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Le diabète chez l’enfant

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Le diabète chez l’enfant

Etre diabétique, c’est déjà toute une bataille pour un adulte. C’est une nouvelle vie qui commence, dès les premières secondes de l’annonce de la maladie et qui continue, jour après jour, au fil des années …
Que dire alors, quand il s’agit d’un enfant diabétique ?

par Saima Ksibi

Comment reconnaître le diabète chez l’enfant ? Quel est le rôle joué par les parents et par l’équipe médicale, afin d’aider le petit à affronter cette bataille.

Diabète insulinodépendant ou le diabète juvénile

On l’appelle également le diabète insulinodépendant ou le diabète juvénile. Comme son nom l’indique, il atteint les enfants et les jeunes de 6 mois à 25 ans.
Depuis des années, l’atteinte devient de plus en plus précoce et une grande partie des enfants diabétiques ont moins de 5 ans.
Chez l’enfant, le diabète est dû à la disparition définitive et totale de l’insuline. C’est donc un diabète sucré insulinodépendant.

Cette disparition est due à une destruction totale des cellules situées dans le pancréas et qui produisent de l’insuline. Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune dont la cause n’est pas encore bien déterminée.

L’absence d’insuline provoque une élévation du taux de glucose (sucre) dans le sang : la glycémie. Donc, pour compenser, la personne ayant un diabète de type 1 doit s’injecter de l’insuline, plusieurs fois par jour, afin de réguler sa glycémie : c’est l’insulinodépendance.

Comment se manifeste le diabète de type 1 ?

Le diabète chez l’enfant se manifeste brutalement. L’enfant commence à éprouver un besoin fréquent d’uriner pendant la journée et la nécessité de se lever au milieu de la nuit. Il a une soif intense, il est de plus en plus fatigué et perd du poids, alors qu’il continue à manger normalement, voire plus que d’habitude.

Ces symptômes doivent alerter les parents et les pousser à aller voir un médecin. Une analyse de sang va permettre de confirmer la maladie.

Le diabète juvénile, une bataille à plusieurs :

Le moment de l’annonce de la maladie peut constituer un tournant dans la vie de l’enfant, autant que dans celle de ses parents qui doivent, à tout prix, tenir le coup et être le soutien essentiel de leur enfant diabétique. Il en est de même pour le médecin traitant qui a la charge d’expliquer à l’enfant le fonctionnement du diabète ainsi qu’aux parents qui doivent tout d’abord accepter la maladie pour aider à leur tour à gérer la nouvelle vie qui les attend.

Lui expliquer le diabète avec des mots simples

A 5 ou à 10 ans, on ne peut pas comprendre ce qu’est le diabète. Inutile donc de parler à l’enfant d’insuline, de cellules ou de pancréas ! Il faut le faire plus simplement et bien choisir les mots pour lui expliquer sa maladie, l’aider à l’intérioriser et à accepter sa différence par rapport à ses camarades de classe.

Le diabète juvénile ça se surveille !

L’enfant diabétique doit apprendre à se surveiller d’abord lui-même, en notant sur un cahier de traitement, chaque jour, les doses d’insuline, les résultats des examens d’urine et éventuellement de sang, et la survenue éventuelle de malaises qu’il aura appris à reconnaître. C’est dire qu’encore une fois, le rôle des parents et du médecin est primordial. Ils doivent enseigner le diabète à l’enfant, l’aider à devenir autonome, responsable de son diabète et lui apprendre surtout à vivre avec.

En effet, tout enfant diabétique doit être régulièrement suivi par le médecin.

L’activité sportive, à ne pas zapper !

L’enfant diabétique peut suivre une scolarité normale. L’activité sportive lui est vivement conseillée ; elle est indispensable à un bon contrôle glycémique et elle lui permet un meilleur équilibre psychique.

Chaima Ch. (37 ans) maman de Mouadh 5 ans

«J’ai su que mon fils était diabétique quand il avait l’âge de 2 ans. J’ai remarqué qu’il urinait très fréquemment, il était tout le temps fatigué et buvait beaucoup d’eau. Je l’ai donc emmené voir un médecin et, suite aux analyses, il s’est avéré qu’il avait un diabète juvénile. Maintenant, il suit un régime nutritionnel précis, j’avoue que je lui donne quelques sucreries de temps en temps, même si le médecin me le déconseille. Je ne veux pas que mon enfant se sente privé des choses qu’il aime mais je continue à surveiller son alimentation. »

Mouna(12 ans)

« Je suis consciente de la maladie que j’ai et je sais que je ne peux pas tout me permettre, comme mes amis et mes camarades de classe. J’ai appris à m’injecter de l’insuline toute seule, je sais que je n’ai pas le droit à manger des sucreries, ni les biscuits sucrés non plus.

Dans mon cercle d’amis et dans ma famille, personne ne sait que je suis diabétique, je cache ma maladie de peur d’être rejetée ou qu’on ait pitié de moi. Je m’absente souvent de l’école pour aller voir le médecin, mais je cherche toujours à justifier mes absences par d’autres raisons telles que des visites chez l’ophtalmologue, une grippe ou une diarrhée. Je surveille bien mon alimentation, il arrive qu’on me propose du chocolat ou des sucreries, pendant la récréation mais j’avance souvent le prétexte d’être allergique ou de ne pas aimer les sucreries tout simplement. »

L’avis du spécialiste : Dr Leila Essaddam Pédiatre Endocrinologue Assistante Hospitalo-Universitaire à l’hôpital d’enfants Béchir Hamza de Tunis (Service -Pédiatrie Urgences et Consultations externes

« L’annonce de la maladie constitue un véritable traumatisme personnel et familial qu’il faut savoir écouter, comprendre et soulager. Car il s’ensuit des réactions qui prennent différentes formes telles que le déni, la révolte, le marchandage, la dépression ou la pseudo-acceptation.

Le travail de l’équipe soignante (pédiatre, infirmier, nutritionniste, psychologue) consiste donc à aider l’enfant et sa famille à faire le deuil d’un équilibre métabolique rompu et de les conduire à un certain degré d’acceptation de la maladie.

L’annonce du diagnostic se fait initialement aux parents. Il ne faut pas omettre pour les thérapeutes de refaire « l’annonce diagnostique » à l’enfant dès qu’il est en âge de comprendre, vers l’âge de 8 à 9 ans. Cette étape est indispensable pour que l’enfant comprenne qu’il ne s’agit pas de « la maladie de maman ou de papa » mais de « ma maladie à moi » ; l’internement est nécessaire afin d’autonomiser l’enfant dans la prise en charge de sa maladie. Il devient alors un partenaire de soin.

Un programme au long cours, d’accompagnement et de soutien, pour prévenir, anticiper ou limiter les divers stress dans la vie quotidienne du diabétique est indispensable. Son but ultime est l’amélioration de la qualité de vie du diabétique. Dans cette perspective, l’équipe soignante sera amenée à créer une relation de confiance avec le patient.

Le diabète exige des compétences au quotidien (telles que les préparations des injections, la mesure de la glycémie capillaire, l’usage de la bandelette urinaire) mais également des attitudes à adopter devant les déséquilibres métaboliques (faire face à une hyper ou une hypoglycémie, affronter des difficultés scolaires). Ces informations sont verbales, sous-tendues par des brochures ou des articles et peuvent faire appel à des structures relais telles que les colonies de vacances ou la Maison du Diabète.

Le diabète est donc une maladie avec des exigences quotidiennes contraignantes qui touchent autant le patient que sa famille. Les aider à trouver un nouvel équilibre tout en maintenant une belle qualité de vie est le challenge que doivent relever les thérapeutes, dans leur prise en charge, lors des hospitalisations et des consultations régulières. Un beau challenge… Tous les jours… Différemment …».