farineuses dans l’albumen du blé dur alors que celui-ci est normalement vitreux).

Cela est dû au manque d’engrais azotés dans certaines régions», explique M. Khriji tout en poursuivant : «la détérioration de la qualité s’est répercutée sur les prix à la production. Ainsi, la moyenne est répartie, selon les variétés de céréales, entre 55 dinars le quintal de blé dur (contre un prix maximum de 60,580 le quintal), 44 dinars le quintal de blé tendre (contre un prix maximum de 45,700 le quintal) ».

Les céréales Une véritable richesse végétale

«Les produits céréaliers, à base de blé et d’orge sont d’une grande importance nutritionnelle. Ils sont indispensables pour un bon équilibre alimentaire puisqu’ils constituent une source alimentaire de glucides complexes, de protéines, de fibres et de certains minéraux et vitamines. Etant donné que les céréales sont riches en glucides, principal substrat énergétique de notre organisme, il est conseillé de les consommer lors des trois repas principaux de la journée en privilégiant les dérivés des céréales complètes » recommande Dr Henda Jamoussi médecin nutritionniste exerçant à l’Institut national de nutrition.

Pourquoi des produits céréaliers complets?

Dr Jamoussi nous répond comme suit « Tout simplement afin de tirer profit de l’entièreté comestible du grain. Je donne l’exemple du grain de blé, l’essentiel du grain, que l’on nomme endosperme est composé surtout d’amidon, le son ou l’enveloppe extérieure qui représente 15% du poids du grain est riche en fibres majoritairement insolubles, en vitamine B et en minéraux quant au germe ou l’embryon du grain, il représente moins de 3 % du poids du grain et comprend des antioxydants, des acides gras essentiels et de la vitamine E.

D’ailleurs, cette règle alimentaire d’or qui consiste en la consommation des céréales complètes ou entières s’applique à toutes les céréales (orge, avoine, maïs, sorgho, riz…) comestibles sous forme de grains, de semoule et de farines ».Et la praticienne d’argumenter ses recommandations nutritionnelles : « Consommés entiers, les produits à base de blé ( pain, pâtes alimentaires, semoule, farine…) représentent une mine de minéraux (phosphore, magnésium, fer, zinc et cuivre) et de vitamines (E, K et B1, B3, B5, B6 et B9) indispensables pour le métabolisme, la santé dentaire, le bon fonctionnement du système immunitaire, la formation des os, la fabrication de nouvelles cellules, la cicatrisation des plaies et le développement du fœtus. Pour ce qui est des fibres alimentaires du blé et des aliments à base de blé complet, présentes en quantités intéressantes, ont de multiples bénéfices pour la santé du consommateur, en l’occurrence, elles ont un pouvoir rassasiant, elles contribuent à la diminution de l’incidence de certains cancers, particulièrement le cancer du côlon, à la prévention des maladies cardiovasculaires, au contrôle du diabète sucré et à la régulation du transit intestinal. En ce qui concerne l’orge, elle est riche, comme toutes les céréales, en glucides complexes sous forme d’amidon et en fibres alimentaires. Aussi nutritive que le blé, l’orge, fortement associée au sentiment de satiété et considérée comme un laxatif très doux, elle est riche en bêta-glucanes aidant à abaisser le taux de cholestérol et à régulariser la glycémie, comme elle contient des tocotriénols (une forme de vitamine E particulièrement bénéfique).Il est conseillé de privilégier la consommation des plats traditionnels à base de céréales complètes tels que la bsissa (blé ou orge) lors du petit déjeuner et de limiter la consommation des produits à base de céréales raffinées (croissants et pains au chocolat) qui contribuent à l’augmentation du risque de l’obésité. Par ailleurs, consommer davantage le pain complet à base d’orge, le malthouth, la chorba frik, le boulghour aide à préserver la bonne santé grâce à leur haute valeur nutritive. ■