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Cantines scolaires: Bon repas ou en-cas ? C’est selon les cas

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Cantines scolaires: Bon repas ou en-cas ? C’est selon les cas

L’idée originale était d’étudier le pour et le contre de la cantine scolaire. Un thème fort à propos en ces temps de préparatifs de rentrée scolaire, sauf qu’il y a un mais… Eh oui ! En nous adressant à l’autorité de tutelle pour obtenir les renseignements utiles, nous nous sommes en fait trouvé face à une situation fort particulière, typiquement tunisienne. Un système à deux vitesses en quelque sorte !

par Chiraz Ounaïs

ll y a l’école privée où c’est la loi de l’offre et de la demande qui règne, mais dont nous ne disposons d’aucune statistique, et le secteur public où c’est l’Etat qui prend tout en charge… mais à quel prix ? D’ailleurs, les statistiques ne manquent pas à ce niveau et c’est ce qui nous a mis la puce à l’oreille.

Nous avons tout d’abord appris que, sauf en de rares exceptions, le repas est gracieusement offert dans les écoles publiques. C’est d’ailleurs une exclusivité purement tunisienne à mettre justement au crédit de l’autorité de tutelle malgré les informations insensées que nous avons découvertes. Un choix délibéré afin de venir en aide aux familles nécessiteuses et les encourager à scolariser leurs enfants, notamment dans les régions reculées du pays où la proximité école-foyer n’est pas toujours de mise. Comme quoi, la cantine n’est pas seulement une obligation pour les parents qui travaillent. A l’exception, bien évidemment, de la capitale Tunis où on enregistre le taux le plus bas d’élèves inscrits dans les cantines (6,59%) par rapport à la moyenne nationale (52,63%). Cet écart gigantesque s’explique d’une part par le fait que le problème de proximité ne se pose pas en milieu citadin, ensuite par l’absence totale de statistiques au niveau du secteur privé, fort prisé par les Tunisois. Un secteur privé où tout est facturé au « prix fort » et où la qualité des services fait la différence. La loi de l’offre et de la demande y règne et c’est à qui mieux-mieux.

D’ailleurs, généralement, tout se fait dans la transparence, les repas sont exclusivement chauds et suffisamment équilibrés, les menus hebdomadaires sont affichés au vu au su de tous… Et, si cela ne suffit pas, la réponse à l’incontournable interrogatoire que ne manque jamais de faire tout parent averti : « tu as bien mangé à l’école ? C’était bon ? », permettra, le cas échéant, de se faire une idée sur la qualité pédagogique d’ensemble de l’établissement. Ce qui est dommageable, c’est que l’autorité de tutelle ne détient justement aucune statistique sur les cantines scolaires privées. Ni leur nombre, ni le nombre d’élèves qui y sont inscrits, ni les budgets alloués, ni encore moins le coût moyen d’un repas. Le noir total !

320 millimes de nourritures

Par contre, au niveau du secteur public, c’est un autre son de cloche.
Nous avons même l’impression qu’il est le seul à exister. Toutes les statistiques nationales sont ramenées à ce seul secteur et le concernent en exclusivité. Normal, me diriez-vous puisque c’est le ministère de l’Education qui prend tout en charge, surtout depuis le désengagement du Programme alimentaire mondial (PAM). Ce qui avait conduit d’ailleurs à une réduction des cantines dans le but de ne garder que celles qui sont dans les zones rurales, et seulement pour, les familles défavorisées habitant loin de l’école.