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Cancer : Diagnostic et traitements, où en est-on ?

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Cancer : Diagnostic et traitements, où en est-on ?

On entend parler des avancées scientifiques chaque jour, et le domaine de la médecine et de l’oncologie ne font pas exception. Il y aurait même un vaccin paraît-il ! La prochaine génération ne mourra plus du cancer peut-on même lire dans certains articles ! Mais cela s’applique-t-il à la Tunisie ? Quels sont les traitements qui sont à notre disposition ?

par Myriam Bennour Azooz

Différents traitements peuvent être proposés dans le cas d’un cancer du sein. Il s’agit de la chirurgie, de la chimiothérapie, de la radiothérapie de l’hormonothérapie et des traitements ciblés. Il arrive même qu’une association de traitement soit utile pour mieux maîtriser la maladie. On peut ainsi réaliser une chirurgie et compléter le traitement par une chimiothérapie ou uniquement une radiothérapie.

Pourquoi traite-t-on ?

Les traitements peuvent avoir différents objectifs, cela peut être, bien entendu la suppression de la tumeur, sinon le ralentissement de son développement. Ou encore la réduction du risque de récidive. Enfin, le choix du traitement peut se baser sur la recherche d’un meilleur confort et d’une certaine qualité de vie pour la personne malade, en cherchant à traiter les symptômes secondaires.

La chirurgie

La mastectomie est généralement le premier traitement entrepris. Elle peut être partielle (tumorectomie) ou totale. Le type de chirurgie exercée dépend principalement de la taille, du type et de la localisation de la tumeur. Une chirurgie aux ganglions lymphatiques de l’aisselle du côté atteint y est très souvent associée. En effet, la biopsie de ces ganglions est très utile dans la détermination du stade d’évolution (savoir si le cancer a atteint les ganglions ou non) afin d’être plus à même de choisir le meilleur traitement par la suite.

La chimiothérapie

Ce mode de traitement repose sur l’utilisation de médicaments anticancéreux qui agissent sur les cellules cancéreuses où qu’elles puissent être dans le corps. Cela est d’autant plus utile pour les cellules qui n’auraient pas été localisées lors des différents examens. La chimiothérapie peut aussi être proposée avant une opération afin de limiter la taille de la tumeur et ainsi éviter de recourir à une mastectomie totale. Ils peuvent être administrés par perfusion ou par voie orale. Le choix du recours ou non à la chimiothérapie dépend principalement du stade d’évolution de la maladie.

La radiothérapie

La radiothérapie utilise des rayonnements ionisants afin de détruire les cellules cancéreuses. Dans la majorité des cas de cancer du sein, la radiothérapie utilise une source externe de rayonnements dirigée à travers la peau vers la zone à traiter tout en essayant de préserver les parties saines. Ce traitement est rarement proposé après une mastectomie totale.

L’hormonothérapie

Certains types de cancer du sein peuvent être hormonosensibles, c’est-à-dire possédant des récepteurs hormonaux. Les hormones féminines ont ainsi un effet stimulant sur la croissance et la multiplication des cellules cancéreuses. Dans ces cas-là, un traitement à base d’hormones est proposé, afin de cibler lesdits récepteurs et de contrer l’effet des hormones féminines.

Les traitements ciblés

De nos jours, il existe certains médicaments capables de bloquer l’action de gènes spécifiques. Ainsi, pour certains types de cancer du sein dont les cellules cancéreuses sur-expriment le gène HER2, un médicament peut être indiqué afin d’en limiter l’action.

L’avis du spécialiste Raoudha Zarrouk  présidente de l’Association des Malades du Cancer (AMC)

Les traitements ciblés

De par le rôle important qu’occupe l’association AMC dans le circuit de prise en charge des personnes atteintes du cancer, et notamment du cancer du sein, nous sommes en bonne place pour constater les différences qui peuvent exister entre les traitements qui se font en Tunisie, en comparaison à ceux que l’on peut trouver dans le monde.

La grande différence se situe au niveau des traitements ciblés. En effet, il s’agit de traitements médicamenteux qui, dans certains cas de cancers peuvent inhiber la multiplication cellulaire de la mutation responsable de cette pathologie. Ce sont là des traitements très coûteux qui sont généralement fournis par la CNAM. Mais du fait des problèmes économiques que subit le pays, certains traitements deviennent de moins en moins disponibles.

Les formes génériques

En réponse à ce manque de disponibilité et au problème de coût qui résultent de cette situation (il s’agit de traitements importés), des formes génériques existent depuis un moment. Celles-ci sont même fabriquées par des laboratoires présents sur le territoire tunisien.
Cela était donc censé résoudre le problème de coût qui limitaient l’accès à plusieurs malades du cancer du sein à ce traitement, pourtant très efficace et surtout moins invasif que les autres modes de soins disponibles. Mais là encore, les patients se heurtent au manque de soutien de l’Etat. En effet, les contrôles obligatoires que subissent les laboratoires par l’Etat ne se font qu’en début de production. Par la suite, il s’avère que les normes sont parfois moins respectées. L’Association encourage donc fortement à la mise en place d’un système de suivi et de contrôle permanent tout au long du processus de fabrication des traitements génériques afin d’en garantir l’efficacité mais aussi l’innocuité.

L’Association prend donc ces différents malades en charge, et nous nous assurons qu’ils ont un traitement dermatologique adéquat. Mais pour d’autres, moins chanceux, nous avons pu déplorer des cas de décès dus, non pas à la maladie, mais aux effets secondaires non pris en compte. Là encore, nous ne pouvons blâmer personne, puisque les hôpitaux à Tunis, souffrent d’un encombrement de taille qui, malheureusement, fait que le personnel soignant est dans l’incapacité de réaliser une prise en charge vraiment globale du malade du cancer.

L’encombrement des hôpitaux

L’association intervient le plus souvent auprès des patients qui se font soigner en hôpital. Nous nous retrouvons donc très souvent confrontés à la situation difficile que connaissent ces centres de soins, pourtant indispensables.
Il est de fait connu que les hôpitaux tunisiens sont submergés de travail et manquent très souvent de moyens autant financiers qu’humains. Et dans le cas très délicat d’une femme atteinte d’un cancer du sein, le bien-être global, plus encore, une bonne qualité de vie, sont une part importante dans le processus de guérison ou du moins dans l’acquisition d’un minimum de confort pour supporter, voire surmonter, la maladie.
A l’AMC, nous sommes fortement convaincus que l’accès à une bonne qualité de vie est un droit pour le malade. Nous disons d’ailleurs : « un traitement décent pour une qualité de vie meilleure et digne ». Mais dans la situation actuelle que connaissent les hôpitaux, il apparaît impossible que les malades soient pris en charge de manière globale, il n’y a ni les moyens humains ni matériels pour le faire. Et cela risque indubitablement de compromettre la qualité des traitements reçus.

Le rôle de l’Association des Malades du Cancer

Le rôle premier que se donne l’Association est de faciliter et raccourcir le circuit que suit le malade dans tout son processus, à savoir, les rendez-vous médicaux, l’imagerie, les traitements, la CNAM… et pour ce faire, elle intervient à différents niveaux dont les hôpitaux, mais aussi la CNAM, les ministères en charge (de la Santé et des Affaires sociales).

Pour les malades à revenus limités, nous tentons de faire notre maximum, à travers le payement de certains frais médicaux, la prise en charge d’imagerie, d’opérations auprès des cliniques.
L’AMC prend en charge aussi chaque année des opérations de reconstruction mammaire pour celles ayant subi une ablation.
L’AMC a des branches à Jerba et à Gabès, et des antennes à Sfax, Aïn Draham et Gafsa. Le rôle de celles-ci est d’être à l’écoute des personnes malades et de leur venir en aide autant que faire se peut. Dans ses locaux, l’AMC a d’ailleurs prévu un espace de logement (avec chambres, cuisines, WC et douches) à la disposition des malades qui habitent loin, et plus largement à celles et ceux qui en ont besoin.
Enfin, l’Association des Malades du Cancer dispose d’une aide juridique de même que d’une psychologue disponible tous les jours au local de l’Association pour l’écoute des malades mais aussi de leurs proches.

Pour donner à l’association et contribuer au bien-être des malades du cancer :
RIB : 01005034111200348973