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AH il bouge trop !

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AH il bouge trop !

S’il n’a pas une véritable envie de rester debout, ni même de s’asseoir, sachez que votre enfant n’est pas mal élevé mais qu’il peut être atteint d’un trouble de l’attention et d’hyperactivité ! Voici les signes qui ne trompent pas.

par Chiraz Bouzaeien

L’hyperactivité infantile rend difficile la maturation neuropsychique et a des conséquences variables sur le caractère, le comportement, l’apprentissage scolaire et l’évolution psychique. Son origine génétique et neurologique ne fait plus de doute, notamment pour les chercheurs américains.
Si 1/3 des enfants présentant un TDAH (trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) connaissent une évolution favorable de leur état à la puberté, les 2/3 seront sujets à des symptômes se maintenant durant l’adolescence et à l’âge adulte.

Quels sont les marqueurs cliniques devant alerter sur l’hyperactivité ?

•Un déficit de l’attention et de la concentration, notamment dans le cadre scolaire.

•Un besoin excessif de bouger dans certaines activités.

•Une forte intolérance à la frustration et une impossibilité à reconnaître les limites, notamment dans le rapport à l’autorité.

•Une stimulation excessive dans la relation à la fratrie et la vie de groupe.

•Une propension à vouloir contrôler l’entourage et monopoliser l’attention.

•Un besoin impulsif de libérer son agressivité quand on est soumis à une contrainte.

Des manifestations occasionnelles sont observées : un manque d’estime de soi-même, entretenu par les frustrations, les échecs et les punitions répétées, la création d’une vie imaginaire pour s’y réfugier, une désorganisation au niveau de l’espace et du temps, une méconnaissance de la notion de danger, alternance entre inhibition et désinhibition.

Quel traitement pour l’hyperactivité infantile ?

Si vous demandez dix fois à votre enfant de se calmer et qu’il continue sur sa lancée, n’insistez plus ! Economisez votre patience et ne lui donnez pas l’impression que vous êtes tout le temps sur son dos (même si c’est difficile à faire), pour ne pas exacerber son sentiment de frustration. Les enfants hyperactifs ayant toujours de l’énergie à revendre, n’hésitez pas à proposer des idées d’activités sportives… qui occupent et, surtout, valorisent.

Mieux vaut ne pas baisser la garde ! Lorsqu’il joue, votre enfant ne se rend pas compte du danger, même si vous l’avez prévenu plusieurs fois des risques possibles d’accidents à la maison comme à l’extérieur.

Récompensez-le pour ses efforts de comportement. Par ailleurs, s’il persiste à ne pas vous écouter, n’hésitez pas à le punir (même si la punition n’est jamais très agréable à donner), cela peut vous aider à lui faire comprendre qu’il y a des limites à ne pas dépasser !

Il est normal que vous ayez besoin de souffler pour ne pas craquer ! Confiez votre enfant à des proches pour pouvoir vous détendre un peu. Ne vous inquiétez pas, personne ne vous traitera de « mauvaise mère » ! Profitez pour faire du shopping, aller au ciné, faire un massage. Vous reviendrez plus calme et mieux armée pour affronter son comportement.

L’avis du spécialiste : Houda Arjoun pédiatre, cabinet privé

En fait, la prise en charge de l’enfant hyperactif doit être multidisciplinaire pour que ce dernier s’améliore rapidement et que son trouble du comportement ne perturbe pas la vie familiale. Les parents doivent se faire aider par un pédopsychiatre et un pédiatre habitué à traiter ce genre d’enfants. Les médicaments homéopathiques ont prouvé leur efficacité dans cette pathologie pour laquelle les médicaments classiques ne donnent pas, jusqu’à présent, de résultats spectaculaires. Le traitement homéopathique comporte deux volets :

– Des médicaments symptomatiques, que les parents doivent administrer à l’enfant tous les jours en une ou deux prises, selon l’importance des symptômes. Et là la liste des médicaments est longue et varie d’un enfant à un autre, en fonction des signes qu’il présente. On citera certains médicaments sans pouvoir donner une ordonnance type (parce que c’est une thérapeutique personnalisée). Medorrhinum, Dopamine, Mercurius solubilis, Kalium bromatum, Lachesis, Hyoscyamus niger et de nombreux autres.

– Des médicaments de terrain : ce sont des médicaments dont la prescription est très importante car ils agissent sur le fond des troubles du comportement, évitent les récidives à l’arrêt du traitement symptomatique et aident l’enfant à avoir plus confiance en lui car, souvent, l’agitation et l’excès d’autoritarisme cachent un manque de confiance très mal vécu par l’enfant.

Ne pas oublier que l’hyperactivité chez l’enfant peut être un appel au secours émis par le petit qui souffre d’une dépression grave qu’il faut rapidement prendre en charge et dont on doit chercher l’étiologie.