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Tatoo … pas tatoo ?

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Tatoo … pas tatoo ?

Un tatouage, ça peut résumer toute une histoire. Certains choisissent bien le dessin qui est généralement symbolique et d’autres se font tatouer après avoir craqué pour un motif ou un autre. On constate, ces dernières années, qu’il y a de plus en plus de dessins sur les corps des Tunisiens. Oui ! Cette pratique s’est répandue en Tunisie et devient un moyen d’expression ou de démarque des jeunes. Mais le problème, c’est que nos jeunes ne sont pas assez informés à ce sujet. Ils ne connaissent pas les bonnes adresses et, pour se faire tatouer, ils s’adressent généralement au tatoueur « artiste » et ignorent le fait que le tatouage doit subir des règles d’hygiène avant tout

par Saima Ksibi

Quel tatouage pour qui ?
Ce qu’on remarque généralement, en Tunisie et partout ailleurs, c’est qu’il existe des tatouages féminins et d’autres masculins. Les filles ont tendance à opter pour tout ce qui est esthétique, les papillons, les étoiles, contrairement aux garçons qui préfèrent les calligraphies. Mais aujourd’hui, les tatouages et les dessins deviennent de plus en plus personnalisés, le client va chez son tatoueur avec une idée en tête qu’il lui demande de réaliser dans un dessin.

« J’aimerais me faire tatouer, mais j’ai peur des effets secondaires »
C’est beau d’avoir votre tatouage, personnalisé, à son goût et d’aller le montrer aux amis avec fierté. Mais il faut savoir que se faire faire un tatouage comporte des risques, qu’il est nécessaire de prendre en compte les effets de l’introduction des pigments et colorants dans la peau.
Le premier risque à mentionner est la réaction allergique à l’encre du tatouage. Bien que ce risque soit rare, il est quand-même essentiel de savoir d’en détecter les symptômes.
Allez voir un médecin si :
-Vous sentez que votre peau est enflée et très tendre au toucher, avec une douleur extrême au moment de changer le pansement. C’est un signe d’infection.
-Si au toucher, vous constatez que vous avez des bosses sur les bords de votre tatouage, autour d’une zone enflée, il s’agit probablement d’une réaction allergique à l’encre. Mais sachez aussi qu’une faible rougeur est normale pour un tatouage.
-En cas d’allergie, si vous ne traitez pas rapidement, avec une lotion ou un médicament antiallergique, votre tatouage risque de s’infecter.

«Comment choisir le bon tatoueur ? »
Renseignez-vous bien sur votre futur tatoueur : il doit impérativement respecter les règles d’hygiène : celle de l’endroit et du matériel, de même que l’aiguille servant à introduire les pigments qui doit être impérativement à usage unique.
Le risque principal est l’introduction de germes dans l’organisme qui peuvent entraîner des maladies infectieuses. Une infection virale ou bactérienne est aussi possible. Le plus grave est, bien sûr, le risque d’hépatite ou de contamination au virus VIH.
De même qu’il faut respecter les soins post-tatouage à effectuer et que votre tatoueur vous prescrira sur ordonnance. Ce sont des petites choses simples mais qui permettent d’éviter des ennuis inutiles. ■

L’avis du spécialiste
Marwen Sfaxi (alias Golden Tatoueur)

«J’ai commencé par des études en Arts et métiers aux Beaux arts, puis je suis parti à Paris pour mes études, et c’est là que je me suis orienté vers l’art du tatouage. Les tatoueurs ici se contentent de changer les aiguilles. D’ailleurs les clients ne se focalisent que sur les aiguilles à usage unique. Personne ne fait attention à l’encre. Elle aussi doit être à usage unique.
Plonger une aiguille neuve dans une encre qui a déjà servi est un non-sens. Par ce biais, on s’expose à toutes sortes de contaminations : HIV comme hépatite, toutes les maladies transmissibles par le sang. Le tatoueur doit d’ailleurs utiliser des gants lors de la réalisation d’un tatouage, une pratique peu répandue en Tunisie ».

Sarah, 31ans
« Ça fait des années que j’ai envie de me faire faire un tatouage, je n’ai pas eu de problèmes avec ma famille, vu que ma mère est française et qu’on a longtemps vécu en France ; le seul problème qui s’est posé, c’est le fait que je sois dans le domaine de l’enseignement en Tunisie. J’enseigne à des adolescents et j’avoue que le fait d’avoir un tatouage n’est pas très professionnel et pas très bien vu en Tunisie. Mes élèves risquent de ne pas me prendre au sérieux »

Aicha, 26 ans
« Quand j’ai décidé de me faire tatouer le bas du dos, j’ai mis du temps pour en parler à ma mère. Je savais d’avance qu’elle allait refuser, vu le regard de la société tunisienne qui n’accepte pas encore à 100% cette pratique.
J’ai donc commencé par la convaincre que c’était discret et que ce n’était pas vulgaire, et puis je l’ai emmenée voir l’atelier du tatoueur pour qu’elle soit assurée que c’était bien entretenu et qu’il respectait les règles d’hygiène».