Etre une Femme

Mon corps et moi

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Mon corps et moi

« Une belle femme est une femme bien dans sa peau » . Qui dit été, dit corps parfait, maillot, baignade, etc. Il s’agit, certes, de la saison des sorties, de la plage, de la relaxation mais elle est particulièrement stressante pour les femmes car elles doivent être parfaites dans une robe, une jupe, un maillot ou un bikini. Le regard des autres est très important dans une société comme la nôtre, c’est pourquoi l’on accorde beaucoup d’importance à son apparence et, par voie de conséquence, à son corps.

par Rania Klibi

En été, les femmes se sentent obligées de passer la fameuse « épreuve du maillot ou bikini » et, pour cela, elles doivent se préparer, des mois auparavant, à grands coups de régimes en tout genre, de sport, de yoga… Nous évoluons dans une société où l’image et l’apparence doivent répondre à des normes très exigeantes cultivant la performance.

Selon Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste : « Les vêtements qui camouflaient, tenaient, dessinaient la silhouette tombent et nous laissent face à un corps dans sa réalité, témoignant aussi de la façon dont nous le traitons. Cette brutalité du regard sur soi n’est, bien sûr, pas objective, elle est façonnée par l’estime que l’on a de soi et les comparaisons, plus ou moins conscientes, et toujours en notre défaveur, que les images médiatiques nous incitent à faire ».

De nos jours, le corps et son apparence jouent un rôle prépondérant dans la société, devenant une obsession pour nombre de personnes pensant qu’ils sont le miroir de la personnalité et qu’ils permettent d’atteindre plusieurs objectifs comme le travail, les études, le petit ami ou le mari, etc. Cela vire généralement au cauchemar et est source d’un mal-être qui génère une exigence démesurée vis-à-vis de soi que rien ne pourra satisfaire. Rien si ce n’est l’application des trois commandements suivants.

Avec ton corps tu te réconcilieras

Vivre en harmonie avec son corps… qui d’entre nous n’en rêve pas ? C’est, pourtant, un but souvent difficile à atteindre parce qu’il s’agit de signer un pacte de paix avec un compagnon à la fois étranger et intime et qui devra durer dans le temps.

Objet de plaisir ou adversaire lorsque son apparence ne répond pas à l’image que nous aimerions renvoyer, ce corps jouit d’un statut variable au gré des circonstances.

Nous réconcilier avec notre corps nécessite de notre part une certaine indulgence et le fait de l’accepter tel qu’il est, en puisant dans nos propres ressources intérieures afin de vivre en harmonie avec ce dernier.

Il faut préciser que nous ne recommandons pas une résignation fataliste mais plutôt l’acceptation convaincue de nos imperfections physiques.
Seule la prise de conscience de ce corps torturé nous aidera à dépasser nos complexes et à comprendre que nous sommes singuliers, uniques et que nous disposons de quelque chose de précieux que nous devons savoir entretenir et accepter.

Il existe, pour cela, des techniques essentiellement comportementalistes et cognitives qui visent les pensées distordues relatives au corps et à son image, ainsi qu’aux comportements issus de ces cognitions dysfonctionnelles.

Le yoga et la mindfulness (pleine conscience) aident également à s’accepter et à accepter son corps. Il ne faut pourtant pas omettre que dans une société comme la nôtre, consommatrice d’idéaux et légèrement en retard par rapport à ces techniques, manquant également d’information et de savoir concernant tout ce qui a trait à la psychologie et la cognition, il n’est pas évident de comprendre et d’accepter ce leurre.

Ton corps tu aimeras

Ce que l’on perçoit parfois comme étant des imperfections, rougeurs, rides, cheveux blancs, cellulite et autres, hantent au quotidien au point d’en arriver à diaboliser certaines parties du corps. L’on cherche alors à dissimuler à tout prix ses complexes. Il faut savoir que la première étape pour apprendre à s’assumer consiste à connaître l’origine de ce manque d’estime pour son corps. Ce sentiment découle, lui-même, d’un manque d’estime de soi et d’une grande vulnérabilité intérieure.

Il s’agit d’une construction cognitive subjective dysfonctionnelle due aux idéaux que l’on a établis ou que l’on nous a imposés dans la société, à travers la culture et les traditions. L’inconscient crée, par conséquent, cette partie du corps, si ce n’est tout le corps, qu’il juge disgracieuse, paralysant le développement de l’estime de soi et de sa personne.

Le corps a en outre une mémoire, raison pour laquelle il est facilement affecté par les événements de la vie, les médias, les exigences de la société, le regard de l’autre, devenant fragile et les souvenirs d’enfance, qui y sont déjà imprimés, resurgissent de temps à autre. Ce dernier devient une surface de projection de tous les événements et sentiments négatifs vécus ou subis. Une intolérance inconsciente à travers laquelle on le torture et qui reflète un refus de l’assumer comme il est.

Après la prise de conscience de ce phénomène, l’étape suivante consiste en un travail difficile et profond afin d’atteindre celle de l’acceptation, laquelle ne pourra se faire qu’à travers la réconciliation avec son passé, son enfance et ses blessures narcissiques antérieures. Connaître le du langage du corps est alors nécessaire.

Le langage de ton corps tu connaîtras

Le corps a son propre langage, un mystère mais une vérité qu’il faut connaître si l’on désire le déchiffrer et le comprendre. N’étant pas habitués à écouter notre corps et à comprendre les signaux qu’il nous envoie constamment, cela peut nous paraître difficile, voire impossible, car le corps subit et ne s’exprime pas dans notre culture. Mais c’est une idée totalement fausse ! Les maladies psychosomatiques, l’obésité, les rougeurs, les rides, la cellulite sont autant d’expressions du corps, que nous détestons car elles ne font que nuire à sa beauté alors que nous le croyions invincible.

Afin d’attirer votre attention il n’a, jusque là, été question que du corps physique mais il ne faut pourtant pas négliger deux autres types de corps : le corps émotionnel et le corps mental, tous deux presque inaccessibles car seules les expressions du corps physique sont perçues et plus ou moins comprises.

En conclusion

Aimer et accepter son corps lui évite la maltraitance. L’été est une saison pour s’amuser et jouir de nombreux plaisirs, pourquoi donc s’en priver en se concentrant sur les détails de son corps que l’on juge imparfaits et que l’on taxe de défauts ou imperfections ? Enfilez vos maillots, acceptez le fait que la perfection n’existe pas et que chacun de nous est unique dans son corps et dans son esprit, que nous priver des plaisirs de la vie en nous concentrant sur ces détails ne fait que nuire à notre santé et à notre bonheur.

Il faudrait cesser de voir ce corps comme un adversaire car c’est un compagnon pour la vie.
Accepter son corps n’est pas sorcier et constitue, au contraire, un vrai soulagement.