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Aïe, Ouille, mon ventre… c’est la rentrée!

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Aïe, Ouille,  mon ventre… c’est la rentrée!

L’été commence à ranger ses rayons de soleil, les jours raccourcissent, les autos envahissent les rues… ça sent la rentrée ! Dans quelques jours des milliers d’écoliers et de parents reprendront le chemin de l’école, du jardin d’enfants pour les plus petits ou du bureau pour les plus grands. Et chaque année, c’est la même ritournelle, il y a ceux qui sont tout excités à l’idée d’acheter la nouvelle blouse, le nouveau cartable, les cahiers qui leur permettront de réussir cette nouvelle année scolaire et il y a les autres, petits ou grands, qui voient soudain ressurgir un mal de ventre inexpliqué.

par Florence Pescher

Livret Santé est parti en compagnie d’Anne-Solenn Grislin, infirmière scolaire dans un lycée, à la découverte de ce mystérieux mal de ventre qui refait surface à chaque rentrée ou chaque rendez-vous important… suivez le guide !

Pourquoi j’ai mal au ventre ?

Parce que c’est la première fois, parce que je me pose des tas de questions telles que : est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je vais me faire des copains ? Est-ce que ma maîtresse sera gentille ? Est-ce que ça va bien se passer ?

Toutes ces choses inconnues font peur et donc font mal, car l’être humain est ainsi fait, il a peur de ce qu’il ne connaît pas. D’autant que tout cet univers à découvrir est rempli de pressions…

la pression sociale très forte, celle des parents, celles du corps enseignant et qui s’ajoute  à celle que l’enfant se met lui-même. Les parents ont d’ailleurs souvent un double stress, celui lié à leur statut de parents garants de la réussite de leurs enfants, et celui de leur propre rentrée.

Car la fin des vacances signifie pour tout le monde une période de réorganisation, de prises de décisions, de nouvelle vie parfois avec une nouvelle maison, de nouvelles têtes…

Et cette période implique donc une réadaptation de l’esprit et du corps. La médecine chinoise complètement différente dans son approche et son fonctionnement de notre allopathie occidentale, associe l’automne, le raccourcissement des jours à l’intestin, aux poumons et au métal.

C’est pour eux le temps où ces organes sont mis à mal car il y a une digestion difficile de la réalité du vécu. Ce temps d’adaptation explique dès lors les angoisses et donc les maux de ventre qui y sont liés.

Les plus jeunes ne sont pas épargnés par le phénomène et doivent aussi gérer l’angoisse de la première fois, celle de la séparation d’avec la maman.

Cette angoisse-là peut durer jusqu’à 6-7ans pour les mères qui ont du mal à couper le cordon, même si certains enfants arrivent à passer outre les angoisses de leur maman.

Cette peur de la séparation est elle-même souvent liée à un problème de confiance… confiance dans l’institution, dans le personnel enseignant, le problème c’est que ce manque de confiance rejaillit sur l’enfant qui lui-même du coup appréhende. Or pour que l’enfant ait confiance en lui, il faut qu’il sente que vous avez confiance.

Et ne croyez pas que les petits sont indifférents à tout cela, bien au contraire, comme des éponges ils absorbent et ressentent toutes ces émotions et cette pression, même s’ils sont trop petits pour les verbaliser.

Comme le ventre est le siège des émotions, il exprime tout haut ce qu’on n’arrive pas à formuler avec des mots.

Qu’est-ce qu’on fait pour mon ventre ?

D’abord il faut reconnaître les symptômes. Le mal de ventre est souvent diffus autour du nombril, le ventre peut même être gonflé et des petits problèmes de transit soit accéléré, soit au contraire complètement bloqué apparaissent.

Il ne s’agit pas d’une vraie diarrhée en général mais de ce que l’on appelle chez l’adulte une colopathie fonctionnelle. En clair, on digère mal au sens propre comme au sens figuré ce qui se passe.

La première chose est d’abord d’essayer de dédramatiser pour éviter les symptômes, donc rassurer l’enfant le plus possible et lui faire prendre confiance en lui.

Ne surtout pas dramatiser ou surenchérir sur les enjeux liés à la réussite scolaire, quel que soit l’âge. Et là, il s’agit que les parents eux-mêmes déstressent afin d’éviter de stresser leurs enfants.Pour calmer l’angoisse de l’inconnu, parlez et agissez. Décrivez-lui l’école, le déroulement de la journée, le type d’activité que votre enfant va découvrir.

Racontez-lui vos jolis souvenirs d’école, dites-lui qu’il fera plein de jolies choses comme des dessins etc. Vous pouvez aussi quelques jours avant lui faire écouter une play list de circonstance avec des chansons sur l’école que les enfants adorent.

Nous vous conseillons de télécharger « C’est la rentrée des classes » ou « La classe en fête » d’Anny et Jean-Marc Versini, les chansons de Christian Merveille ou de Joseph Lafitte (voir notre encadré) et dans la même idée, de lire des histoires, des contes qui parlent du sujet. Comme il est question de l’adaptation à l’école et à un nouveau rythme, l’idéal est de reprendre un rythme adéquat au moins une semaine avant : coucher l’enfant plus tôt, le lever plus tôt pour éviter un grand contraste avec le jour de la rentrée.

Qui dit  coucher plus tôt, dit dîner plus tôt et plus léger pour que les enfants aient faim le matin. Et le jour J, évitez les départs précipités avec un pic de stress important, forcez-vous à vous lever plus tôt pour laisser aux enfants le temps de bien manger et d’aller aux toilettes.

Car bien souvent, les petits ou les grands se retrouvent avec des maux de ventre liés tout simplement au fait qu’ils n’ont pas eu le temps d’aller aux toilettes.

Sachez que beaucoup ont de mal à utiliser les toilettes de l’école par manque d’intimité, de propreté etc. et se retrouvent alors atteints d’une constipation douloureuse liée au stress, non pas de la rentrée mais des toilettes.

Les petits sont sensibles aux images poétiques et souvent  de petits mots magiques suffisent à faire leur effet. Dites à vos enfants de « souffler dans les nuages », l’angoisse disparaît assez vite car non seulement ça les amuse, mais fonctionnellement le fait d’expirer évacue le stress.

Donc pour les plus grands, on leur conseille également d’expirer plusieurs fois à la suite, ce qui a pour effet immédiat de détendre l’abdomen alors qu’inspirer, au contraire, renforce les émotions.

Au moment du coucher, ne pas hésiter à faire prendre aux enfants des infusions de verveine ou de camomille et de mettre de la chaleur sur le ventre soit avec une bouillotte ou juste par imposition des mains.

D’ailleurs, vous pouvez conseiller à votre enfant de laisser sa main sur son ventre pendant les premières heures de la journée pour s’apaiser.

Dites aux plus grands, de poser leurs deux pieds sur le sol, bien ancrés, ils auront plus de facilité à affronter la situation qui les stresse.Enfin, vous pouvez tout à fait avoir recours à l’homéopathie.

Faites une cure quelques jours avant la rentrée avec 5 granules chaque soir de Gelsenium 15ch (valable pour tous les gros tracs), 10 granules la veille du jour J.

Quand le stress commence à monter, prendre de l’Ignatia amara 9ch, 3 granules 3 fois par jour, la veille de la rentrée, le jour même et un jour après si besoin. Vous pouvez aussi prendre pour lutter contre les spasmes du cuprum métal 5ch et/ou du magnesia phosphorica 5ch.

Si les symptômes persistent au-delà de quelques jours, si le mal de ventre se répète ou si la fièvre apparaît consultez le médecin pour vérifier qu’il ne s’agit ni d’une phobie scolaire ni d’une maladie infectieuse.