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Apprenez le bonheur à vos enfants !

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Apprenez le bonheur à vos enfants !

Le bonheur ça s’apprend ? Il semblerait bien que oui…et dès le plus jeune âge. Cultiver la joie de vivre, l’adopter comme principe de vie et d’éducation sera bien plus gratifiant que de faire subir aux petits une longue litanie d’interdits, de « c’est bien, c’est mal » et de regrets mal digérés.

par Florence Pescher

Car en leur transmettant un amour inconditionnel de la vie, vous les armez pour le futur bien plus que tous les MBA et comptes en banque de la terre. S’émerveiller de tout, s’amuser, profiter de chaque petit moment même anodin, permettra aux enfants d’être plus confiants, et de se contenter de ce qu’ils auront : une philosophie de vie bien plus constructive que de courir après des désirs, voire des chimères inaccessibles, qui en feront des êtres frustrés et aigris.

Le monde des 1ères fois

Pourtant avec les petits, il est assez facile de s’émerveiller de tout puisqu’ils sont par nature dans la découverte. Un rien les amuse et les intéresse. Pour eux, un bout de bois, une ballade, une tasse colorée tout est matière à sourire, à éprouver de la joie. C’est à nous, adultes et parents, de cultiver cette capacité à s’émerveiller de tout en abondant dans leur sens pour ne pas en faire des enfants uniquement gâtés par ce qui s’achète. Sans devenir gâteux, s’intéresser à ce qu’ils nous montrent, comprendre l’importance des petits détails pour eux répond à leurs attentes et les confortent dans ce sentiment qu’un rien peut être beau. Accordez de l’importance aux choses, à toutes ces petites choses de la vie quotidienne qui sont autant d’occasions de se réjouir.

Laissez-les vivre leur vie

Il n’est évidemment pas question d’abandonner tous les principes d’éducation et toutes les frustrations aussi importantes dans le développement psychique de votre enfant que l’amour que vous lui portez. Il s’agit de laisser vos petits explorer, être curieux,  admirer, goûter ci plutôt que ça, prendre leur temps et tant pis si se rouler dans l’herbe vous occasionnera une lessive, ou si la cuisine sera repeinte au chocolat. Bien sûr, il faut impérativement marquer les limites qui permettront à votre enfant de se conduire en société et de ne pas devenir un monstre d’égoïsme. Car « L’excès d’attention pédagogique est aussi nuisible que son absence », affirme le psychanalyste Jean-Pierre Winter. Mais autant lâcher du lest sur des choses pas si graves et en rire avec eux plutôt que d’être perpétuellement dans la castration ou la rigidité. Rire avec eux, partager leurs émotions même si nous avons laissé le monde de l’enfance bien loin derrière nous et stimuler leur curiosité, leur envie de découverte. En faisant surtout le deuil de l’enfant parfait. Vouloir du bien pour sa progéniture est à peu près le lot de tous les parents, mais éduquer un enfant en fonction d’un modèle préétabli auquel nous souhaiterions le voir ressembler, ne peut que générer des conflits et des névroses. Et le bébé est une personne à part entière, ne l’oublions pas.

Etre vrais

Vous pouvez aussi être en colère, vous avez bien sûr le droit d’être triste ou déprimé mais à vous d’expliquer à vos enfants que la vie est aussi faite de moments difficiles. L’essentiel étant de mettre des mots et de déculpabiliser l’enfant qui se sent toujours coupable. En expliquant avec des mots appropriés pour son âge, pourquoi on est triste ou les causes de notre mal-être, on rend ces moments-là, acceptables et compréhensibles. En clair, être triste ne remet pas en cause la philosophie du bonheur, et la vie est faite de tous ces moments-là. Rien ne sert non plus de s’efforcer à devenir joyeuse si vous êtes un vrai bonnet de nuit, les enfants sentent particulièrement bien tout ce que nous essayons de cacher. « Vous pouvez mettre un nez rouge et les pieds en l’air : si vous n’avez pas en vous cet amour de la vie, cela ne servira à rien, confirme la psychanalyste Catherine Vanier. Les enfants sentent ce que nous ressentons, au-delà de nos efforts pour le masquer». Si vous passez votre temps à dire à vos enfants qu’il faut aimer la vie et que vous ne l’appliquez pas d’abord à vous-mêmes ça ne marchera pas car on ne peut bien transmettre que ce que l’on éprouve soi-même. Il n’est pas non plus question de les faire vivre dans un monde de bisounours déconnecté de la réalité, car pour ceux qui y croiront, la chute sera sévère. Encore une fois, il s’agit de faire un juste équilibre, selon l’âge de votre enfant, entre le réel et l’enfance pour transmettre assez de joie et d’envie de vivre dans un monde pas toujours rose.

Encourager et rassurer

Le bébé et l’enfant parfait donc n’existant pas, il convient d’encourager le vôtre et de le rassurer car vous êtes pour lui « la base de la sécurité ». Même lorsqu’il pique des colères face aux frustrations, essayez de dominer vos propres émotions et votre ressenti pour que le petit sente, en face de lui une force qui le rassure, même dans la contrainte. Encouragez votre enfant à vivre des expériences et fêtez avec lui ses progrès… Oubliez les fêtes uniquement pour les anniversaires, marquez le coup pour chaque étape franchie.

Empathie et ouverture au monde

Le bébé ressent une relation d’attachement naturelle pour sa mère, c’est cette relation qui le sécurise et le rend libre d’explorer le monde. La présence de  sa mère le rassure et lui permet d’exister. Ce « portage psychologique » est très important ; c’est dans le regard aimant de la mère et du père aussi, bien sûr, que le bébé apprend à être lui-même et à vivre. L’empathie des parents pour leur bébé qui leur fait deviner ses besoins et ses émotions porte l’enfant. Dès lors, si le regard envoie des ondes positives mais que le discours et les actes disent le contraire, l’enfant est perturbé. Vouloir son bonheur c’est le lui transmettre. Pour être heureux il faut déjà être soi-même, pouvoir être libre d’exprimer ce qu’on ressent : autrement dit avoir de l’empathie aussi pour soi. En leur apprenant à dire les choses, à dire s’ils vont bien ou mal et pourquoi, vous ferez prendre conscience à vos enfants de ce qui les rend heureux ou malheureux. Cette conscience que « ce qui se passe à l’extérieur nous rend heureux à l’intérieur » crée les sensations du bien-être de même que d’accepter que ce qui fait mal atténue la douleur. Autrement dit, si votre enfant tombe, mieux vaut lui dire « oui tu as eu mal et ça passe » que « non c’est rien » qui le fait entrer dans le déni. Les enfants sont naturellement ouverts au monde, à moins qu’on ne les éduque autrement ; en acceptant vous-mêmes la différence des autres vous l’incitez à accepter ses propres différences. Apprenez-lui les plaisirs de la vie et racontez-lui  ce que vous aimez et pourquoi, les petits adorent ça.