Etre une Femme

No, I can’t

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No, I can’t

Pas facile de dire non à son mari, ses enfants, sa mère, son boss (chérie) ou sa voisine. Parce que nous répondons souvent « oui » alors que nous pensons « non », on a vite fait de nous prendre pour un pigeon ! Les sempiternels SOS (alors que vous même êtes over débordée), les « t’as une minute pour m’aider » alors qu’on sait que la minute, c’est une heure (ah mais oui, j’suis bête on n’a pas le même fuseau horaire… ça doit être à cause de sa Tissote), j’en passe et des meilleures… peuvent être désastreuses pour l’épanouissement personnel. Dépenser du temps et de l’énergie pour les autres et ne pas en dépenser autant pour soi…Bonjour la frustration ! Alors my sister, Dr Sam dit que l’heure est venue de faire son Amy Winehouse et de dire « No, no, no… ».

par Samantha Ben-Rehouma

Que les choses soient claires, il n’y a aucun mal à faire preuve de gentillesse, une qualité (même si en perdition) reconnue et appréciée. En revanche, comme dans toute chose, le problème se pose lorsque cela tourne à la démesure. Pourquoi est-il si difficile de dire non ? Pour apprendre à dire non, nous devons d’abord comprendre ce qui bug. Dr Sam passe en revue les raisons les plus courantes pour lesquelles il est difficile de dire non :

Appelez-moi Mère Thérésa

Vous voulez aider. Vous êtes une âme charitable, toujours prête à aider son prochain même si cela vous prend de votre temps.

Le Dalaï-Lama, c’est moi

Craignant d’être rude, vous avez été élevée dans l’idée que dire « non », en particulier aux personnes âgées, est déplacé voire discourtois. Cette pensée est très répandue dans la culture asiatique (et même en Tunisie ya hasra) où ne pas perdre la face est important.

Beni oui-oui sois-tu !

Voulant être agréable, vous ne voulez pas vous éloigner du groupe parce que vous n’êtes pas d’accord. Vous vous conformez aux desiderata des autres pour ne pas rester sur la touche.

Je m’habille en Andrea Sachs

La peur du conflit. Vous avez peur que la personne se mette en colère si vous lui refusez la moindre de ses doléances. C’est la porte ouverte au mal. Même s’il n’y a pas de confrontation directe, j’entends par là aucune protestation de votre part, cela conduit à des conséquences catastrophiques.

Je suis timide mais je me soigne

La peur des occasions perdues. Peut-être êtes-vous inquiet à la simple perspective de voir des portes se fermer. Par exemple, j’ai connu une femme qui s’est vue demander par sa hiérarchie de déménager pour une autre filiale de sa compagnie. Comme elle aimait son équipe, elle ne voulait pas se déplacer. Toutefois, elle n’a pas osé dire non car elle a estimé qu’il y aurait une incidence sur ses possibilités de promotion à l’avenir.

Yes man

Comme dans le film avec Jim Carrey, dire non vous écorche les lèvres. A défaut de ne pas se brûler les ailes, c’est le burn-out qui vous attend. Certaines personnes prennent des non comme un signe de rejet. Conséquences : les ponts et les relations sont rompus.

Si vous avez hoché la tête à l’une (ou plus) de ces raisons, il est urgent de vous reprendre en main.

Dire «non» ne signifie pas que vous êtes grossier, ni que vous êtes désagréable ou qu’il y aura conflit, ou encore que vous allez perdre des opportunités pour l’avenir.
Et dire non ne signifie certainement pas que vous allez couper les ponts avec vos proches.
Ce sont toutes, de fausses croyances ancrées dans notre esprit.
Exprimer un refus quand on ne l’a pas fait depuis des années, un vrai sacerdoce ! Mais soyez sûr que le message passera moyennant certaines précautions. Après tout, vous avez vos propres priorités et besoins, comme tout un chacun a les siens.

Tout est dans la manière de faire : commencer à dire non aux autres n’est pas aussi dramatique qu’on pense. Vous verrez que l’autre peut s’avérer compréhensif et ne pas opposer de résistance. Assurément, les craintes de dire non ne sont que dans notre esprit.Si vous n’êtes pas sûr de savoir comment faire, utilisez la méthode Sam-arche :

pretes-moi 200dinars

Situation: Un ami vous demande « brabi, tu peux me prêter 200 dinars (soyons fous !) ?

Ce que vous pensez :

« yekhi chbi heda, il m’a pris pour Sidi Têta alors qu’il passe tout son temps au café la khedma la guedma ! »

Ce qu’il faut dire :

« J’aurais bien voulu mais je me fais une règle de ne jamais prêter de l’argent aux amis pour préserver notre amitié. »

Situation: On vous demande de participer à l’achat du cadeau de retraite d’une collègue que vous connaissez à peine.

Ce que vous pensez :

« Keli mezel avec tout le fric que je lui ai prêté pour ses cafés, cigarettes et cassecroutettes, je dois en plus financer sa retraite. Lei akwa faza, katelhom taisez-vous ! »

Ce qu’il faut dire :

« En fait, je ne connais pas Zoubida très bien. Je préfère lui souhaiter bonne chance en personne. » Et si vos collègues vous prennent pour une mosh’haha, et ben même pas grave !

Situation: Alors que vous sortez, votre patron vous demande de revoir le dossier d’un client.

Ce que vous pensez :

« Fais chier, Sam-saoule ya din ding dong. J’suis trop conne, je n’aurais jamais dû passer devant son bureau. Starfiralah ! »

Ce qu’il faut dire :

« J’ai rendez-vous chez le dentiste et cela fait déjà trois fois que j’annule à cause du boulot alors si je n’y vais pas de ce pas, il ne m’acceptera plus. J’ai pas envie de me retrouver à l’hosto tout ça parce que je n’aurais pas soigné ma dent, ce serait trop bête ! (genre si tu m’laisses pas filer c’est que t’es vraiment trop bête) » Je vous conseille aussi de mettre votre main sur la joue tout le long de votre tirade, pour plus d’effets !

je suis pas une marionnette

Situation: Vous êtes invitée à un mariage et vous ne voulez pas y assister.

Ce que vous pensez :

« Moush normal, non seulement elle m’a piqué mon ex mais maintenant cette pouff’ veut m’inviter pour me narguer parce que j’suis toujours célibataire »

Ce qu’il faut dire :

« Je suis tellement désolée. J’ai déjà un autre événement ce jour-là. Yaltif ! (Tsss, ya bagra c’est à se demander comment tu vas rentrer dans ta robe avec tes bourrelets, franchement escalader le Mont Blanc, c’est de la nioniotte à côté !) »

Situation: Vous êtes invitée à siéger de nouveau au comité de l’association des parents d’élèves (surtout que vous ne voulez plus le faire).

Ce que vous pensez :

« Ouais c’est ça, ils peuvent toujours courir ! Quand je pense à tout ce que j’ai fait et aucune reconnaissance. Zeyed sokat ».

Ce qu’il faut dire :

«J’ai décidé de ne pas faire de bénévolat cette année. A l’heure actuelle j’ai beaucoup trop d’engagements. Est-il possible de trouver quelqu’un d’autre pour faire ce travail ? »

On Sam-éliore !

Soyez poli mais ferme. Cela montre que si vous êtes sympathique, votre esprit est normalement constitué. Etre doucereux, affable construit uniquement de faux espoirs.

Faites une réponse courte. Une justification en long, en large et en travers n’est pas nécessaire. Essayez « Je suis désolé, je ne suis pas disponible, alors… » Ou encore « j’ai un autre engagement. »
En cas de doute, dites non de temps à autre quitte à changer d’avis plus tard. Rien de plus décevant que quelqu’un qui compte sur vous et que vous laissez tomber.

Situation: Votre soeur vous appelle pour que vous gardiez ses enfants pour les vacances alors que vous avez déjà planifié avec Hobi une escapade muy caliente à Cancún au Mexique.

Ce que vous pensez :

« Même pas en rêve que j’lui garde sa smala et le bikini Dolce Garbahha je vais le mettre au hammam ?!!».

Ce qu’il faut dire :

« Ah ! Maman t’as pas dit (faut dire ça avec un ton genre la troisième guerre mondiale est déclarée) mon boss m’envoie au fin fond de la Colombie (ça fait plus « oh ma pauvre » que Mexique « waouh trop de chance ») parce que Samy a eu l’appendicite et puisqu’on a fait le dossier en binôme, et ben devines, c’est moi qui m’y colle! J’te raconte pas bech nehbel ! J’arrive plus à dormir rien qu’à me rappeler Ingrid Bétancourt, j’ai déjà fait mon testament. Tiens tu vois le collier que Maman m’a offert pour mon anniversaire (et que t’étais tellement verte quand tu l’as appris que Greenpeace a demandé à ce que tu les représentes en Tunisie) et ben j’te le lègue. Okhti laziza, walah tu crois que je ne préfère pas m’occuper de mes neveux préférés ? (utiliser une voix tremblotante limite andi mankolok) » Et là si votre soeur ne pleure pas Sam-étonnera beaucoup.

Situation: Vous passez à l’orange. Tut. Tut. Une belle brochette de poulets vous arrête.

Ce que vous pensez :

« Ou aliyah. Il va me retirer le permis mela zhar, adios le weekendos a la playa »..

Ce qu’il faut dire :

« Il y a un problème ? Parce que si mes souvenirs sont bons dans le code de la route y a pas écrit arrêtez-vous à l’orange ! » Déjà-là, rien que de lui parler en français et de lui citer le code, il commence à se poser des questions style shkouni hedhika lezem wasla et il vous laisse partir soit le fait de lui parler en français éveille en lui des complexes qui jusqu’alors étaient cachés sous l’uniforme, et là bonjour les dégâts. La seule solution, alors, est de ne plus la ramener et de parler tounsi !

Ce qu’il faut dire version 2 :

« Ritou ritou l’quat’quat’bâché, il a failli me rentrer dedans m’bad lihouwa it kelem fel poooortable moush lehi yokhzer kodemou (appuyer bien sur le mot portable, vous comprendrez en lisant la suite). Mela soukan omri marit fi hyetti ! (Bon si ça le fait on vous laisse repartir et Mister Portable va passer un sale quart d’heure et si on vous croit pas, Sam-est égal il ne vous reste plus qu’à marcher, en plus c’est bon pour la santé).