Archives pour la catégorie Non classé

Livret Santé

Des médecins se mobilisent pour la bonne cause

Publié le
Des médecins se mobilisent pour la bonne cause

Rappelons que la HTA est un « silent killer » et est à l’origine de deux tiers des maladies cardiovasculaires : un Tunisien sur trois souffre d’une tension artérielle élevée. Le diabète touche près d’un Tunisien sur dix et la plupart des diabétiques ne suivent pas une hygiène de vie adaptée. En effet, dans le monde, on est passé de 30 millions de malades en 1987 à 371 millions de patients diabétiques et selon une récente étude, le nombre de malades va atteindre un demi-milliard en 2030. Des médecins, des internes, et des médecins résidents de différentes spécialités étaient présents pour exprimer leur volonté et leur engagement à travailler dans les régions pour promouvoir le secteur de la santé dans notre pays.

« Je suis résident en réanimation. Nous avons réuni aujourd’hui les internes, les résidents et les étudiants de la Faculté de médecine de Tunis pour faire une campagne sur l’hypertension artérielle et le diabète, à l’avenue Habib Bourguiba, dans le cadre d’un mouvement pour sensibiliser les gens à l’encontre du projet de loi 38/2013. Ce projet de loi qui exige des médecins de travailler pendant trois ans dans les zones à priorité sanitaire. Nous avons voulu sensibiliser les gens pour leur expliquer que nous ne refusons pas d’exercer dans ces zones. Nous sommes prêts à sauver l’hôpital public mais nous sommes contre le caractère obligatoire de cette loi ; c’est pour ça qu’on veut parler et toucher le citoyen tunisien. Le but le plus important de cette campagne est la sensibilisation. Le message que nous voulons transmettre, c’est que nous voulons travailler dans les régions de l’intérieur, on veut aider les gens. En revanche, nous sommes contre l’état actuel des choses. Actuellement, les hôpitaux sont presque en arrêt. A la faculté de médecine, les étudiants n’ont pas passé les examens. Nous voulons retrouver nos malades, retrouver nos hôpitaux, mais nous nous heurtons à l’entêtement du ministre de la Santé publique, qui refuse, pour des buts électoraux, d’aider à résoudre le problème des hôpitaux publics. Par conséquent, nous avons voulu, à travers cette journée portes ouvertes, toucher le citoyen tunisien, le sensibiliser et lui dire que nous voulons aller dans ces zones mais que cette loi est arbitraire. Ce projet de loi est inapproprié et cette loi, ne résout pas finalement, le problème des régions de l’intérieur. Le caractère obligatoire ne va pas constituer une solution mais il va empêcher le recrutement dans le secteur public. Il va ruiner le secteur public au profit du secteur privé. »

Le but de notre campagne de dépistage c’est de sensibiliser les gens à notre cause tout en œuvrant pour le bien de la population. En effet, le caractère obligatoire de cette loi ne résout pas le problème de recrutement vers les régions de l’intérieur du pays ; car, si cette loi est appliquée, le Ministère ne recrutera plus de jeunes médecins pour le long terme et, par conséquent, ces derniers vont se retrouver, après trois années de service dans les hôpitaux régionaux, obligés de rentrer chez eux, sans aucune garantie de travail, c’est donc une

« solution » temporaire.

En revanche, si on recrute des médecins, à plus long terme, il faudrait construire un service, apporter un matériel et résoudre vraiment les problèmes de santé publique des régions de l’intérieur. C’est l’objectif de notre campagne de sensibilisation des citoyens et, en même temps, de faire un dépistage de diabète et de HTA, considérées comme les maladies chroniques les plus fréquentes dans notre pays, et leur donner des
conseils diététiques. »

Quel est votre rôle dans cette campagne ?

 

Je suis venue participer à cette campagne de dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète qui est ouverte à tout le monde parce que ce dépistage constitue un moyen de sensibilisation des citoyens à notre problème actuel. Ce problème réside en un projet de loi qui oblige les médecins spécialistes à travailler dans le secteur public pendant une durée bien déterminée et ceci, à notre avis, va premièrement, empêcher tout recrutement dans le secteur public et, deuxièmement, le fait d’aller travailler dans certaines régions où il n’y a pas le matériel et le plateau techniques nécessaires, va rendre très difficile la pratique de notre travail ; le médecin n’aura pas les moyens adéquats pour traiter ses patients dans les meilleures conditions possibles. Il ne s’agit pas de refuser le travail dans les régions de l’intérieur du pays et dans les zones rurales. Nous, les médecins, notre principale demande c’est de nous fournir les équipements nécessaires pour la pratique de notre travail dans les meilleures conditions possibles.

 

Quelles sont les conditions de travail à l’hôpital public ?

 

Essayez de voir les grands hôpitaux et les grands centres hospitalo-universitaires de Tunis, tels que l’hôpital Charles Nicolle ou la Rabta, considérés comme des hôpitaux de référence en Tunisie, vous vous apercevrez du manque flagrant de beaucoup de matériel. Alors, que dire des hôpitaux des régions de l’intérieur du pays ? Certes, on veut bien travailler et aider les gens, on veut bien organiser et participer à des journées de dépistage, mais travailler dans des conditions ardues comme dans les régions de l’intérieur, c’est très difficile pour sauver des vies.

 

Quelle est la solution, selon vous ?

 

Nos seniors et nos professeurs hospitalo-universitaires ont proposé beaucoup de solutions. Parmi ces solutions, ils proposent l’instauration d’une procédure de partenariat permettant de rattacher les hôpitaux régionaux aux facultés de médecine. Par conséquent, il y aura toute une équipe composée de résidents, d’assistants, et de professeurs rattachés à ces hôpitaux. Les malades pourront ainsi bénéficier des soins nécessaires. Il y aura donc des médecins qui se déplaceront, d’une façon continue et régulière pour le bien du malade. S’il y a des cas difficiles à prendre en charge dans les hôpitaux régionaux, ils seront transférés dans les hôpitaux hospitalo-universitaires et des médecins vont pouvoir se déplacer régulièrement. Nous serons ainsi encadrés par des professeurs. En effet, un jeune médecin, au début de sa carrière a besoin d’être encadré, c’est rassurant aussi bien pour lui que pour le patient, ce qui augmenterait la chance de sauver la vie des patients. Par conséquent, on peut envoyer ou transférer le malade dans un service bien déterminé sans risque pour sa santé.

Livret Santé
Publié le

Rappelons que la HTA est un « silent killer » et est à l’origine de deux tiers des maladies cardiovasculaires : un Tunisien sur trois souffre d’une tension artérielle élevée. Le diabète touche près d’un Tunisien sur dix et la plupart des diabétiques ne suivent pas une hygiène de vie adaptée. En effet, dans le monde, on est passé de 30 millions de malades en 1987 à 371 millions de patients diabétiques et selon une récente étude, le nombre de malades va atteindre un demi-milliard en 2030. Des médecins, des internes, et des médecins résidents de différentes spécialités étaient présents pour exprimer leur volonté et leur engagement à travailler dans les régions pour promouvoir le secteur de la santé dans notre pays.

« Je suis résident en réanimation. Nous avons réuni aujourd’hui les internes, les résidents et les étudiants de la Faculté de médecine de Tunis pour faire une campagne sur l’hypertension artérielle et le diabète, à l’avenue Habib Bourguiba, dans le cadre d’un mouvement pour sensibiliser les gens à l’encontre du projet de loi 38/2013. Ce projet de loi qui exige des médecins de travailler pendant trois ans dans les zones à priorité sanitaire. Nous avons voulu sensibiliser les gens pour leur expliquer que nous ne refusons pas d’exercer dans ces zones. Nous sommes prêts à sauver l’hôpital public mais nous sommes contre le caractère obligatoire de cette loi ; c’est pour ça qu’on veut parler et toucher le citoyen tunisien. Le but le plus important de cette campagne est la sensibilisation. Le message que nous voulons transmettre, c’est que nous voulons travailler dans les régions de l’intérieur, on veut aider les gens. En revanche, nous sommes contre l’état actuel des choses. Actuellement, les hôpitaux sont presque en arrêt. A la faculté de médecine, les étudiants n’ont pas passé les examens. Nous voulons retrouver nos malades, retrouver nos hôpitaux, mais nous nous heurtons à l’entêtement du ministre de la Santé publique, qui refuse, pour des buts électoraux, d’aider à résoudre le problème des hôpitaux publics. Par conséquent, nous avons voulu, à travers cette journée portes ouvertes, toucher le citoyen tunisien, le sensibiliser et lui dire que nous voulons aller dans ces zones mais que cette loi est arbitraire. Ce projet de loi est inapproprié et cette loi, ne résout pas finalement, le problème des régions de l’intérieur. Le caractère obligatoire ne va pas constituer une solution mais il va empêcher le recrutement dans le secteur public. Il va ruiner le secteur public au profit du secteur privé. »

Le but de notre campagne de dépistage c’est de sensibiliser les gens à notre cause tout en œuvrant pour le bien de la population. En effet, le caractère obligatoire de cette loi ne résout pas le problème de recrutement vers les régions de l’intérieur du pays ; car, si cette loi est appliquée, le Ministère ne recrutera plus de jeunes médecins pour le long terme et, par conséquent, ces derniers vont se retrouver, après trois années de service dans les hôpitaux régionaux, obligés de rentrer chez eux, sans aucune garantie de travail, c’est donc une

« solution » temporaire.

En revanche, si on recrute des médecins, à plus long terme, il faudrait construire un service, apporter un matériel et résoudre vraiment les problèmes de santé publique des régions de l’intérieur. C’est l’objectif de notre campagne de sensibilisation des citoyens et, en même temps, de faire un dépistage de diabète et de HTA, considérées comme les maladies chroniques les plus fréquentes dans notre pays, et leur donner des
conseils diététiques. »

Quel est votre rôle dans cette campagne ?

 

Je suis venue participer à cette campagne de dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète qui est ouverte à tout le monde parce que ce dépistage constitue un moyen de sensibilisation des citoyens à notre problème actuel. Ce problème réside en un projet de loi qui oblige les médecins spécialistes à travailler dans le secteur public pendant une durée bien déterminée et ceci, à notre avis, va premièrement, empêcher tout recrutement dans le secteur public et, deuxièmement, le fait d’aller travailler dans certaines régions où il n’y a pas le matériel et le plateau techniques nécessaires, va rendre très difficile la pratique de notre travail ; le médecin n’aura pas les moyens adéquats pour traiter ses patients dans les meilleures conditions possibles. Il ne s’agit pas de refuser le travail dans les régions de l’intérieur du pays et dans les zones rurales. Nous, les médecins, notre principale demande c’est de nous fournir les équipements nécessaires pour la pratique de notre travail dans les meilleures conditions possibles.

 

Quelles sont les conditions de travail à l’hôpital public ?

 

Essayez de voir les grands hôpitaux et les grands centres hospitalo-universitaires de Tunis, tels que l’hôpital Charles Nicolle ou la Rabta, considérés comme des hôpitaux de référence en Tunisie, vous vous apercevrez du manque flagrant de beaucoup de matériel. Alors, que dire des hôpitaux des régions de l’intérieur du pays ? Certes, on veut bien travailler et aider les gens, on veut bien organiser et participer à des journées de dépistage, mais travailler dans des conditions ardues comme dans les régions de l’intérieur, c’est très difficile pour sauver des vies.

 

Quelle est la solution, selon vous ?

 

Nos seniors et nos professeurs hospitalo-universitaires ont proposé beaucoup de solutions. Parmi ces solutions, ils proposent l’instauration d’une procédure de partenariat permettant de rattacher les hôpitaux régionaux aux facultés de médecine. Par conséquent, il y aura toute une équipe composée de résidents, d’assistants, et de professeurs rattachés à ces hôpitaux. Les malades pourront ainsi bénéficier des soins nécessaires. Il y aura donc des médecins qui se déplaceront, d’une façon continue et régulière pour le bien du malade. S’il y a des cas difficiles à prendre en charge dans les hôpitaux régionaux, ils seront transférés dans les hôpitaux hospitalo-universitaires et des médecins vont pouvoir se déplacer régulièrement. Nous serons ainsi encadrés par des professeurs. En effet, un jeune médecin, au début de sa carrière a besoin d’être encadré, c’est rassurant aussi bien pour lui que pour le patient, ce qui augmenterait la chance de sauver la vie des patients. Par conséquent, on peut envoyer ou transférer le malade dans un service bien déterminé sans risque pour sa santé.

Livret Santé
Publié le

Rappelons que la HTA est un « silent killer » et est à l’origine de deux tiers des maladies cardiovasculaires : un Tunisien sur trois souffre d’une tension artérielle élevée. Le diabète touche près d’un Tunisien sur dix et la plupart des diabétiques ne suivent pas une hygiène de vie adaptée. En effet, dans le monde, on est passé de 30 millions de malades en 1987 à 371 millions de patients diabétiques et selon une récente étude, le nombre de malades va atteindre un demi-milliard en 2030. Des médecins, des internes, et des médecins résidents de différentes spécialités étaient présents pour exprimer leur volonté et leur engagement à travailler dans les régions pour promouvoir le secteur de la santé dans notre pays.

« Je suis résident en réanimation. Nous avons réuni aujourd’hui les internes, les résidents et les étudiants de la Faculté de médecine de Tunis pour faire une campagne sur l’hypertension artérielle et le diabète, à l’avenue Habib Bourguiba, dans le cadre d’un mouvement pour sensibiliser les gens à l’encontre du projet de loi 38/2013. Ce projet de loi qui exige des médecins de travailler pendant trois ans dans les zones à priorité sanitaire. Nous avons voulu sensibiliser les gens pour leur expliquer que nous ne refusons pas d’exercer dans ces zones. Nous sommes prêts à sauver l’hôpital public mais nous sommes contre le caractère obligatoire de cette loi ; c’est pour ça qu’on veut parler et toucher le citoyen tunisien. Le but le plus important de cette campagne est la sensibilisation. Le message que nous voulons transmettre, c’est que nous voulons travailler dans les régions de l’intérieur, on veut aider les gens. En revanche, nous sommes contre l’état actuel des choses. Actuellement, les hôpitaux sont presque en arrêt. A la faculté de médecine, les étudiants n’ont pas passé les examens. Nous voulons retrouver nos malades, retrouver nos hôpitaux, mais nous nous heurtons à l’entêtement du ministre de la Santé publique, qui refuse, pour des buts électoraux, d’aider à résoudre le problème des hôpitaux publics. Par conséquent, nous avons voulu, à travers cette journée portes ouvertes, toucher le citoyen tunisien, le sensibiliser et lui dire que nous voulons aller dans ces zones mais que cette loi est arbitraire. Ce projet de loi est inapproprié et cette loi, ne résout pas finalement, le problème des régions de l’intérieur. Le caractère obligatoire ne va pas constituer une solution mais il va empêcher le recrutement dans le secteur public. Il va ruiner le secteur public au profit du secteur privé. »

Le but de notre campagne de dépistage c’est de sensibiliser les gens à notre cause tout en œuvrant pour le bien de la population. En effet, le caractère obligatoire de cette loi ne résout pas le problème de recrutement vers les régions de l’intérieur du pays ; car, si cette loi est appliquée, le Ministère ne recrutera plus de jeunes médecins pour le long terme et, par conséquent, ces derniers vont se retrouver, après trois années de service dans les hôpitaux régionaux, obligés de rentrer chez eux, sans aucune garantie de travail, c’est donc une

« solution » temporaire.

En revanche, si on recrute des médecins, à plus long terme, il faudrait construire un service, apporter un matériel et résoudre vraiment les problèmes de santé publique des régions de l’intérieur. C’est l’objectif de notre campagne de sensibilisation des citoyens et, en même temps, de faire un dépistage de diabète et de HTA, considérées comme les maladies chroniques les plus fréquentes dans notre pays, et leur donner des
conseils diététiques. »

Quel est votre rôle dans cette campagne ?

 

Je suis venue participer à cette campagne de dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète qui est ouverte à tout le monde parce que ce dépistage constitue un moyen de sensibilisation des citoyens à notre problème actuel. Ce problème réside en un projet de loi qui oblige les médecins spécialistes à travailler dans le secteur public pendant une durée bien déterminée et ceci, à notre avis, va premièrement, empêcher tout recrutement dans le secteur public et, deuxièmement, le fait d’aller travailler dans certaines régions où il n’y a pas le matériel et le plateau techniques nécessaires, va rendre très difficile la pratique de notre travail ; le médecin n’aura pas les moyens adéquats pour traiter ses patients dans les meilleures conditions possibles. Il ne s’agit pas de refuser le travail dans les régions de l’intérieur du pays et dans les zones rurales. Nous, les médecins, notre principale demande c’est de nous fournir les équipements nécessaires pour la pratique de notre travail dans les meilleures conditions possibles.

 

Quelles sont les conditions de travail à l’hôpital public ?

 

Essayez de voir les grands hôpitaux et les grands centres hospitalo-universitaires de Tunis, tels que l’hôpital Charles Nicolle ou la Rabta, considérés comme des hôpitaux de référence en Tunisie, vous vous apercevrez du manque flagrant de beaucoup de matériel. Alors, que dire des hôpitaux des régions de l’intérieur du pays ? Certes, on veut bien travailler et aider les gens, on veut bien organiser et participer à des journées de dépistage, mais travailler dans des conditions ardues comme dans les régions de l’intérieur, c’est très difficile pour sauver des vies.

 

Quelle est la solution, selon vous ?

 

Nos seniors et nos professeurs hospitalo-universitaires ont proposé beaucoup de solutions. Parmi ces solutions, ils proposent l’instauration d’une procédure de partenariat permettant de rattacher les hôpitaux régionaux aux facultés de médecine. Par conséquent, il y aura toute une équipe composée de résidents, d’assistants, et de professeurs rattachés à ces hôpitaux. Les malades pourront ainsi bénéficier des soins nécessaires. Il y aura donc des médecins qui se déplaceront, d’une façon continue et régulière pour le bien du malade. S’il y a des cas difficiles à prendre en charge dans les hôpitaux régionaux, ils seront transférés dans les hôpitaux hospitalo-universitaires et des médecins vont pouvoir se déplacer régulièrement. Nous serons ainsi encadrés par des professeurs. En effet, un jeune médecin, au début de sa carrière a besoin d’être encadré, c’est rassurant aussi bien pour lui que pour le patient, ce qui augmenterait la chance de sauver la vie des patients. Par conséquent, on peut envoyer ou transférer le malade dans un service bien déterminé sans risque pour sa santé.

Livret Santé
Publié le

Rappelons que la HTA est un « silent killer » et est à l’origine de deux tiers des maladies cardiovasculaires : un Tunisien sur trois souffre d’une tension artérielle élevée. Le diabète touche près d’un Tunisien sur dix et la plupart des diabétiques ne suivent pas une hygiène de vie adaptée. En effet, dans le monde, on est passé de 30 millions de malades en 1987 à 371 millions de patients diabétiques et selon une récente étude, le nombre de malades va atteindre un demi-milliard en 2030. Des médecins, des internes, et des médecins résidents de différentes spécialités étaient présents pour exprimer leur volonté et leur engagement à travailler dans les régions pour promouvoir le secteur de la santé dans notre pays.

« Je suis résident en réanimation. Nous avons réuni aujourd’hui les internes, les résidents et les étudiants de la Faculté de médecine de Tunis pour faire une campagne sur l’hypertension artérielle et le diabète, à l’avenue Habib Bourguiba, dans le cadre d’un mouvement pour sensibiliser les gens à l’encontre du projet de loi 38/2013. Ce projet de loi qui exige des médecins de travailler pendant trois ans dans les zones à priorité sanitaire. Nous avons voulu sensibiliser les gens pour leur expliquer que nous ne refusons pas d’exercer dans ces zones. Nous sommes prêts à sauver l’hôpital public mais nous sommes contre le caractère obligatoire de cette loi ; c’est pour ça qu’on veut parler et toucher le citoyen tunisien. Le but le plus important de cette campagne est la sensibilisation. Le message que nous voulons transmettre, c’est que nous voulons travailler dans les régions de l’intérieur, on veut aider les gens. En revanche, nous sommes contre l’état actuel des choses. Actuellement, les hôpitaux sont presque en arrêt. A la faculté de médecine, les étudiants n’ont pas passé les examens. Nous voulons retrouver nos malades, retrouver nos hôpitaux, mais nous nous heurtons à l’entêtement du ministre de la Santé publique, qui refuse, pour des buts électoraux, d’aider à résoudre le problème des hôpitaux publics. Par conséquent, nous avons voulu, à travers cette journée portes ouvertes, toucher le citoyen tunisien, le sensibiliser et lui dire que nous voulons aller dans ces zones mais que cette loi est arbitraire. Ce projet de loi est inapproprié et cette loi, ne résout pas finalement, le problème des régions de l’intérieur. Le caractère obligatoire ne va pas constituer une solution mais il va empêcher le recrutement dans le secteur public. Il va ruiner le secteur public au profit du secteur privé. »

Le but de notre campagne de dépistage c’est de sensibiliser les gens à notre cause tout en œuvrant pour le bien de la population. En effet, le caractère obligatoire de cette loi ne résout pas le problème de recrutement vers les régions de l’intérieur du pays ; car, si cette loi est appliquée, le Ministère ne recrutera plus de jeunes médecins pour le long terme et, par conséquent, ces derniers vont se retrouver, après trois années de service dans les hôpitaux régionaux, obligés de rentrer chez eux, sans aucune garantie de travail, c’est donc une

« solution » temporaire.

En revanche, si on recrute des médecins, à plus long terme, il faudrait construire un service, apporter un matériel et résoudre vraiment les problèmes de santé publique des régions de l’intérieur. C’est l’objectif de notre campagne de sensibilisation des citoyens et, en même temps, de faire un dépistage de diabète et de HTA, considérées comme les maladies chroniques les plus fréquentes dans notre pays, et leur donner des
conseils diététiques. »

Quel est votre rôle dans cette campagne ?

 

Je suis venue participer à cette campagne de dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète qui est ouverte à tout le monde parce que ce dépistage constitue un moyen de sensibilisation des citoyens à notre problème actuel. Ce problème réside en un projet de loi qui oblige les médecins spécialistes à travailler dans le secteur public pendant une durée bien déterminée et ceci, à notre avis, va premièrement, empêcher tout recrutement dans le secteur public et, deuxièmement, le fait d’aller travailler dans certaines régions où il n’y a pas le matériel et le plateau techniques nécessaires, va rendre très difficile la pratique de notre travail ; le médecin n’aura pas les moyens adéquats pour traiter ses patients dans les meilleures conditions possibles. Il ne s’agit pas de refuser le travail dans les régions de l’intérieur du pays et dans les zones rurales. Nous, les médecins, notre principale demande c’est de nous fournir les équipements nécessaires pour la pratique de notre travail dans les meilleures conditions possibles.

 

Quelles sont les conditions de travail à l’hôpital public ?

 

Essayez de voir les grands hôpitaux et les grands centres hospitalo-universitaires de Tunis, tels que l’hôpital Charles Nicolle ou la Rabta, considérés comme des hôpitaux de référence en Tunisie, vous vous apercevrez du manque flagrant de beaucoup de matériel. Alors, que dire des hôpitaux des régions de l’intérieur du pays ? Certes, on veut bien travailler et aider les gens, on veut bien organiser et participer à des journées de dépistage, mais travailler dans des conditions ardues comme dans les régions de l’intérieur, c’est très difficile pour sauver des vies.

 

Quelle est la solution, selon vous ?

 

Nos seniors et nos professeurs hospitalo-universitaires ont proposé beaucoup de solutions. Parmi ces solutions, ils proposent l’instauration d’une procédure de partenariat permettant de rattacher les hôpitaux régionaux aux facultés de médecine. Par conséquent, il y aura toute une équipe composée de résidents, d’assistants, et de professeurs rattachés à ces hôpitaux. Les malades pourront ainsi bénéficier des soins nécessaires. Il y aura donc des médecins qui se déplaceront, d’une façon continue et régulière pour le bien du malade. S’il y a des cas difficiles à prendre en charge dans les hôpitaux régionaux, ils seront transférés dans les hôpitaux hospitalo-universitaires et des médecins vont pouvoir se déplacer régulièrement. Nous serons ainsi encadrés par des professeurs. En effet, un jeune médecin, au début de sa carrière a besoin d’être encadré, c’est rassurant aussi bien pour lui que pour le patient, ce qui augmenterait la chance de sauver la vie des patients. Par conséquent, on peut envoyer ou transférer le malade dans un service bien déterminé sans risque pour sa santé.