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Migraine quand tu nous tiens !

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Migraine quand tu nous tiens !

La migraine, utilisée par les femmes comme excuse depuis des lustres pour échapper au devoir conjugal s’avère être une maladie réelle qui touche également le sexe masculin. Ce mal de plus en plus répandu, différent du mal de tête ordinaire de par son intensité et les symptômes qui l’accompagnent, est entouré de mystère quant à son origine.

par Sonia Bahi

Bien qu’on ait identifié les facteurs déclencheurs et le mécanisme à l’origine des crises migraineuses, on n’a pas encore toutes les réponses concernant la sensibilité individuelle à la migraine.

Pourquoi certains remportent le premier prix à la loterie des maux de tête alors que les autres traversent l’existence sans jamais en souffrir ?

La douleur migraineuse est beaucoup plus intense qu’un simple mal de tête et s’accompagne de diverses manifestations comme des nausées, des vomissements et/ou des troubles visuels. Elle est souvent ressentie d’un seul côté de la tête sous forme de douleurs pulsatiles et peut parfois durer des heures, voire des journées entières. Le migraineux peut même être sensible aux odeurs. La crise est parfois précédée par des signes avant-coureurs comme des fourmillements dans les doigts, une hyperactivité ou au contraire un sentiment d’abattement.

Le processus à l’origine de la crise migraineuse est assez complexe. Des réactions vasculaires et biochimiques s’enchaînent, entraînant une dilatation des vaisseaux entourant le cerveau. Au départ, c’est un excès de sérotonine présent dans le sang qui stimule la paroi des vaisseaux provocant la contraction vasculaire qui à son tour va provoquer les troubles visuels, les fourmillements et les nausées puisqu’elle agit sur les neurotransmetteurs. C’est l’inflammation conséquente qui est à l’origine de la douleur pulsatile. Pour que la dilatation s’estompe, il faut en moyenne entre 4 et 72 h.

Mais que se passe-t-il dans ma tête ?

On a longtemps pensé qu’il existait un profil migraineux et qu’il correspondrait à un caractère exigeant et perfectionniste. Même si cela peut s’avérer vrai, ce n’est certainement pas l’unique raison, puisque de nombreux perfectionnistes ne sont absolument pas sujets aux migraines. Une étude portant sur 23 330 femmes migraineuses et non-migraineuses, en 2010, a montré que les différentes formes de migraine ont le même mécanisme. Elles ont été identifiées sur trois gènes différents. Il y aurait une variante génétique chez les personnes souffrant de migraines qui toucherait un neurotransmetteur chargé de la régulation du niveau de glutamate dans le cerveau.

Alerte…la crise arrive !

Généralement, l’arrivée de la migraine est signalée par quelques signes précurseurs qui différent d’une personne à une autre. Ces signes sont regroupés sous le nom d’aura peuvent se manifester quelques heures avant la crise. Pour 10 à 40% des migraineux, ce sera une aura migraineuse essentiellement visuelle : dédoublement de la vue ou des lignes lumineuses ou une altération de la sensibilité et de la motricité au niveau du visage ou des membres : fourmillements, engourdissements, faiblesse. Exceptionnellement, cela peut même causer des difficultés d’élocution. D’autres signes sont également révélateurs de la proximité d’une migraine comme la fatigue, une raideur au niveau de la nuque et une sensibilité à la lumière et au bruit. On est généralement plus irritable et les émotions sont à fleur de peau. Dans 60 à 90% des cas, la migraine n’est pas précédée par une aura mais s’accompagne de troubles digestifs et de vertiges.

Les facteurs déclencheurs, tu éviteras!

Les facteurs qui risquent de déclencher la migraine varient d’une personne à l’autre et on apprend à les identifier au fur et à mesure. Le meilleur moyen pour cela, étant de tenir un journal « des migraines » où l’on notera les circonstances précédant l’arrivée de la crise, conditions extérieures, état psychologique, alimentation…Tout est bon à prendre. Les facteurs les plus couramment cités sont le stress, une lumière vive, un niveau sonore élevé, la faim, une variation du rythme du sommeil, le tabac, certains médicaments et la pilule pour les femmes. La déshydratation est aussi un facteur favorisant la migraine, il faut absorber des liquides en quantité suffisante.

Identifier ce qui déclenche la migraine est essentiel pour la prévention car on peut dans ce cas réduire voire même éliminer de manière totalement naturelle les crises, sans avoir recours aux médicaments, et cela en effectuant les changements nécessaires dans son mode de vie.

Fait étrange, les migraines se raréfient à partir de 40 ans et disparaissent souvent après 50 ans.

Ces conseils, tu suivras !

Pour les migraineux, il est primordial d’avoir un rythme régulier, c’est-à-dire de prendre les repas aux mêmes heures, de se lever et de se coucher à la même heure également, même si c’est le week-end. Pratiquer une activité sportive est aussi une bonne recette car cela permet d’atténuer les effets du stress.

En cas de crise, certains gestes peuvent améliorer le confort comme le fait de s’allonger dans le calme et l’obscurité. Se masser le cuir chevelu et les tempes ou s’appliquer une compresse froide sur le front soulage également. Le café peut aussi s’avérer un allié.

L’acupuncture et la relaxation peuvent améliorer considérablement la vie d’un migraineux.

La migraine ophtalmique est une forme particulière de la migraine, elle est centrée essentiellement autour des yeux et concerne 20% des malades. Elle s’accompagne de troubles visuels qui peuvent aller d’une simple impression de flou à la sensation d’avoir un trou dans son champ de vision.

Calme-toi Ô ma douleur…

En cas de crise, ce sont des anti-douleurs qui sont prescrits, en sachant qu’ils sont beaucoup plus efficaces en début de crise. Les médecins prescrivent généralement les antalgiques habituels tels que l’aspirine et le paracétamol, des anti-inflammatoires non stéroïdiens et en cas de crise aigue, les triptans.

En prévention, des médicaments prophylactiques peuvent être prescrits en traitement de fond pour réduire la fréquence et l’intensité des crises mais seulement dans le cas de migraines très fréquentes c’est-à-dire dépassant trois par mois. Il s’agit de bêtabloquants, d’antihistaminiques ou encore d’antidépresseurs. On peut également se voir prescrire des inhibiteurs calciques ou des anticonvulsivants. Chez les femmes dont les migraines sont liées au cycle hormonal, l’hormonothérapie est utilisée.