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Obésité de l’enfant Une souffrance silencieuse

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Obésité de l’enfant Une souffrance silencieuse

En rentrant de l’école, la petite Alya annonce à sa maman qu’elle a décidé de ne plus aller en classe ! Motif: elle ne veut plus être la risée de ses camarades qui ne cessent de se moquer d’elle, la surnommant «grosse patate» !

par Emna Zarrouk

Voilà, dans une déclaration ponctuée de sanglots, Alya a fait part de ses souffrances physiques et morales au quotidien. Ce que Alya ne sait pas encore, c’est qu’ajouté aux railleries, elle est également exposée à de gros risques de santé.

Pourquoi un enfant est-il obèse?

Selon S. Blouza, Pr. en diabétologie, nutrition, obésité et maladies métaboliques, «si les facteurs génétiques et endocrinologiques jouent un rôle important, le facteur environnemental demeure essentiel et représente 30% des causes de l’obésité : nourriture à haute teneur en graisses et manque d’activité physique créent un déséquilibre entre alimentation ingurgitée et celle dépensée.»

Problèmes de santé à venir ?

L’obésité de l’enfant est très souvent à l’origine de complications qui surviennent à l’âge adulte: maladies cardio-vasculaires, maladies coronariennes, diabète, problèmes au niveau de la colonne vertébrale, risques de développement de cancers du sein et de la prostate, apnées du sommeil, perturbation des règles des filles, et parfois des problèmes de fécondité.

Mal dans sa peau

L’obésité de l’enfant a des conséquences psychosociales certaines, aggravées par sa stigmatisation qui entraîne une perte de l’estime de soi. Les pressions auxquelles est soumis un enfant obèse sont telles qu’elles peuvent sérieusement ébranler son estime de soi et sa confiance en la vie. On note également une moindre réussite scolaire et professionnelle qui s’explique par le caractère durable de la discrimination à laquelle fait face un enfant atteint de surpoids.

Comment prévenir l’obésité

Comme l’indique S.Blouza, la prévention débute dès la conception de l’enfant.

Période de la grossesse : éviter de fumer, dépister l’éventualité d’un diabète gestationnel, éviter la dénutrition pendant les deux premiers mois.

Après l’accouchement : donner le sein.

Pendant la croissance : nourrir l’enfant de manière saine, en réduisant les graisses et les sucres rapides pour leur préférer les sucres lents, les grillades, les légumes, les fruits, crus ou cuits et les produits laitiers.
Un régime draconien sur une courte période est à proscrire, sauf cas particulier où l’enfant pour des raisons médicales doit perdre du poids rapidement.

Soutenir n’est pas priver

Tentations : vider les placards des biscuits, chocolats et autre camelote alimentaire

Friandises : elles seront réservées à des moments exceptionnels : fêtes, anniversaires, etc. ou limitées à une seule prise quotidienne en toute petite quantité.

La télévision, l’ordinateur et les jeux vidéo: ne permettre aucun excès, deux heures par jour, c’est largement suffisant.

Achats de produits alimentaires : savoir s’imposer en les maîtrisant

Menus : décider en tenant compte des goûts de l’enfant, inscrire ses préférences dans les principes de base d’une bonne alimentation.

Il faut faire comprendre aux grands-parents et à la famille qu’il est possible de faire plaisir à un enfant différemment qu’avec des bonbons ou des confiseries.

Cantines scolaires versus fast food

La communauté se doit de participer au combat contre ce fléau. Selon S. Blouza, la création de cantines scolaires avec menus étudiés, si elle n’empêchera pas nos petits de continuer à s’offrir «sandwiches chawarma» et des «chips», elle limitera les dégâts en leur offrant un repas équilibré à midi et en les gardant rassasiés jusqu’à l’heure du dîner.

Enfant, on se dépense sans compter

La prise de poids est souvent liée à un manque d’exercice physique, si normal chez un enfant. Pour cela, comme l’affirme S. Blouza, il revient également à la communauté d’exiger la création de véritables parc de jeux intégrés dans les résidences immobilières, la multiplication des clubs de sport, l’augmentation et la protection des espaces verts et surtout la sécurité de la route pour que les enfants réapprennent à y circuler à pied.

Parmi les préceptes de la bonne éducation transmis aux enfants, l’hygiène alimentaire doit être intégrée au mode de vie comme l’est l’hygiène corporelle car manger est un plaisir qui doit être préservé.