Etre une Femme

Pollueuse je suis pollueuse je reste !

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Pollueuse je suis pollueuse je reste !

Après avoir fait une vraie introspection de mon moi intérieur et après avoir participé aussi consciencieusement que possible à toutes les actions citoyennes, telles que « je nettoie ma rue et je la garde propre », je me suis rendu compte que c’était un début mais que, au fond, j’étais une pollueuse dans l’âme, sans en avoir conscience souvent. Bien sûr, nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il faille réduire les émissions de gaz pour sauver les ours polaires mais à y regarder de plus près, la pollution, ça facilite la vie.

par Rim Sassi

L’ère de la lingette

Ménage, démaquillage et fesses de bébé, on la retrouve partout. Hyper-pratique et les publicitaires n’ont de cesse de nous le rappeler, il n’empêche que côté environnement, on pourrait faire mieux. En effet, elle génère énormément de déchets. Composée essentiellement de cellulose et de viscose qui sont des matières biodégradables, au milieu d’une décharge, la lingette se décompose très lentement. De plus, elle est généralement imprégnée de produits potentiellement polluants, ce qui peut entraîner, lors de sa décomposition une pollution des sols et de l’eau, tout comme l’emballage en plastique dans lequel, elle est contenue. C’est sûr, c’est rapide et pratique mais à la longue, c’est également très cher et peut-être, pas si efficace qu’on veut nous le faire croire. Surtout si l’on considère que trier du linge sale à 22 h, après une journée de boulot au lieu d’utiliser une lingette anti-décoloration, n’est pas un effort surhumain.

Jamais sans mon jean

Il est dans tous les placards. Délavé, de couleur, slim ou large, il fait partie de nos vies. Cependant, on oublie très souvent que de nombreux polluants sont présents dans les textiles et ; a fortiori, dans les jeans, en particulier pour leur donner cet aspect vieilli – NB : vouloir un jean neuf qui ressemble à un vieux devrait, me semble-t-il, donner lieu à un article dans la rubrique psycho-. Pour obtenir cet effet, les fabricants utilisent, en général, la technique du sablage, beaucoup moins chère que le ponçage, qui consiste à projeter du sable à haute pression. Autant dire que les employés qui sont à la manœuvre, sont exposés à une pollution très agressive, due notamment à l’inhalation de particules, entre autres, et ce même quand ils ont un équipement. Nombreux sont ceux qui sont touchés par des problèmes pulmonaires à court et moyen terme. Sans compter, l’eau utilisée pour la culture intensive du coton qui est la base du denim ainsi que les pesticides et le pétrole utilisés pour le transport. La mode étant un éternel recommencement, la prochaine fois que vous achèterez un jean, laissez-le vieillir naturellement.

Déo et autres pschitt-pschitt

Que ce soit pour votre hygiène corporelle ou pour votre intérieur, les déodorants, désodorisants et destructeurs d’odeurs font partie de notre quotidien. Bien qu’au fil des années, de nombreux progrès aient été réalisés, le chemin est encore long pour que votre habitation redevienne un havre de paix et de sécurité, d’un point de vue environnemental. La principale cause : les COV (composés organiques volatiles). A l’extérieur, ces substances, en présence de la lumière du soleil, peuvent produire de l’ozone dans la couche inférieure de l’atmosphère, ce qui entraîne une dégradation de la qualité de l’air, pouvant donner lieu à l’apparition, dans certains cas, d’une brume épaisse et brunâtre. Si les COV sont émis également par les plantes et les animaux, c’est bien la production intensive des hommes, via les procédés industriels et la combustion, qui en font monter le taux en flèche. Les déodorants, désodorisants et autres destructeurs d’odeurs sont les principaux producteurs de COV dans votre intérieur. C’est vrai que c’est tellement plus simple de pulvériser un coup de parfum d’intérieur pomme-kiwi-caramel-sapin des forêts du grand nord avec, en prime, une irritation des yeux et de la gorge. Pourtant, il suffit d’aérer votre logis une vingtaine de minutes tous les jours et d’utiliser un brûle-parfum avec des huiles essentielles pour parfumer et assainir votre intérieur. Quant aux anti-transpirants, ce n’est pas le top, puisque qu’ils resserrent les pores afin d’éviter la transpiration, qui rappelons-le est primordiale pour éliminer les toxines. Option plus naturelle, le bicarbonate de soude, moins cher et très efficace, surtout une fois qu’on a pris le coup pour l’application.

Pour finir, chacun est libre de ses choix, c’est ça aussi le progrès mais, à y réfléchir, ne sommes-nous pas capables de revenir à des gestes plus sains, au moins de temps en temps, pour que notre planète arrête d’étouffer ?