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Fissure anale Quels symptômes, diagnostic et prévention ?

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Fissure anale Quels symptômes, diagnostic et prévention ?

La fissure anale est une crevasse, ou lésion superficielle, située sur la paroi du canal anal (à la base du rectum). Elle survient chez les adultes, en raison de crises de constipation répétées, de selles dures, de diarrhée ou, plus rarement, de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin… Pour plus de détails, le Dr. Habib Jenayah, spécialiste en Gastro Entérologie et rectoscopie nous en parle.

par Imen Zine

La fissure anale cause de vives douleurs et des saignements légers, surtout au moment des selles. Dans la majorité des cas, elles peuvent se résorber sans faire appel à la chirurgie. «Mais les complications sont possibles, parce que plusieurs patients hésitent à consulter un médecin. Ce qui peut créer une appréhension d’aller à la selle. Cette appréhension peut causer la constipation et l’expansion de la déchirure. Par la suite, la fissure peut devenir chronique. Elle peut éventuellement toucher les muscles du sphincter, causant ainsi des spasmes douloureux».

Quand faut-il consulter un médecin ?

«Une consultation médicale est recommandée lorsque le malade ressent le syndrome fissuraire qui est composé de douleurs et d’hypertonie. Ces douleurs sont évocatrices de la fissure, parce qu’elles évoluent en trois temps : la douleur anale est une brûlure déclenchée par le passage de la selle avec courte rémission douloureuse post-défécation et réapparition secondaire des algies dans les heures suivant l’exonération». Ces douleurs, très intenses, obligent le malade à retenir, voire à décaler ses selles. «Puis vient la contracture anale qui est la conséquence visible et palpable du spasme sphinctérien». Très intense, elle gêne le déplissement minutieux de tous les plis marginaux, permettant de montrer la déchirure triangulaire, à bords plus ou moins nets selon le stade évolutif, située au pôle postérieur à la partie inférieure du canal anal. Son sommet n’atteint pas la ligne pectinée. Dans un troisième temps, «la fissure anale se présente par le biais d’une ulcération triangulaire avec, dans les formes chroniques, une marisque externe sentinelle».

A ce niveau, «un traitement médical à base de fibres, d’eau, d’émollient, de bain du siège et d’analgésie locale est efficace dans la majorité des cas ». Lorsque les fissures sont chroniques, on privilégie habituellement un traitement topique au bloquant calcique (nifédipine), afin de relâcher le sphincter anal, avant de tenter une approche chirurgicale. Le relâchement chirurgical du sphincter anal (une sphinctérotomie) est efficace jusqu’à 95 %.

Cependant, la fissure anale peut être traitée sans cette intervention chirurgicale. «Dans le cas où la fissure est récente, il faut commencer par un traitement médical et des règles diététiques. On soulage le malade en ayant recours à une approche thérapeutique qui consiste à injecter des dérivés nitriques, de la toxine botulique (Botox®) dans le sphincter. En paralysant les muscles, cette injection calme les spasmes et favorise la guérison ».

En cas de fissure ancienne, «la chirurgie s’avère nécessaire». L’intervention consiste à couper et retirer une partie des muscles du sphincter pour enrayer les spasmes et favoriser la guérison.

Prévention de la fissure anale

On peut réduire les risques de fissure anale en prévenant la constipation.

*Privilégier les aliments riches en fibres alimentaires, comme les grains entiers, les fruits et les légumes.

*Ne pas abuser de viandes rouges et préférer les viandes blanches à fibres tendres.

*Manger à des horaires précis.

*Ne pas abuser d’excitants.

*Boire suffisamment surtout un verre d’eau à jeun pour ramollir les selles.

*Pratiquer régulièrement une activité physique.

*Aller à la selle dès que le besoin se fait sentir et éviter de forcer.

Les facteurs de risque

*Les crises répétées de constipation. Forcer et évacuer des selles dures et volumineuses est propice aux fissures anales.

*L’accouchement. Les femmes sont plus susceptibles de souffrir de fissures anales après avoir donné naissance.

*Des diarrhées persistantes et prolongées.

*Les maladies inflammatoires chroniques intestinales, comme la maladie de Crohn (une maladie du segment des stalles de l’intestin grêle).

*Le VIH Sida.

*Les chlamydiae.

*Les maladies hématologiques.

*La glycémie.

*Certaines maladies dermatologiques.

*Le carcinome épidermoïde et le caractère indolore de la fissure. Il est confirmé par la présence d’une induration se prolongeant dans le canal avec une coulée intra- canal évocatrice.

*La tuberculose anale est une étiologie évoquée devant toutes ulcérations anales chez un sujet transplanté, sans antécédent de vaccination.

*Les ulcérations des hémopathies, parfois révélatrices, et du syndrome d’immunodéficience acquise de cause multiple.

*Les fissures iatrogènes sont à apprécier dans le contexte de pénétration traumatique…