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Carboxythérapie et cryolipolyse

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Carboxythérapie et cryolipolyse

Parce que l’apparence est de plus en plus importante dans notre société, le traitement de la cellulite est devenu un des fers de lance de la médecine esthétique. Focus sur deux méthodes qui ont fait leurs preuves.

par Hela Kochbati

Notre spécialiste Dr Jacques David Directeur médical du centre 8STET Ex-Chirurgien des Hopitaux-Chirurgie Maxillo-faciale Médecine esthétique et Anti-âge, Consultant international

Qu’est-ce que la carboxythérapie et la cryolipolyse ?

La carboxythérapie est l’introduction dans l’organisme de CO2. Ce CO2 a une action angiogénétique, une action mécanique et une action lipolytique.  Cette thérapie va nous permettre de soigner  un certain nombre de pathologies véritablement médicales comme les artériopathies oblitérantes. La carboxythérapie est utilisée par des rhumatologues pour le traitement de certaines arthrites et, par extension, nous nous en servons maintenant  en médecine esthétique avec différentes indications. Ces dernières cadrent essentiellement l’alopécie,  c’est une action d’anti-flasticité de la peau, une action anticernes et une action anti-celluliteuse. 

La cryolipolyse est une méthode tout à fait différente. Il s’agit d’un  processus qui  agit uniquement sur les amas de graisses sous-cutanés localisés par l’action du foie. A partir de 8°C, commence l’apoptose, une température négative au niveau de l’organisme crée des brulures, il y a un changement de la nature physico-chimique du contenu des  vacuoles des cellules graisseuses, ce qui entraîne le changement de nature de la graisse. Par exemple :   imaginez du  beurre suivant qu’il soit  en dedans ou dehors du frigidaire, la texture est différente. Il s’agit pourtant du même produit, mais qui n’a pas du tout la même forme.  Autrement dit, en agissant avec le  froid, à une température donnée, pendant un certain temps, vous allez avoir un changement de la nature du contenu des cellules. Celles-ci ne se reconnaissent pas et vont faire une apoptose. C’est un phénomène naturel qui existe déjà d’une manière physiologique  mais qu’on va accélérer, ce qui entraîne la mort des cellules. La cryolipolyse va nous permettre de faire disparaître  d’une manière tout à fait physiologique, les cellules graisseuses des amas sous-cutanées localisées. Cela n’a pas d’autres indications. C’est une indication purement esthétique, autrement dit, c’est une action sur la silhouette, cela n’a rien à voir avec une perte de poids.

Quelles sont les avantages et les inconvénients respectifs de ces deux méthodes

Les avantages de la carboxythérapie, c’est une méthode  qui est sûre, qui est indolore, qui a une efficacité prouvée, avec un certain nombre d’applications médicales  et esthétiques. Il y a  peu ou pas de contre-indication pour cette thérapie et on va jouer  avec la flasticité   de la peau,  avec les traitements de la cellulite. C’est surtout avec l’action mécanique du gaz que l’on va créer une augmentation de la microcirculation et, par conséquent, une facilitation des échanges et une augmentation de la collagènase.  La carboxythérapie est une thérapie qui a une vieille histoire puisque, dans l’Antiquité,  les Romains baignaient leurs  chevaux blessés dans les sources qui étaient à base carbonique à Royat dans le centre de la France.

D’une manière tout à fait différente, l’avantage de la cryolipolyse est que c’est une méthode  totalement sûre, non invasive, mais en revanche, elle a des indications extrêmement particulières. J’insiste sur le fait que ce soit encore, son indication qui est unique, elle n’est pas aussi vaste  que la carboxythérapie. Je le répète, la cryolipolyse n’a d’action que sur les amas de graisses localisés et sous-cutanés. Il s’agit d’une action purement esthétique. C’est une action du dessin de la silhouette.

Il n’y a aucun inconvénient pour la carboxythérapie lorsque les indications et  les protocoles d’utilisation sont respectés.

Le résultat de la crylipolyse est progressif. C’est une méthode qui  est non invasive, ne présente aucun risque ni danger pour le patient traité. L’effet du  remodelage de la silhouette et l’amélioration de l’aspect de la peau apparaissent en six semaines. Généralement, elle est tout à fait bien tolérée après un examen relevant d’un test sanguin et des paramètres hépatiques normaux.

Ces deux méthodes s’adressent à quel type de patient ?

La cryolipolyse sera uniquement pour les gens qui présentent un amas de graisse sous-cutané. Ce n’est pas pour une perte de poids, ça ne marche pas pour les obèses. Cette méthode ne fait pas perdre un gramme pour les sujets en surcharge pondérale. C’est une méthode qui n’est pas indiquée pour la perte du poids mais pour le remodelage de la silhouette.

Les indications de la carboxythérapie sont multiples, cela va du traitement de l’alopécie  au traitement des cernes sous les yeux, des vergetures, c’est très important, et le traitement de la flasticité de la peau. Le traitement de la cellulite se fait par son action mécanique par la destruction des fibres interstitielles qui provoquent la peau d’orange.

Existe-t-il des contre-indications ?

Pour la cryolipolyse,  il y a aucune contre-indication. En revanche, premièrement,  cette technique n’est pas à pratiquer pour une personne qui est sous un anticoagulant, puisque cette technique faisant appel à un vide et donc à une dépression, le patient risque d’avoir un hématome considérable. La seconde chose, c’est que pour le syndrome de Reynold et de Reye par exemple, l’idée n’est pas la meilleure de pratiquer cette technique.  En revanche, d’après mon expérience personnelle, je n’ai jamais eu de contre-indications.  Les précautions à prendre concernent le  vide et non pas le froid puisque nous restons dans les températures totalement physiologiques, toujours positives. Mais un praticien ne va pas pratiquer cette méthode sur une plaie récente, sur  une ligne  herniaire ou  sur une peau qui est infectée. Elle n’est pas contre-indiquée pour les personnes ayant une allergie.

Pour la  carboxythérapie, effectivement, pour des patients ayant une très grande insuffisance respiratoire, il est à éviter de pratiquer ce genre de techniques.

En résumé,  il y a plus de précautions que de contre-indications pour l’une et l’autre de ces méthodes. Il y a une méthode qui est totalement  non invasive et indolore, c’est la cryothérapie et il y a une qui est mini-invasive et qui est parfois plus sensible, c’est la carboxythérapie.

Quels résultats peut-on espérer ?

D’abord il faut que le patient et le praticien aient des attentes raisonnables. Nous ne sommes pas des magiciens. C’est une amélioration esthétique,  nous allons chercher  une amélioration des symptômes que ce soit pour la flasticité, le problème des rides, la cryothérapie pour  les amas de graisses localisés. C’est la seule indication.

Ces deux méthodes sont-elles complémentaires ?

Ce ne sont pas forcément des techniques complémentaires. Par ailleurs, il y a des protocoles qu’on peut proposer. Mais ce n’est pas forcément, la cryothérapie avec carboxythérapie ou  l’inverse la carboxythérapie avec la cryothérapie.  Il y a une palette qui s’offre à nous et qui nous permet d’avoir des résultats optimums pour une correction thérapeutique.

La cryothérapie n’a aucune action sur le revêtement cutané. Cette technique s’applique sur tous les types de peaux, sur des  vergetures ou non, cela ne changera rien. La cryothérapie a une seule action, c’est la graisse sous-cutanée localisée.

Pour la  carboxythérapie, les indications  sont extrêmement larges puisqu’on va simplement rechercher  une amélioration des échanges, une meilleure oxygénation des tissus , une néo-angio-genèse, et une amélioration de la collagenèse.

Ces méthodes peuvent-elles remplacer une opération de chirurgie esthétique, type liposuccion ?

Les indications ne sont pas du tout les mêmes. Cela dépend de votre chirurgien et de son patient.  Il est évident qu’une liposuccion va aussi retirer des amas de graisses sous-cutanés, mais à quel prix ? Au prix de la médecine générale,  aux prix de douleurs, au prix de quelque chose qui est invasif et au prix d’une irrégularité de la peau après. Ceci n’est  à mon avis valable que pour les grandes obésités. Nous, nous allons traiter les petites choses. La cryothérapie est une petite gomme, les soins sont une petite gomme pour  affiner la silhouette. La carboxythérapie ne peut remplacer  en aucun cas, une intervention chirurgicale. Le tout est d’avoir des médecins raisonnables, qui font une indication raisonnable et qui attendent des résultats raisonnables.

Quelles sont les autres techniques que vous associez à ces deux techniques, selon les applications médicales ?

Effectivement, selon les applications médicales, j’ai beaucoup de protocoles. Chaque indication va entraîner un protocole différent. En fait, non seulement chaque indication, mais aussi chaque patient. Ce n’est pas quelque chose qui est écrit dans les livres, c’est au praticien d’être un bon médecin, de faire un bon diagnostic et d’établir un bon pronostic. Autrement dit, il m’arrive très souvent dans la carboxythérapie  utilisée  en esthétique de coupler avec la mésothérapie et de l’allomésothérapie (LLD : Light Limiting Dietes).

Les  résultats de la carboxythérapie  et de la cryothérapie sont-ils durables ou est-ce qu’il faut répéter ces techniques après un certain temps?

Tout dépend du patient, tout dépend de la technique utilisée et du protocole. Pour certaines indications comme les petits angiomes, les petites déformations cellulaires, on peut penser que la technique est définitive. Cependant,  je  pense encore une fois qu’il ne faut pas être livresque. Chaque cas est particulier  aux prises des doses. La réponse doit être adaptée à la demande pathologique ou non du patient, le traitement également. Je ne peux pas vous dire  si c’est un effet définitif ou pas. Pour certains, nous obtenons des résultats très importants,  pour d’autres moins d’effets. Au même titre pour la cryothérapie comme toute réponse physiologique, il s’agit une réponse de type de courbe de Gauss, une moyenne qui est générale. Mais vous avez les deux extrêmes de la gomme. Il y a des réponses qui sont pauvres et d’autres qui sont extrêmement riches. Les deux extrémités de la courbe, c’est là où il y a le moins de monde. Toute réponse physiologique obéit à cette règle (courbe de Gauss). On ne pourrait dire d’une manière systématique, tel ou tel résultat à obtenir. Il  faut toujours penser aux cas extrêmes et à une moyenne générale, c’est là-dessus qu’on peut se baser.