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Diabéte l’enfant aussi

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Diabéte l’enfant aussi

Le diabète chez l’enfant ? Non voyons, c’est une maladie d’adulte ! Erreur. C’est une maladie qui touche aussi les enfants, de plus en plus, partout, chez nous aussi. Quelles en sont les causes ? Comment vivre au quotidien avec cette maladie envahissante ? Comment offrir une vie d’enfant aussi normale que possible aux jeunes diabétiques ? Réponses d’experts.

par Leïla Hadj-Ali

De plus en plus d’enfants atteints

Le diabète ne touche pas seulement les adultes, les enfants ne sont pas épargnés. De plus en plus de jeunes enfants, voire des bébés, sont touchés depuis ces dernières années avec une explosion des chiffres chez les moins de 4 ans.

La précocité de la maladie et son évolution sur le long terme augment les risques de complications. Chez l’enfant, on parle du diabète de type1 ou diabète insulinodépendant qui représente 10 % des cas. C’est une maladie auto-immune, c’est-à-dire que le corps de l’enfant réagit contre un de ses organes.

Dans le cas du diabète, il détruit les cellules du pancréas  qui, normalement produisent de l’insuline, nécessaire à la bonne assimilation des sucres par l’organisme. Chez l’enfant, la maladie détruit définitivement et totalement les cellules béta des îlots de Langerhans qui produisent le l’insuline !

Origine : on cherche toujours …

Difficile d’identifier les causes du diabète de type 1 qui n’est pas héréditaire. Facteurs environnementaux et d’alimentation, d’hygiène, l’aseptisation poussée de l’environnement des nourrissons ?

Des suspects mais pas encore de coupables à incriminer avec certitude qui sont à l’origine de la modification du terrain immunitaire général par l’intermédiaire du système digestif.

Symptômes et complications chez l’enfant

Le taux de sucre dans le sang étant trop élevé, certains signes peuvent faire penser au diabète de type 1 si : l’enfant urine beaucoup (surtout la nuit), boit beaucoup, est très fatigué, perd du poids alors que son appétit n’est pas affecté.

Sur le long terme, le diabète chez l’enfant peut entraîner des complications qui sont essentiellement micro-vasculaires (les micro-angiopathies).

Certains organes peuvent être touchés : les yeux (rétinopathie), les reins (néphropathie) et les nerfs (neuropathie). D’où l’importance des consultations très régulières avec le diabétologue pour les dépister et les traiter.

Traitement

Le traitement comprend trois éléments complémentaires : l’éducation du jeune patient et de sa famille, la surveillance des glycémies au moins 3 fois par jour et les injections d’insuline également plusieurs fois par jour pour assurer l’apport nécessaire quotidien ou encore des pompes à insuline qui facilitent la vie.

L’avenir ?

Une miniaturisation des techniques actuelles d’injection, de capteurs pour la mesure du glucose et des pompes à insuline. Autre piste : l’immunothérapie visant à contrer la réponse immunitaire de l’organisme et la thérapie cellulaire qui consiste à greffer de nouvelles cellules dans le pancréas.

Un Tunisien à l’honneur !

Le professeur Habib Zaghouani, tunisien,  directeur du département de pédiatrie, de microbiologie moléculaire et d’immunologie, de la santé de l’enfant et de la neurologie à l’Université de médecine du Missouri aux Etats-Unis, a découvert un nouveau traitement du diabète de type 1.

Efficace chez les souris, la technique doit passer avec succès la phase d’essais cliniques sur l’homme avant d’être commercialisée dans les prochaines années.

Bouleversement dans la vie familiale : la maladie métronome

>La maladie bouleverse l’équilibre familial au complet avec le risque majeur de focaliser toute l’attention sur l’enfant diabétique et de négliger les autres enfants, le couple etc.

Le diabète impose son rythme, de jour comme de nuit, à vie : injections d’insuline régulières, repas à heures fixes et contrôles pluriquotidiens. C’est une maladie envahissante à la maison et qui suit les enfants aussi à l’extérieur, à l’école, chez les copains … partout.

Alors, si elle impose son rythme, autant s’en accommoder et pour reprendre le titre d’une chanson de Stromae « alors, on danse, on danse » … même sur un rythme imposé.

J’ai un enfant diabétique : NOUS gérons tous ensemble !

L’objectif, c’est d’assurer une vie normale et en toute sécurité à l’enfant. A la base, il y a une organisation stricte dont dépend la santé de l’enfant. Pas de place pour l’à-peu-près, le « on verra plus tard ».

Les parents doivent faire preuve d’une grande vigilance parce qu’on ne peut pas imposer une vie régulière à un enfant et aussi parce que les variations glycémiques et leurs manifestations sont plus fréquentes chez l’enfant (pertes de connaissance).

C’est ce qui rend spécifique cette maladie pour l’enfant qui est un patient très particulier. Les bons gestes et la logistique (emporter tout le nécessaire lors des sorties) : on les apprend jusqu’à ce qu’ils deviennent des réflexes.

C’est donc une mobilisation de toute la famille qui est nécessaire afin d’apprivoiser puis de s’approprier la maladie. Les enfants peuvent commencer à faire leurs injections seuls entre 8 et 12 ans.

Comme toute maladie, le risque de problèmes affectifs et psychiatriques chez les enfants est plus élevé que dans le reste de la population. De plus, l’enfant doit apprendre à se pendre en charge plus tôt et, de ce fait, grandit plus vite.

A l’adolescence, au moment où le jeune a tendance à rejeter beaucoup de choses et où son traitement nécessite des ajustements, il faudra prêter une grande attention au respect du traitement.

Des ados qui négligent leur traitement se retrouvent quelques années plus tard avec des suivis relevant de la survie.

Rencontrer d’autres enfants diabétiques, c’est essentiel pour le moral !

Il est essentiel que l’enfant diabétique rencontre d’autres enfants atteints de la même maladie. C’est l’occasion pour lui de se retrouver dans un groupe au sein duquel il n’est plus différent et d’avoir un rythme commun ponctué par les impératifs des injections qui ne surprennent alors personne.

Les goûters, les sorties, l’école, le sport : mon enfant est aussi de la partie !

Un enfant diabétique doit avoir, comme tous les enfants, un régime alimentaire normal et équilibré en quantité et en horaires. Il faudra bien sûr éviter les sucreries, les confiseries très sucrées et adapter la prise de féculents lents sur la journée.

Cependant, il n’est pas possible d’exiger de la part d’un enfant de respecter son régime alimentaire. Il faut alors gérer les écarts, indissociables de la vie de l’enfant, en rééquilibrant la glycémie.

A l’école, il faudra aussi apporter des aménagements : préparation des injections et des repas, information du personnel enseignant des besoins de l’enfant comme aller plus fréquemment aux toilettes, l’enfant doit toujours avoir  avec lui des aliments sucrés….

On doit aussi encourager les activités sportives chez l’enfant diabétique. En plus des bienfaits de la socialisation, le sport favorise la circulation du sang, une meilleure oxygénation des organes et les muscles utilisent le glucose présent dans le sang comme source d’énergie.

Si pour l’instant, le diabète chez l’enfant est encore une maladie qu’on ne peut ni guérir ni prévenir, elle peut être gérée au quotidien au prix de nombre d’efforts. A nous tous d’en faire autant en permettant l’insertion des jeunes diabétiques au sein de toutes les activités auxquelles tous les enfants doivent avoir accès, de façon équitable. A vous de montrer l’exemple !