Etre une Femme

Maman et moi, on aime le même homme !

Publié le
Maman et moi, on aime le même homme !

C’est en début de soirée que Ramla a tenté de se suicider. La grande villa d’El Manar où elle habitait en compagnie de ses parents faisait retentir ses hurlements semblables à ceux d’un torturé. Mais ce qui torturait Ramla, n’était pas un bourreau de ZABA…, c’était tout simplement sa mère. N’allez pas croire que sa mère l’avait attachée sur une chaise pour lui faire subir toutes sortes de sévices !… Celle-ci lui avait tout simplement subtilisé… son fiancé !

par Salem Djelassi

L’homme dont elle était éperdument amoureuse et qu’elle était sur le point d’épouser. A 24 ans, la jeune fille avait tout pour mener une vie des plus paisibles.
Une situation financière des plus douillettes, de très bonnes notes à l’école des Beaux-Arts, un projet pour lancer une boîte de design, et surtout un très beau fiancé répondant au nom de Ahmed , âgé de 35 ans, cadre dans une banque.

Leur relation, entamée à l’occasion d’un gala de bienfaisance, avait évolué en une histoire d’amour conclue par de joyeuses fiançailles. Le tout allait bientôt déboucher sur un mariage si le pire n’avait pas eu lieu ! Comment la fille a-t-elle découvert le pot aux roses. Lâche ou courageux ? C’est le fiancé lui-même qui a avoué à Ramla toute la vérité au sujet de sa relation avec sa mère avant de la quitter (lire le témoignage en encadré). Une Ramla qui ne doutait de rien jusque là et qui avait déjà choisi sa robe de mariage. Quand elle a appris la nouvelle par la bouche de son futur époux, en ce début de soirée et sur un simple coup de téléphone, la jeune fille s’était mise à courir dans les couloirs de la grande villa en hurlant et en se cognant la tête contre les murs. Elle insultait sa mère tout en montant les escaliers, pour atteindre le toit et effectuer le grand saut une fois pour toutes. Affolée, la mère a pris les clés de sa voiture et quitté précipitamment la maison. Le père ne rentrait que tard, occupé qu’il était par ses réunions. Qui a sauvé Ramla d’une mort certaine ? Tout simplement la femme de ménage couchante, une de ces femmes de ménage à l’ancienne qui finit par faire partie de la famille et qui était très proche de la jeune fille.
Aujourd’hui, le sang a séché sur cette histoire, et Ramla a quitté définitivement cette maison où le père était complètement absent et la mère courtisait tous les hommes qui passaient par là, menuisiers et jardiniers compris. Ahmed s’est mariée avec une autre femme et la mère consulte un psy entre autres pour nymphomanie.

Leïla, 23 ans, étudiante : Mon beau-père est… irrésistiblement attirant

« Je suis vraiment attirée par mon beau-père qui a 50 ans. Moi je n’en ai que 24. Je n’arrête pas de lui envoyer des signaux. Il faut dire que je n’ai jamais connu mon père et je dois être un véritable cas de psychanalyse, mais je n’en fais pas un drame. Cet homme me plaît et j’ai envie de lui être proche. En tout cas, plus proche de lui que de ma mère qui passe son temps dans les salons de thé et les salles de sport. Elle est libre, c’est sa vie, elle peut même connaître d’autres hommes. Mais c’est vraiment dommage pour mon beau-père qui commence à apprécier ma présence à la maison. Je ne sais pas où nous mènera cette éventuelle relation, mais personnellement je n’ai pas envie de freiner mes désirs. »

« Ma fille a séduit mon mari »

Au début de notre petite enquête, l’évocation de cette relation dans l’entourage provoqua des réactions quasi unanimes, outre le traditionnel « Dieu nous en préserve ». Mais le plus inattendu était le fait que tout le monde avait entendu au moins une fois une histoire de ce genre, qui s’était déroulée dans son quartier ou dans son entourage. Ces histoires ont leur côté populaire et le sens populaire se méfie de certains « mélanges ». C’est pour cela que certaines familles refusent qu’un de leur fils épouse une femme qui a déjà une jeune fille née d’un premier lit. Car s’il y a quelque chose qui choque encore plus qu’une femme qui subtilise le fiancé de sa fille, c’est bien un homme qui a des relations avec la fille de sa femme… Et pourtant, cela s’est passé à Ezzahra. Une histoire qui a fait l’effet d’une véritable bombe dans ce quartier populaire où vivait Hédi, un marchand de poisson assez nanti pour construire une maison et épouser Mounira, divorcée et élevant seule une jeune fille de 18 ans.
Lorsque celle-ci a fêté ses 20 ans, tout le quartier est surpris de voir Hédi donner un grand festin, allant jusqu’à inviter une troupe de musique populaire. Une fête pendant laquelle il se montrait aux petits soins pour sa « fille » adoptive. Les invités n’étaient pas dupes et ne manquaient pas de noter cet intérêt peu commun, tout en ne manquant pas de remarquer l’aspect effacé de Mounira, dont les sourires de façade cachaient mal le désarroi. Alors on s’est mis à jaser pour de bon et la mère devint la proie de toutes les médisances. Tant et si bien qu’elle finit par ne plus quitter la maison. De plus, son mari est devenu violent et n’a pas hésité pas à l’agresser dans des moments de colère dont elle sort couverte de bleus. Jusqu’au jour inéluctable où Hédi annonça son divorce et son intention d’épouser la jeune fille.
Mounira a tout fait pour éviter le divorce même si cette situation devenait intenable. Mais en vain. Aujourd’hui, elle avoue qu’elle a enduré cette situation pendant trois ans : « Ma fille est tombée amoureuse de mon mari dès les premiers jours et c’est elle qui l’a séduit. Pendant toutes ces années, ils couchaient dans la même chambre. Je vivais dans un enfer.. J’ai tout fait pour le reprendre mais c’était impossible. Il était subjugué par ses charmes… Je me suis tue parce que je ne savais pas où aller et que je n’avais personne ».

Najla, 43 ans, agent d’assurance : « Retomber en adolescence »

Je n’ai commencé à avoir de l’intérêt pour l’époux de ma fille qu’après leur mariage. Au début, je ne le voyais que rarement, ils sortaient ensemble ou bien ils caquetaient dans la pièce à côté. N’étant pas très exigeante côté financier je ne lui ai rien imposé ,et je l’ai laissé entièrement libre. Le jour du mariage lorsque je l’ai vu dans son beau costume, j’ai eu un coup de foudre. Je l’ai trouvé beau à mourir et depuis je n’arrive plus à dormir. J’ai perdu d’un coup beaucoup de poids, j’ai changé ma garde-robe, j’ai changé la déco de mon appartement. Ma fille ne soupçonne rien, au contraire elle est ravie de ce coup de jeune que j’ai eu. Pour ma part, je vis encore cette relation dans ma tête, dans mes phantasmes et je ne lui ai jamais fait des avances. J’ai l’impression de retomber en adolescence et je passe mon temps à attendre les visites de ma fille et de son mari… pour que je puisse l’admirer. Bientôt, ma fille va accoucher et je vais devoir aller chez elle pour m’occuper de la petite famille… Ça sera très dur pour moi.

Film « Belle-maman »

Dans le film de Gabriel Aghiou, « Belle maman », Catherine Deneuve, Vincent Lindon et Mathide Saigner illustrent bien ce triangle douteux voire dangereux. Deneuve campe avec brio le rôle de la belle-mère tendre et dévoreuse. L’histoire ? Antoine épouse la femme de ses rêves. Le jour du mariage sa belle-mère était à l’Eglise. Une fraction de seconde, un regard échangé, la voix du prêtre et Antoine qui dit oui alors qu’il sait déjà qu’il aurait dû dire non. Il vient de tomber follement amoureux de sa belle-mère.

Des rapports intenses mais fragiles

Voici donc des histoires qui disent à quel point le rapport mère-fille est fragile. En effet, qu’elle soit conflictuelle ou fusionnelle cette relation est toujours en proie à un doute ou à un rapport de force. Mais pourquoi ce rapport mère-fille est-il si tenu ? Pourquoi les choses ne se passent pas de la même façon entre le père et la fille ? Le premier à avoir donné une réponse à cette question est Sigmund Freud interprété ici par la psychanalyste Brigitte Hatat : « Ce n’est pas une menace qui détourne la fille de sa mère mais une déception. La relation au père s’instaure à partir d’un double constat : non seulement la mère ne lui a pas donné l’organe, mais de plus elle ne l’a pas. C’est pourquoi la fille va le chercher là où elle l’a repéré. C’est-à-dire chez le père. Elle attendra de lui qu’il lui donne un équivalent sous forme d’un enfant. Ceci donne le modèle de ce qui est pour Freud le devenir femme, qui se confond, avec le devenir mère. L’envie du pénis, c’est-à-dire le complexe de masculinité serait donc le canal qu’emprunte la libido pour accéder à la féminité ».

A lire « Entre mère et fille : un ravage »

Ce livre d’obédience Freudienne paru chez Pauvert permet à Marie Magdeleine Lessena de décortiquer finement les relations « ravageuses » de femmes célèbres, avec leurs mères ou leurs filles. De Madame de Sévigné à Maria Riva, fille de Marlène Dietrich, en passant par Camille Claudel, élève et amante torturée d’Auguste Rodin ou encore par Marguerite Duras, la relation mère-fille révèle ses tortueux mystères. Parfois pathologique, elle mène péniblement chaque fille dans son chemin de croix vers la construction de sa propre féminité, chaque mère vers la renonciation douloureuse à un amour exclusif et passion. Freud ne supposait-il pas que l’attachement de la fille à sa mère ne finissait jamais vraiment.

Selon la psychanalyse freudienne le conflit naîtrait donc de cette situation : la fille reprocherait à sa mère de ne pas lui avoir donné un pénis. Mais ce n’est pas seulement ça, selon Raouf Trabelsi, universitaire : « Dans nos sociétés arabo-musulmanes, ce sont les femmes qui ont enraciné la haine des femmes dans le coeur de leurs filles et de leurs garçons. C’est pour cela que nos sociétés sont machistes parce que l’espace intime et privé est dominé par les femmes. La haine entre une fille et sa mère est motivée par cet aspect des choses ».

Mère et fille. Haines, conflits mais aussi passion et fusion. Et lorsqu’un homme se met au milieu, la relation n’est pas de tout repos. Une relation qui n’a pas fait jusque-là l’objet de grandes études et qui demeure encore un sujet tabou.

Ahmed, 32 ans, cadre dans une banque : Une belle-mère experte

Lorsque j’ai connu Ramla, j’avais l’impression d’avoir retrouvé mon autre moitié. En effet, jusqu’aux fiançailles, nous avons vécu une histoire d’amour qui a dépassé l’entendement. Ce n’est qu’après les fiançailles que les choses ont commencé à changer. Les préparatifs, les calculs et toutes ces bêtises qui nous étouffent parfois.

C’est là que la mère de Ramla est entrée dans le jeu. Me voyant stressé, elle essayait de me tranquilliser. Elle me répétait tout le temps qu’elle était là pour m’aider financièrement pour le mariage mais à condition que cela reste un secret. J’ai répondu par l’affirmative. Mais on avait déjà un premier secret sur lequel tant d’autres se sont construits. Elle était très maternelle et à la fois très sensuelle. C’était une très belle femme ayant la quarantaine. Franchement elle me plaisait beaucoup, et j’ai pris l’habitude d’écouter ses conseils. Un jour alors que j’étais hyper stressé elle m’a appelé pour me demander de passer à la maison. Sa fille, ma fiancée était en stage et elle était seule à la maison. Du coup, elle s’est mise à me masser la tête et le cou pour me relaxer. Ensuite, j’étais comme une pâte à modeler entre ses mains. Ce jour-là j’étais comme ensorcelé et nous avons passé toute l’après-midi ensemble. L’image de Ramla me revenait des fois et je culpabilisais, mais je n’ai pas pu résister aux assauts experts de ma belle-mère. Cette relation a duré presque un an. J’étais de plus en plus attiré par cette belle-mère qui tenait à poursuivre cette liaison après le mariage… En parallèle, je n’éprouvais plus les mêmes sentiments pour Ramla. J’ai vécu l’enfer à ce moment-là d’autant plus que ma belle mère devenait de plus en plus possessive et autoritaire. J’ai choisi de ne plus être hypocrite et j’ai tout dit à Ramla avant de balayer à jamais leur souvenir.

Mahfoudh Melliti  Psychothérapeute

Mahfoudh Melliti, Psychothérapeute

La relation mère-fille, objet de fascination !

Peut-on parler d’un rapport de force naturel dans la relation mère-fille ?

Notre société méditerranéenne et arabo-musulmane tente d’exhiber une relation mère-fille lisse, sans aspérités, suintant l’amour, la douce complicité, l’affection réciproque, la générosité et la spontanéité émotionnelle. En réalité, la relation mère-fille révèle dans l’ensemble certains mystères de la nature humaine qui affectent ce rapport et qui entachent le romantisme qui la caractérise. De même que le fils se doit « d’assassiner son père » pour atteindre l’âge et le statut d’adulte, la fille se trouve contrainte « d’assassiner sa mère », conformément à la même logique. Tiraillée et déchirée entre la force qui la pousse à s’identifier à sa mère, dans un processus d’admiration et conformément à une logique de mimétisme parfois criard, elle se trouve néanmoins contrainte par une puissante énergie à se différentier par rapport à cette mère omniprésente. Les conflits qui en découlent enveloppent cette relation dans un voile d’ambiguïté. Ils s’expriment souvent par le non- dit. Ce qui ne les empêche pas épisodiquement de prendre ouvertement l’allure de conflits patents et douloureux dans certaines conjonctures. Dans certaines circonstances émotionnelles précises, la divergence sur la couleur d’une jaquette ou d’un chemisier, pourrait prendre l’allure d’un conflit ouvert et d’une dispute bruyante ! Généralement ces conflits se manifestent d’une façon feutrée. Mais il leur arrive de briser le cercle conventionnel des convenances pour prendre l’ensemble des formes conflictuelles possibles et imaginables.

Rivalité quand tu nous tiens… Même envers le même homme ?

Cette rivalité qui est en soi un élément sain et positif, pourrait se développer pour des raisons endogènes et intrapsychiques chez la mère et la fille en raison notamment de contraintes socioculturelles et confessionnelles Elle peut transgresser parfois les seuils normatifs communément admis et prendre des tournures ouvertement dramatiques, allant jusqu’à la rivalité affective et amoureuse envers le même homme ! Cette rivalité pourrait se manifester dans les deux sens. La fille qui tombe amoureuse de son beau-père et la mère qui en pince pour son beau-fils ou pour l’amoureux de sa fille. Il s’agit de deux facettes exceptionnelles d’une rivalité pathologique entre une mère et sa fille. En soulevant ce genre de problématiques, nous avons bien conscience que nous bousculons des tabous et que nous heurtons les valeurs communément admises par notre société. Cela étant, nous avons pris le parti d’affronter cette thématique, en ayant conscience de choquer les tenants de la politique de l’autruche, dans l’espoir d’avancer un minimum dans la compréhension d’un phénomène rare mais néanmoins existant.

MAMAN ET MOI, ON AIME LE MÊME HOMME !

Comment expliquer que le même homme puisse susciter l’intérêt affectif et amoureux de la mère et de la fille à la fois ?

Nous avons brièvement évoqué le facteur de la rivalité naturelle et saine en soi entre une mère et sa fille et nous avons suggéré que cette rivalité pourrait dans certaines circonstances, prendre l’allure d’une rivalité pathologique. Il convient d’ajouter à cela, l’admiration naturelle réciproque entre la mère et sa fille. La fille admirant sa mère à la fois pour des raisons humaines, éthiques et sociales et la mère admirant sa fille en tant que prolongement de sa propre empreinte dans la société et en tant que facteur du refus de vieillir. En voyant sa fille évoluer dans le temps et l’espace, la mère se revoit plus jeune et elle tente parfois de faire adopter à sa fille des attitudes, des comportements et des choix qu’elle n’a pas eu l’occasion d’adopter en étant plus jeune. Ce faisant, elle tente de vivre par procuration à travers sa fille et de prendre une sorte de revanche sur la société et sur son destin. Mais il se trouve parfois que mères et fille s’accordent naturellement l’une et l’autre, sur le profil et sur les caractéristiques qui définissent l’homme idéal. Précisons enfin, que certaines mamans dominantes n’aident pas leurs filles à se différencier d’elles-mêmes. On en arrive dans ce cas à une configuration comportementale dans laquelle mère et fille fusionnent psychiquement parlant. A noter que ces dérives psychiques pourraient faire parfois le bonheur de certaines de ces mamans dominatrices, qui exhibent publiquement leur fierté de voir leurs filles leur ressembler dans tout et en tout ! Elles ignorent, cela va de soi, qu’elles sont en train d’hypothéquer lourdement le devenir psychique de leurs filles !

Ce genre de dérives pourraient-elles se produire dans une relation mère-fille non conflictuelle ?

Il est sain et naturel qu’un certain nombre de conflits puissent se produire dans une relation mère-fille. Cela permet généralement à chacune d’entre elles de se différencier l’une par rapport à l’autre. Ce ne sont donc pas les conflits qui favorisent ce genre de dérives comportementales. A l’inverse, ce type de comportements pathologiques qui consiste par exemple à rivaliser avec le même homme, génère des conflits profonds et généralement durables entre une mère et sa fille. Pour appliquer la problématique à notre environnement tunisien et à notre culture méditerranéenne et arabo-musulmane, nous observons généralement la peur et l’angoisse que les situations conflictuelles provoquent en nous. En lieu et place d’affronter ces conflits et de les traiter dans la clarté, nous préférons les éluder par des attitudes d’évitement sensées nous en exorciser. Nous référer exclusivement aux préceptes théologiques et aux repères moraux classiques, ne suffit pas toujours à transformer les situations conflictuelles en autant d’étapes d’évolution et d’équilibre. On peut invoquer autant de fois qu’on le souhaite, le célèbre hadith du Prophète qui affirme que « le paradis se trouve sous des pieds des mères », cela pourrait suffire à sacraliser la relation mère-fille et à raffermir cette relation d’une façon considérable. Mais cela ne nous exonère pas en toutes circonstances, de devoir réfléchir sur les mécanismes spécifiques de chaque relation, avec les différents outils de la pensée.

Où est l’image du père dans tout ça ?

Il est évident que l’image du père marque profondément et durablement la fille, du fait que le père reste en fin de compte, la toute première image masculine à laquelle la fille a été confrontée. Indépendamment de l’image et de la structure masculine qu’elle reflète, celle-ci est chargée d’infiniment de symboles. Le père est le symbole de la toute première autorité naturelle. Cette image globale qui enveloppe la fille depuis sa prime enfance, s’érode et se dilue au fur et à mesure qu’elle grandit et qu’elle expérimente l’aventure de la vie sociale. La mère quant à elle, ne partage ni le même ressenti, ni les mêmes valeurs que sa fille à l’égard du père. Sa relation avec ce dernier étant d’une toute autre nature, le père représente pour elle une image spécifique. Si les problématiques de la relation fille-mère ne sont pas liées forcément à l’image qu’elles ont du père, certains comportements paternels cependant, pourraient faciliter ce type de pathologies. A titre d’exemples, nous pensons aux pères trop absents de la vie familiale, trop autoritaires, trop peu communicants avec leurs enfants, trop permissifs ou licencieux dans leur comportement (les pères qui exhibent leurs attributs corporels en famille), les pères alcooliques ou sujets à des conduites addictives précises…

Existe-t-il des hommes prédisposés à vivre en même temps une relation avec la mère et la fille ?

Dans l’absolu, il n’y a guère de doute que ce type d’hommes existe bel et bien ! Chaque société y compris la nôtre génère son lot de situations incestueuses qui impliquent par exemple des beaux pères avec leurs belles- filles. Nous précisons une fois de plus, que ce type de comportements n’a aucune espèce de rapport avec le fait qu’une société soit plus ou moins permissive qu’une autre. Il s’agit de comportements et de conduites spécifiques qui se manifestent à la faveur de certaines fragilités psychiques et de certaines conjonctures familiales. L’inceste n’étant pas le sujet de cette thématique, nous l’avons invoqué brièvement, tout juste pour préciser que l’homme qui ne vit pas à l’intérieur de la même cellule familiale que la fille et sa mère et qui succombe à une relation amoureuse avec l’une et l’autre à la fois, adopte en tous points, les comportements incestueux qui se déroulent au sein de la cellule familiale. Il s’agit d’une forme grave de pathologie comportementale et sociale adoptée par un certain nombre d’hommes et de femmes et qui n’épargnent, aucune société de quelque modèle qu’elle soit.