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Ménopause Ce n’est plus une fatalité …

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Ménopause Ce n’est plus une fatalité …

Une aménorrhée d’un an témoigne d’une ménopause confirmée avec une probabilité de 90%. Cette ménopause est un phénomène social puisque le nombre des femmes ménopausées augmente du fait de la stabilité de l’âge de la ménopause associée à une augmentation de l’espérance de vie. A ce stade, le traitement substitutif hormonal (TSH) constitue une préoccupation médicale car il assure à la femme ménopausée un bien-être qui maintient son tonus et une prévention à long terme de l’ostéoporose. Le Dr. Sami Zine, gynécologue, nous en parle.

par Imen Ben Abdelkader

Avant d’arriver au stade de la ménopause, la femme passe par une période climatérique, où apparaissent les signes cliniques et biologiques annonçant la disparition des règles et au moins la première année après la ménopause. Cette période est illustrée par une symptomatologie riche, variant en nombre et en intensité selon les femmes. «20% des femmes auraient une ménopause muette, c’est-à-dire sans aucun signe de climatère. Par ailleurs, les symptômes de la ménopause dépendent de la carence ostrogénique et du contexte familial et socioculturel». Ils sont nombreux mais on peut citer:

-Troubles du sommeil.

-Troubles sexuels.

-Diminution de la libido chez 2 femmes sur 3 en relation avec les facteurs psychiques. C’est aussi un manque de lubrification due à la diminution de l’excitation sexuelle. A signaler que ce n’est qu’en post-ménopause que la carence ostrogénique entraînera une sécheresse vaginale et une dyspareunie.

-Signes cutanés d’hyper-androgénie comme la dermite séborrhéique de la face et du cuir chevelu, l’hirsutisme et l’acné inflammatoire.

-Prise de poids : de 3 à 10 Kilos entre 45 et 50 ans.

-Douleurs articulaires sans rapport avec l’arthrose ni l’ostéoporose».

-«Bouffées de chaleur dans 75% des sujets : un an après le début de la ménopause, 81% des femmes ménopausées s’en plaignent. 5 à 10 ans après, seulement 20% d’entre elles s’en plaignent. Ce signe constitue un véritable handicap socioprofessionnel. Ainsi, pendant la nuit la femme se réveille à cause d’une sensation de chaleur au niveau de la face et du cou irradiant vers le thorax et peut se généraliser. Cette chaleur s’accompagne d’une hypersudation, rougeur, augmentation du rythme cardiaque puis tremblement et frissons. Chaque bouffée de chaleur peut durer de quelques secondes à 3 minutes.

-Manifestation neuropsychique : c’est un état dépressif, d’insomnie, de fatigue, de céphalée, de nervosité, d’irritabilité, d’anxiété, ainsi que des troubles de la mémoire et des difficultés de concentration.

Ô vieillesse ennemie !

En post ménopause non traitée, les femmes souffriront, à moyen terme, «d’un vieillissement cutané (peau sèche), d’une pathologie vulvo-vaginale (vaginite atrophique et atrophie vulvaire) et d’une pathologie urinaire (cystite à répétition et incontinence urinaire)».

A long terme, les femmes souffriront, aussi, «d’une ostéoporose, dont la fracture du col, des poignets et le tassement vertébral».

Traitement aux hormones…

Les femmes qui demandent à être traitées et présentant une symptomatologie invalidante, doivent faire un bilan préalable complet qui consiste en «une mammographie, un bilan biologique et des frottis du col utérin».

Après ce bilan, le traitement de la ménopause ne dépasse pas 4 ans car après cette période les bouffées de chaleur disparaissent.

«Ce traitement est à base d’œstrogène et progestérone naturelle sans avoir recours aux molécules synthétiques, car certaines études ont montré une augmentation de la fréquence du cancer du sein chez les femmes traitées par le TSH».

… Où homéopathie ?

Cependant, on peut au mieux proposer «un traitement homéopathique ou à base d’hysoflavone de soja avant de passer aux hormones associées ou non à un traitement local pour lubrifier le vagin si la patiente se plaint de sécheresse vaginale. Sinon un traitement hormonal substitutif à base d’œstrogène et de progestérone naturelle peut être proposé parce qu’il permettra d’apaiser tous les symptômes gênants de la femme ménopausée, et ce au maximum pendant 4 ans aussi».

Tout genre de traitement de la ménopause est déconseillé en cas de «cancer du sein, cancer endométrioide de l’ovaire, antécédent trombo-embolique vraies, migraine grave, cancer endomètre, hyper-triglycéridémie, antécédent de fibrome hémorragique, endométriose, dystrophie mammaire et de diabète».