Mes Gosses

Noooon, j’veux pas manger !!!

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Noooon, j’veux pas manger !!!

Mon dieu, que se passe-t-il ? Mon tout petit, la chair de ma chair ne veut plus manger… et moins il mange et plus je stresse. C’est grave ? Que faire ?

par Florence Pescher

Voilà en deux phrases le résumé de ce que ressentent tous les parents confrontés un jour à un enfant qui refuse de manger ou, tout simplement, qui a moins d’appétit.
Pas de panique, car sauf cas particuliers et pas si courants, les enfants ne se laissent jamais mourir de faim. C’est ce que vous affirmeront tous les pédiatres. Mais on a beau être rassuré, on n’en reste pas moins inquiet, imaginant déjà nos bouts de choux mourants de faim.

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Déculpabilisez, dédramatisez! 

Oui, c’est notre premier conseil et un des plus importants car, en lâchant du lest, vous vous sentirez mieux et votre enfant aussi. Rien n’est plus angoissant pour vous que l’heure des repas, eh bien, dites-vous que pour lui aussi… Les tensions qui pèsent sur le fait de manger ou pas augmentent encore plus l’appréhension des deux côtés et rien de tel pour arriver à une situation de blocage, de calvaire autant pour vous que pour lui. Si votre enfant refuse de manger, c’est qu’il n’a pas faim, ça a l’air bête mais c’est comme ça. Sachez que l’appétit d’un enfant varie d’un jour à l’autre et qu’en refusant de manger certains aliments votre enfant s’affirme, il tente de prendre le pouvoir sur son repas. Il faut donc réagir intelligemment et de manière subtile pour dépasser cette phase.

Ne remplissez pas trop les assiettes !

Nous, les mamans, on a tendance souvent à trop remplir les assiettes sous prétexte de faire grandir nos petits, mais mieux vaut ne mettre que 2 ou 3 cuillerées à café de viande ou de purée dans l’assiette des enfants qui ont peu d’appétit et les resservir que de les décourager d’emblée en leur apportant des assiettes trop remplies. C’est également un bon moyen de remettre votre enfant en position de « demandeur » plutôt que d’être celui qui subit et qu’on veut gaver.

Ne le forcez pas à manger mais persévérez !

Inutile de le forcer sous peine, encore une fois, d’arriver à un réel blocage et de générer une phobie de l’alimentation, là où il n’y avait qu’un manque d’appétit. En revanche, continuez comme si de rien n’était à cuisiner les choses qu’il refuse de manger : on dit qu’il faut présenter au moins 10 fois à un enfant un mets avant qu’il soit clair qu’il ne l’aime vraiment pas. Or, le plus souvent, après une ou deux tentatives, les parents renoncent. Vous pouvez, par contre, préparer les aliments refusés de plusieurs manières et avec une présentation différente. Par exemple, il ne veut pas manger de carottes, essayez en soupe, en purée, avec une viande, avec d’autres légumes etc. Sachez que l’enfant a du mal avec ce qu’il ne connaît pas, n’hésitez pas donc à présenter des plats variés et à manger vous-même car il y a des chances que votre petit ait alors soudainement envie de vous imiter.

Déconnectez émotion et alimentation !

Si votre enfant sent que son refus de manger est un bon moyen d’attirer votre attention, il va en user et en abuser. Même si c’est difficile, forcez-vous à une neutralité qui résoudra bien plus vite le problème que des effusions dans tous les sens. En clair, ne lui montrez pas que son refus vous angoisse, ne le félicitez pas s’il mange, ne le punissez pas à l’inverse…pas de chantage (si tu manges ta viande t’auras du dessert !), pas de menaces, pas de ruses, de jeux ou de sollicitation culpabilisante (allez, une cuillère pour maman, fais plaisir à maman !), et pas de commentaires sur ce qu’il a mangé ou pas, surtout devant des tiers. N’en parlez plus, tout simplement. En ne faisant pas du repas un jeu, une guerre à gagner, une arme, vous vous éviterez bien des difficultés et vous verrez que la situation rentrera dans l’ordre toute seule.

Adoptez la technique du camouflage !

Si vraiment vous avez l’impression qu’il ne mange pas assez de légumes par exemple, rusez en préparant un plat que votre enfant apprécie (mais qui n’en contient pas d’habitude) avec des petits morceaux de légumes. Des spaghettis bolognaise avec des petits morceaux de carottes, de courgettes et d’aubergines coupés très fin ; une soupe de légume avec le légendaire Kiri ; un hamburger sans mayo ni ketchup mais avec un coulis de tomates, du fromage frais etc… Soyez inventifs, l’important étant d’essayer de donner de bonnes choses à votre enfant. Si la forme n’est pas conventionnelle, ce n’est pas bien grave… D’ailleurs lorsqu’on voit les émissions culinaires tendance où les défis gastronomiques les plus farfelus sont donnés aux cuisiniers, on se rend compte que présenter des aliments sous une forme inédite permet de manger des plats dont on ne voulait pas entendre parler.

Fermeté et souplesse !

Certes, il ne faut pas forcer votre enfant à manger, mais, il faut aussi lui montrer que c’est vous qui dirigez, pas le contraire. Alors, même s’il ne veut pas manger, vous continuez à préparer les repas et à l’obliger à venir à table à l’heure que vous aurez décidée, si possible avec la famille. Vous ne cuisinez pas quelque chose de spécial pour lui, c’est à lui de s’adapter et s’il ne veut pas manger vous n’en faites pas, c’est le cas de le dire, tout un plat. Restez ferme sur les horaires et sur le grignotage. Signifiez-lui gentiment que c’est à table qu’on mange et qu’en dehors des repas, il n’y aura rien d’autre (et ce, même si vous avez l’impression qu’il n’a pas assez mangé). Mais, ne re-servez pas le plat qui n’a pas été mangé sous prétexte de… ne cédez pas, s’il demande à manger entre les repas et préparez le repas suivant comme si de rien n’était.

Renouez avec le plaisir de partager un repas !

Pour retrouver une alimentation plaisir, des moments de partage et de convivialité, éteignez d’abord la télévision. Ne faites pas durer, laisser votre enfant mâchonner pendant 20 minutes un bout de quelque chose qu’il n’a pas envie de manger est insupportable, pour lui comme pour vous. Donc, même si l’assiette est pleine, (et sans commentaires) enlevez-la au bout de 10 minutes et servez la suite, si suite il y a. Ne jouez pas avec la nourriture mais stimulez son imagination en dessinant des formes dans l’assiette avec les aliments et imaginez vous-même des repas plus ludiques pour le week-end comme un pique nique (même l’hiver on se fait une cabane et on pique nique à l’intérieur), comme un repas spécial sandwich (les enfants adorent ça), un repas à la paille (avec des jus de fruits, de légumes)… Pour les plus grands (à partir de 4 ou 5 ans), invitez vos enfants à la préparation des repas. Très valorisés, ils seront fiers et hésiteront beaucoup moins à goûter aux plats qu’ils auront eux-mêmes préparés, qu’ils pourront facilement identifier. Mettez des bougies, faites une jolie table, les enfants adorent les ambiances festives. Bon appétit !