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Les parents sous la loupe

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Les parents sous la loupe

« Avoir des idées semblent fatiguer les jeunes aujourd’hui, à leur âge on était capable de discuter et d’émettre des idées. Ce sont des fainéants et des bons à rien, ils passent leurs journées devant la télé ou l’ordinateur. Ils ne font rien de leurs journées. » Voici un concentré de griefs adressés par les parents à l’égard de leurs adolescents. Quel écho rencontre cette diatribe chez les principaux intéressés ? Aucun ! Ils ne se reconnaissent pas dans ce profil dressé par leurs parents, ils se définissent autrement.

Aujourd’hui, les parents d’ados ont pour la plupart connu les brimades à la maison mais ne nourrissaient pas vraiment d’inquiétude pour leur avenir professionnel. Les ados d’aujourd’hui ont plus de liberté d’expression, plus de degrés de liberté à la maison, mais aucune garantie d’emploi.
Le fossé est plus profond encore pour les adolescentes : hier on ne contestait pas la décision parentale, aujourd’hui on n’hésite pas à recourir à la solution extrême, le suicide ou la fugue, par exemple, si la famille veut les marier contre leur gré.
Deux mondes différents caractérisent le quotidien  : d’une part des ados vivant entre la scolarité, les loisirs, la déprime noyés dans le rap et la techno, d’autre part des parents rangés dans le boulot avec une vie intime de seconde fraîcheur et le temps qui manque pour s’occuper de soi et écouter son ados.
Alors qui est prioritaire si on veut régler tout ça? Les ados ou les adultes ?

Nombreux sont les parents qui sont tentés de jeter l’éponge pour avoir la paix …

De toutes les façons, quoi qu’ils fassent, ils sont contestés… Si on croit le psychologue Claude Halmos, si halte il y a, elle doit être de courte durée, car quel que soit le comportement de l’adolescent,  » l’autorité des parents est une nécessité pour l’adolescent, écrit-il, il la conteste parce qu’il essaie de devenir son propre maître. Il se construit contre l’autorité dans les deux sens du terme : en luttant contre elle, mais prenant en même temps appui sur elle. Il faut donc qu’elle existe et résiste. On ne peut pas s’appuyer sur du vide « .

Oui mais quelles limites faut-il poser aux adolescents ?

 » Il n’y a pas de recettes, assure ce parent universitaire de son état, le danger guette autant l’enfant à qui on ne fixe pas de limites que celui qu’on tient ligoté dans un espace trop restreint. C’est à chaque parent d’établir la relation juste entre le vide et l’écrasement et de garder des espaces de dialogue. Oui, mais le dialogue n’est pas toujours facile… Heureusement qu’il y a les amis, disent les ados, qui nous confortent dans nos goûts. Le même psychologue écrit  » on note aussi un net parallèle entre la façon dont l’adolescent ressent le monde et sa manière de choisir ses amis. S’il est en conflit avec ses parents, il choisira des amis qui les dérangent par provocation…  »

Difficile pour les parents de naviguer à travers les remous de l’adolescence!  Le meilleur moyen de s’en sortir indemne est de ne pas vivre centré sur ses ados et de pas être dépendant de leurs angoisses. Mais il ne faut pas oublier que le rôle du capitaine incombe aux parents.