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J’ai mal… mal partout

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J’ai mal… mal partout

Elle peut être localisée au niveau de la tête, de l’abdomen, du dos, elle peut être aiguë ou chronique, désagréable ou insupportable. Il s’agit de la douleur. Chacun de nous l’a ressentie au moins une fois dans sa vie, si ce n’est plus. Mais savons-nous vraiment de quoi il s’agit ?

par Myriam Bennour Azooz

Une définition de référence a été donnée pour la douleur en 1979 par l’IASP (International Association for the Study of Pain) : « La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d’une telle lésion. »

L’origine de la douleur

Par cette définition, on comprend que la douleur est avant tout un signal d’alarme indiquant à notre cerveau que quelque chose d’inhabituel se passe à l’intérieur de notre corps. Il s’agit là d’un phénomène complexe et normal à la fois. Si ce sentiment n’est pas inconnu, il est parfois difficile à matérialiser, à expliquer, car la douleur est très subjective et se ressent différemment d’une personne à une autre, d’une source à une autre et d’un âge à un autre. Aussi causée par des maladies ou des accidents, la douleur a de multiples origines et se décline en fonction des personnes et de leur  sensibilité. Mais son chemin est le même pour tous

Ses déclinaisons

La douleur peut être de deux types : aiguë ou chronique.
Lorsqu’elle évolue depuis plus de trois à six mois, et est alors susceptible d’avoir un effet néfaste sur le comportement ou le bien-être du patient, elle est dite chronique. Elle est alors considérée comme une maladie (lombalgie, céphalée, etc.). Quant à la douleur aiguë –généralement intense mais brève- elle peut être provoquée par une piqûre, une brûlure, un pincement, etc. Elle initie immédiatement la mise en place d’un système de défense et de protection de l’organisme. Cette atteinte aux tissus peut se manifester par une inflammation, un bleu ou une rougeur. Il s’agit, contrairement à la douleur chronique, d’une douleur transitoire qui cesse généralement dans le temps avec ou sans antalgique.

La douleur chronique

Il y a trois formes de douleurs chroniques selon les mécanismes physiologiques en jeu :

La douleur inflammatoire qui recouvre toutes les douleurs associées aux phénomènes d’inflammation, tel le cas d’une lésion ou d’une arthrose.

La douleur neuropathique associée à des atteintes du système nerveux central et périphérique, comme par exemple une lésion de la moelle épinière ou du nerf sciatique.

La douleur cancéreuse qui associe souvent une composante inflammatoire et neuropathique. Paradoxalement, certains traitements anti-tumoraux peuvent également déclencher des neuropathies périphériques.

Des recherches ont montré que la douleur augmente avec l’âge et concerne préférentiellement les femmes. Sont également plus touchées, les catégories socioprofessionnelles les plus faibles. C’est  du moins ce qu’affirment les chercheurs ces dernières années.

Ses principales localisations sont : dos, cou-épaules, membres, tête et abdomen.

Ses causes les plus courantes sont : les os, les muscles, les articulations.

Ses conséquences

La douleur est très fréquemment associée à d’autres signes, ceux-ci souvent induits par elle. Une personne ayant mal depuis longtemps commencera à avoir des troubles du sommeil ainsi qu’une altération de sa qualité de vie. Elle risquera aussi de voir apparaître des signes de dépression et d’anxiété.

Douleur et dépression : deux vases communiquants

On a vu plus haut qu’une douleur ressentie depuis longtemps pouvait agir sur le mental (dépression, anxiété, troubles du sommeil). Mais le contraire est aussi possible.

La douleur étant subjective, elle peut être ressentie de façon extrêmement différente en fonction des individus mais aussi pour une même personne selon son environnement.

Cette différence s’explique par le lien étroit entre la douleur et le contexte psycho-social. En effet, l’imagerie cérébrale a permis de montrer que les centres cérébraux responsables de la perception de la douleur sont étroitement liés aux centres des émotions.

Ce lien a également été mis en évidence par des études montrant qu’un individu dont l’attention est sollicitée ressentira moins la douleur qu’un individu focalisé sur l’évènement douloureux.