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Cancer du col de l’utérus Le vaccin en (6) question(s)

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Cancer du col de l’utérus Le vaccin en (6) question(s)

Le cancer du col de l’utérus est la 2ème cause de décès par cancer chez la femme en Tunisie, désormais 13ème dans le classement des cancers les plus meurtriers chez la femme en 2010. Rassurant ? Oui et non. On dénombre environ 300 nouveaux cas et décès chaque année dans notre pays. Des chiffres trop importants quand on sait que la maladie pourrait être évitée grâce à la vaccination et à un dépistage régulier. Le point en six questions.

par Samantha Ben-Rehouma

Le cancer du col de l’utérus se développe le plus fréquemment à partir d’une infection persistante par un virus appelé Papilloma virus (HPV). Les femmes sexuellement actives ont plus de chances de contracter ce virus, mais nombreuses sont celles dont l’organisme s’en débarrassera naturellement. Cependant et vu que la réinfection est constante, ce virus entraîne dans certains cas des lésions sur la muqueuse du col, qui provoqueront l’apparition d’un cancer. Mais les médecins estiment qu’une période d’une quinzaine d’années sépare les premières manifestations de la persistance virale et la survenue d’un cancer du col de l’utérus. Ainsi, le dépistage régulier (grâce au frottis) de ces lésions de la muqueuse est impératif, afin de repérer au plus tôt les lésions.

 Le vaccin, c’est pour qui ?

Il s’adresse essentiellement aux jeunes femmes âgées de 10 à 25 et à celles ayant eu un premier rapport sexuel.

 Comment faire pour se vacciner ?

La vaccination est prescrite par un gynécologue ou un médecin traitant. L’efficacité du vaccin présent sur le marché (Cervarix) repose sur trois injections espacées sur six mois, (prise en charge par certaines assurances à 100%). Une adolescente qui ne réalise qu’une ou deux injections n’est pas suffisamment protégée. À noter : le vaccin n’est pas obligatoire, mais il reste le meilleur moyen pour se protéger contre le cancer du col de l’utérus.

 Est-il efficace ?

Les premiers travaux menés depuis la mise en place des vaccins, en 2007, montrent que la protection est maintenue si les trois injections ont bien été réalisées. Toutefois, les autorités sanitaires ne sont pas en mesure de donner une réponse ferme et définitive sur leur efficacité.

Passés 25 ans, comment se protéger ?

Une seule solution : le dépistage. Le cancer peut être dépisté par un simple frottis, lors d’un examen gynécologique. Il doit être réalisé tous les trois ans, après deux frottis annuels normaux, pour les femmes de 25 à 65 ans. Contrairement aux idées reçues, le préservatif ne protège pas contre les papillomavirus car la peau à proximité immédiate de la zone génitale non couverte peut également porter le virus.

Une fois vaccinée, le dépistage est-il encore utile

Oui. Le dépistage doit être poursuivi en synergie avec la vaccination. Les vaccins protègent contre des lésions dues aux HPV 16 et 18 (les plus fréquentes) toutefois, on dénombre une quinzaine d’HPV potentiellement oncogènes. Il est à préciser que le vaccin n’est pas thérapeutique chez les porteuses ayant déjà des lésions associées aux virus 16 et 18.

 Que se passe-t-il si le frottis est anormal ?

En cas d’anomalie révélée par le frottis, le médecin pratiquera une biopsie de la lésion suspecte pour connaître le type de cellules atteintes. Cet examen complémentaire permet également d’évaluer la profondeur de la lésion cancéreuse.