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Cet hiver, je fais la peau à la graisse

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Cet hiver, je fais la peau à la graisse

Lasse de traîner une culotte de cheval, une graisse abdominale, des amas graisseux au niveau des bras, du cou ou ailleurs et ce, malgré tous vos efforts pour retrouver une jolie silhouette et être mieux dans votre peau, la solution se trouve dans la chirurgie esthétique avec la liposuccion ou lipoaspiration.

par Jaouida Ben Aouali

Bien que sans danger et couramment pratiquée de nos jours, la liposuccion est une intervention qu’il ne faut toutefois pas prendre à la légère. Si vous décidez d’y recourir, voici quelques notions qu’il est nécessaire d’avoir avant de vous lancer.

Le recours à cette technique particulière de la chirurgie esthétique ne vise aucunement la perte de poids mais permet à une personne qui en a perdu, ou dont la silhouette est légèrement arrondie dans des zones du corps
inappropriées, de se débarrasser des amas graisseux localisés, d’affiner sa silhouette et de retrouver des formes
harmonieuses.
Avec les immenses progrès et les améliorations techniques en matière de liposuccion, celle-ci sert non seulement à retirer les amas graisseux au niveau du ventre et des hanches mais également dans des zones comme le menton, le visage et le cou, les bras, les fesses, la face interne des cuisses et des genoux, les mollets, les
chevilles…

Liposuccion : petite intervention mais grandes précautions

Il faut tout d’abord savoir qu’une liposuccion ne peut être pratiquée qu’à une période de l’année éloignée des grandes chaleurs pour un plus grand confort du sujet et une meilleure cicatrisation car, même si les incisions sont très petites (3 ou 4 mm), il est fortement recommandé de ne pas s’exposer au soleil.
Le choix du praticien est aussi très important et s’assurer que celui-ci possède les compétences requises pour une telle intervention, qu’il est affilié à l’Ordre national des médecins et qu’il pratique au sein d’un établissement de qualité est une précaution qu’il est fort utile de prendre.
Par ailleurs et si votre décision est prise de vous engager dans cette voie, 10 jours au minimum avant l’intervention, vous devrez cesser de prendre des médicaments contenant de l’aspirine, arrêter la contraception orale (pilule contraceptive), pour les femmes, et la cigarette un mois avant, une bonne cicatrisation étant tributaire de ces mesures préliminaires.
Et surtout, bien retenir que le recours à la liposuccion ne doit aucunement émaner d’un désir de perdre du poids, au contraire, c’est une étape qui succède à un amaigrissement après lequel les masses graisseuses localisées persistent souvent.

Première consultation et premiers pas vers une liposuccion

Vous avez choisi votre chirurgien plasticien et vous avez pris rendez-vous pour une première consultation dans son
cabinet. Le bon praticien est celui qui vous recevra en vous posant quelques questions sur vos motivations relatives à votre intervention, sur votre hygiène alimentaire et votre activité physique, il vous demandera si vous êtes sujet à des problèmes d’ordre psychologique, ceux-ci pouvant interférer avec la satisfaction du patient quant au résultat de la liposuccion, voire s’aggraver. Votre profil établi, le médecin vous conseillera sur le geste chirurgical à réaliser et les zones concernées, il vous informera sur les grandes lignes de l’intervention, ses
risques et ses complications courantes ou exceptionnelles, puis il vous demandera de le recontacter quinze jours plus tard, le temps de la réflexion pour ce que l’on qualifie de consentement éclairé.

Ce délai passé, rendez-vous est pris et vous revenez vers lui, décidé à subir l’opération. Lors de cette deuxième
consultation, outre votre chirurgien qui contrôlera votre état général de santé, un médecin anesthésiste est également présent pour réaliser un bilan sanguin afin d’éviter tout problème relatif à l’anesthésie pendant l’intervention.

La troisième et dernière consultation est dite préopératoire, tous les contrôles et analyses nécessaires avant l’intervention ont été réalisés et l’on vous prépare à passer en salle d’opération, laquelle vous a été spécialement réservée à l’avance.

Grand moment et grande libération

Toute liposuccion est réalisée sous anesthésie générale. C’est donc le grand jour et vous êtes placé sur la table d’opération, endormi pour 1 à 2 heures ou 20 mn à 3 heures, tout dépend de la zone du corps à traiter, c’est le temps opératoire. Qu’il s’agisse d’une liposuccion du ventre, des cuisses (culotte de cheval), des bras, des genoux, des mollets, des chevilles, des seins, associée à une réduction mammaire, la procédure est généralement la même à quelques variantes près.
La graisse est retirée à l’aide de canules très fines au travers de petites incisions (3 ou 4 mm) placées dans les plis de la peau. Elle est aspirée à l’aide de canules mousses, réalisant un réseau régulier de tunnels qui respectent les vaisseaux sanguins et les nerfs : on traite ainsi la graisse profonde et la graisse superficielle.
La quantité de graisse extraite est adaptée à la qualité de la peau susjacente qui constitue l’un des facteurs déterminants pour la qualité du résultat esthétique. Au bloc opératoire et juste après l’opération, le chirurgien met en place une gaine élastique.
Etant donné les suites simples et non douloureuses, cette intervention nécessite généralement un séjour en clinique maximal de 24 à 48 heures. Il n’y a pas de cicatrices visibles.
Il est à remarquer que, concernant les seins, l’intervention diffère quelque peu puisqu’il s’agit là de réaliser, en plus, une réduction mammaire. En effet, une incision est réalisée au niveau du bord inférieur de l’aréole (la partie de peau foncée entourant le mamelon), à partir de laquelle le chirurgien peut enlever la glande mammaire (mastectomie sous-cutanée) et la graisse en trop. Une liposuccion est pratiquée à la périphérie de l’excès glandulaire afin d’harmoniser l’ensemble.
En cas de gynécomastie (volume excessif des seins chez l’homme) à prédominance graisseuse, l’exérèse se fait par la seule liposuccion.
Les cicatrices sont alors très courtes et peuvent être situées à distance de la gynécomastie, comme au niveau des
régions sous-mammaire ou axillaire (au niveau de l’aisselle).
Lorsque la gynécomastie et l’excès de peau sont très importants, le chirurgien peut être amené à faire des incisions plus longues et dont les traces sont donc plus visibles. Les cicatrices peuvent alors être péri-aréolaires (autour de l’aréole), horizontales et se prolonger de part et d’autre autour de l’aréole.
Dans les cas extrêmes, le chirurgien peut être amené à greffer l’aréole et le mamelon.
D’autres types de cicatrices sont possibles et dépendent de chaque cas.
Afin d’évacuer les résidus sanguins et lymphatiques qui pourraient s’accumuler au niveau du site opératoire, un drain est mis en place.
En fin d’intervention, un pansement compressif, souvent avec un bandage élastique, est réalisé.

Adieu tas de graisse !

Les douleurs postopératoires sont minimes et sont facilement contrôlées par les médicaments antalgiques usuels. Deux à sept jours de repos sont à envisager après la sortie de clinique.
Un vêtement de contention est prescrit et doit être porté jour et nuit durant 4 à 6 semaines après la liposuccion. La douche est possible dès le lendemain mais les bains sont contre-indiqués pendant 3 semaines.
La pratique du sport doit être interrompue pendant 3 à 6 semaines.
Il faut noter que le temps nécessaire pour récupérer et se remettre d’une liposuccion est proportionnel à la quantité de graisse extraite. Ecchymoses et oedèmes apparaissent au niveau des régions traitées, mais ils disparaissent au bout de 10 à 20 jours, et les douleurs sont minimes.
Une fatigue peut être ressentie les premiers jours, surtout en cas d’extraction graisseuse importante, mais une activité normale pourra être reprise 3 à 7 jours après l’intervention.
Il conviendra de ne pas exposer au soleil ou aux UV les régions opérées au moins avant 3 mois.
Concernant la liposuccion des seins, un gilet compressif, type boléro, est prescrit et doit être porté nuit et jour
durant 1 à 2 mois pour les hommes afin d’appliquer la peau décollée sur son sous-sol et un soutien-gorge de compression est indispensable pendant 3 semaines pour les femmes afin de favoriser la rétraction cutanée.
Les fils sont résorbables. Un arrêt de travail de 5 à 10 jours est prescrit. Le sport, les mouvements violents et le port de charges lourdes sont à bannir pendant 1 à 2 mois.

Bonjour nouvelle silhouette !

En dehors de la liposuccion des genoux pour laquelle le résultat définitif est obtenu au bout de 2 à 3 semaines, il
n’y a pas de modification notoire de l’aspect au cours des 2 à 3 premières semaines après l’intervention, du fait
de l’apparition d’oedèmes, le résultat définitif étant obtenu au bout de 6 mois.
En outre, concernant la liposuccion des seins, le résultat est immédiat, avec une disparition des seins visible dès le premier pansement le lendemain de l’intervention. Son résultat définitif ne s’observe pas avant 6 mois à 1 an, notamment du fait du caractère progressif de la rétraction cutanée.
En revanche, dès 3 mois, le résultat final est obtenu sur le volume graisseux.
Les cicatrices autour de l’aréole ne sont souvent pas visibles. Plus rarement chez les hommes, les longues cicatrices thoraciques, en cas d’excès cutané majeur, sont visibles mais peuvent être dissimulées par la pilosité du thorax.

En règle générale, 12 mois sont nécessaires pour juger de l’aspect définitif des cicatrices. Le suivi postopératoire est réalisé en cabinet médical au bout d’un mois, trois mois, six mois et un an après l’intervention.

Après la lipo, attention au fléau !

L’extraction mécanique de quelques kilos de graisse sous-cutanée qu’est la liposuccion est l’intervention de chirurgie esthétique la plus courante car elle permet de retrouver une silhouette plus fine rapidement.
Cependant, les choses ne sont pas aussi simples et une étude menée à Sao Polo sur un panel de 36 femmes a abouti à
des résultats inattendus.
En effet, 2 mois après la liposuccion, ces patientes ont été séparées en deux groupes, le premier soumis à une activité sportive soutenue et régulière, pendant 40 mn trois fois par semaine, et le second ne faisant aucun sport, le tout durant une période de 4 mois.
Cette période achevée, le bilan a été sans appel : les femmes ne s’étant pas dépensées dans une activité sportive ont vu leur poids revenir à son état initial, avant la liposuccion, et celles qui ont suivi un sport ont conservé les bénéfices de l’intervention.
De façon plus détaillée, la reprise de poids n’est pas la conséquence d’une reprise de graisse sous-cutanée au niveau de l’abdomen mais celle de l’augmentation de 10 % de la graisse viscérale, cette graisse profonde qui entoure les viscères.
Ce phénomène trouverait son explication en toute logique. La liposuccion détruit la structure graisseuse sous-cutanée au niveau de la zone traitée mais pas la graisse profonde viscérale où les adipocytes poursuivent leur fonction première, à savoir le stockage de la graisse. Ainsi, ils absorbent les lipides qui circulent dans le plasma sanguin et la redistribution de la graisse s’opère de façon dangereuse pour la santé, accroissant les risques cardiaques et diabétiques.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le recours à une liposuccion doit faire suite à une hygiène de vie saine, avec une bonne alimentation et de l’exercice physique.

Déshabiller Pierre pour habiller Paul

Il est tout à fait possible de réinjecter la graisse prélevée dans une autre partie du corps nécessitant une augmentation de volume.
Ainsi, ce que l’on appelle lipofilling des seins s’adresse aux femmes désirant amplifier modérément le volume de leur poitrine, afin de gagner un ou deux bonnets, ou bomber les pôles supérieurs des seins pour améliorer l’effet visuel du décolleté.
Cette technique peut également être utile pour le visage car elle permet de combler des rides creuses, de redonner
du volume et de modifier la forme du nez ou du menton. Elle bénéficie aussi aux fesses qu’elle peut raffermir, relever et bomber.

Son avantage réside dans le fait qu’elle est issue du corps du patient et ne génère donc aucune réaction de rejet.
On parle alors de graisse autologue.